Le souffle glacial du vent qui s'engouffrait fit vaciller les flammes dans la cheminée, voleter les capes et tournoyer les parchemins déroulés sur les tables devant les mages attablés.
Le nouvel arrivant avait, chose rare, rabattu son capuchon. Ses yeux flamboyaient. Il tenait serré dans la main gauche une poignée de parchemins, qu'il écrasait sans égard de son poing serré ; sa main droite restait posée sur le pommeau d'une épée bâtarde d'un noir terne, patinée par l'usage.
Il s'avança lentement, dévisageant chacun d'un air mauvais. Derrière lui, une serveuse ferma timidement la porte ; il n'eût pas un regard en arrière.
Après un silence gênant, il jeta les parchemins froissés sur la première table venue et ouvrir enfin la bouche :
" Certains arpentent ce monde, qui ne méritent pas de vivre.
- Ca, on le savait déjà !" risqua un Démon attablé dans le fond de la salle...
" Silence, vermisseau ! Nous nous combattons, mais avons au moins le respect de nos adversaires !"
- De grâce, Aragorn", s'exclama un vieux vétéran, "auriez-vous bu, ce soir ?
- Bien sûr que non ! Ai-je l'air de m'amuser ? Après qu'on m'ait remis ça ?
Ces... Missives... Me sont parvenues par le biais de leur destinataire, dame Hello. Quant à leurs auteurs... Qu'ils se cachent au fond de leur terrier pour y mourir de honte !
- Mais enfin, que contiennent ces... Lettres, à la fin ?", demanda le vétéran.
" Ce qu'elles contiennent ? Des ordures, voilà ce qu'elles contiennent. Oh, l'une d'entre elle fait usage de quelque langage cryptique d'origine non terrestre, je suppose, mais ses termes sont on ne peut plus clairs.
Ah, ça vous intéresse, mes gueux ? Eh bien je vais vous en donner lecture, afin que vous vous rendiez compte par vous même de la honte dont leurs auteurs se couvrent eux-mêmes, et leur race avec, puissent leurs pairs réagir avec le peu de dignité qui leur reste après ceci !
Le premier torchon est signé de Rhalph lui-même, et en voici la teneur :"
" J'avoue ne pas saisir tous les termes ésotériques de cette diarhée épistolaire, mais l'insulte et la mauvaise foi sont patentes. Qu'il pourrisse dans son trou à rat !rhalph a écrit :Pardonne-moi, mais t'es vraiment une grosse conne. Je vais finir par effacer mon perso à cause des abrutis dans ton genre ! T'en as pas marre de ces techniques de merde, sérieux ? Putain...
11-05-2006
Voici la seconde, qui montre certes un peu plus de tenue (si on excuse l'orthographe approximative), mais dont les accents vindicatifs, rancuniers, geignards (et j'en passe) ne laissent pas de me surprendre, pour quelqu'un qui par ailleurs semble un parangon d'orgueil bien déplacé en l'occurrence :"
"Manifestement, ces êtres vils (qui se font bien sûr une spécialité d'user de malédictions pour affaiblir lâchement leurs adversaires), ne supportent pas les courants d'air, surtout lorsqu'ils se nomment Ecco... Peut-être devrions-nous nous cotiser pour leur offrir une petite laine, à ces pauvres biquets ? Si les dieux n'avaient pas voulu de cette arme, ils ne l'auraient pas forgée. Il n'y a rien à ajouter. Ces geignements sont proprement écoeurants, et déshonorent leurs auteurs au yeux du Monde !llyod a écrit :Je n'ai participer a l'aataque de ce soir mais j'ai eu vent de son rapport. N'as tu aucune fierte? Tu ne veux pas te battre a armes egales? Fais nous face au lieu de rester cache. Tu as honte. Tu es faible, tu estime ta force inferieure, c'est digne des plus petits mercenaires. J'ai honte d'etre humain. Honte a vous. Mais ne crois pas que tu l'emporteras au Paradis. La prochaine en sera bien autrement. Reste bien cache, car la prochaine fois c'est le Vagabond qui se deplacera exclusivement pour toi, tu en seras fiere ne t'inquietes pas.
11-05-2006
Et depuis quand les Béonides se prétendent-ils humains ? Il y a là dedans d'étranges incohérences. Je dois admettre que mes connaissances des moeurs Béonides sont parcellaires, mais je ne me souviens pas qu'il fût question de consommation massive de substances hallucinogènes !
Toujours est-il que vous qui êtes attablés ici pouvez lui transmettre mon propre message : j'attends ces pleutres de pied ferme. Que le Vagabond se déplace si ça lui chante, il rencontrera le Rôdeur qui se chargera de le rosser comme le malappris et le lâche qu'il est ! Une fessée déculottée, voilà tout ce qu'il mérite !
Aubergiste ! Une bière, et bien fraîche, je vous prie !"




