note : ce rp est la suite de : "on a la bouche pleine de sang et on rit!" où Cerby et Iarn quittaient la montagne pour Pandora, après avoir tué leur propre enfant à la naissance. (non, je fais pas dans le genre comique pour le coup... ]
Chapitre 1 : ouverture.
La vie…
Qu’est ce en réalité ? il semblerait que personne n’en ait ma réponse ici bas : nous apparaissons, et notre mort semble inaccessible… apparaître pour ne pas disparaitre… vous pouvez être guerrier, mener 1000 batailles, recevoir la lame de l’ ennemis en pleins cœur, vous suicider par désespoir… la mort vous rejette… inéluctablement.
La vie. Elle m’échappe complètement. Même en tant que femme, je n’ai su la créer… l’enfant que j’ai conçu m’a été enlevé immédiatement… comme si le monde nous enlevait total pouvoir sur la vie et la mort… Il n’y a qu’un maitre des jeux ici… lui seul nous fait naitre et il décide lui-même de notre mort, se jouant des lois de la nature. Inutile d’essayer de jouer à sa place : les pions qui sortent de leurs cases sont vite remis en place, ou balayer dans la boite…
Retour à la case départ. Nous sommes prisonnier de son cycle infernal et immuable.
La vie selon moi, c’est le jeu préféré de Gaia.
" Double six !!!!!!!! "
" encore ? "
Attila ramasse fièrement les quelques pièces d’or qui trônaient devant Harxon.
" ça va faire trois fois que tu sors un double six… "
" il faut croire que je suis le chouchou de Diablo. "
" ou un vil tricheur !! "
" ohhh, ça me fend le cœur de telles accusations. Allez ! je paye les prochaines bières !"
Levant les yeux au ciel, Harxon ne réclama rien d’autre, attendant sa pinte comme un gamin impatient.
" Iarn, tu joues la prochaine ?"
Sortant de sa rêverie, Iarnvida les regardait un moment avant de répondre.
" je vous laisse entre hommes… et puis ma bourse est vide. Cerby ne devrait pas tarder à passer : lui par contre sera ravi de vous offrir des bières de consolation après sa victoire ! "
Attila éclata de rire.
" ah ah ! suis-je bête ! bien sûr que c’est Cerby qui a la plus grosse bourse ! "
Souriant à son tour, l'ex-béonide laissa les deux lurons rire entre eux et sortit de l’antre.
Attila la regarda un instant et grimaça :
“Comme si Cerby allait venir jouer... il nous a même pas adresser la parole depuis son arrivée... Eh ! Harx tu crois que je te vois pas en train de vider ma bière dans mon dos ?!!!�
Un courant d’air frais fit frissonner Iarnvida : les portes de pandora se dressait devant elle. Machinalement elle marcha vers elles, s’apprêtant à les franchir encore une fois, pour croiser le fer avec ses ennemis.
Voila des semaines qu'elle est démone. Des jours et des nuits à hurler sa haine dans Pandora, à fuir des souvenirs.
Cerby semble rongé par le même mal qu'elle. Lui aussi se réveille en sueur après n’avoir dormi que quelques minutes… lui aussi ère sans but, tel une marionnette désarticulée qui laisse le vent guider son épée. Lui aussi souffre en silence, silence de plus en plus pesant. Néanmoins l'amour que la femme lui porte n’en est en rien entravé. Seulement… Rien n’est comme avant.
La vie selon moi, c’est le jeu préféré de Gaia.
Et elle s’y donne à cœur joie : elle nous frôle de ses doigts, nous fais avancer lourdement sur le plateau, nous jetant presque à l’arrivée, hésite longuement avant de nous donner victoire ou défaite... Quelle jouissance trouve-t-elle à nous torturer ainsi, déesse sadique, nous qui sommes sensés être ses propres enfants....?
Le vent dehors est frais... L'ex-béonide se surprend à fermer les yeux pour en savourer les parfums. L'air de Pandora était lui si humide, chaud, malsain... Elle s'y été accoutumée malgré tout. Pandora au fil du temps, était devenu sa maison. Elle y avait ses habitudes, ses itinéraires préférés pour rentrer le soir dans leur cave, et même quelques amis.
Une vie totalement différente, mais néanmoins la sienne.
Elle rouvrit avec regret ses paupières. Elle reprit sa marche, l'air maussade. Ses yeux étaient si las, son corps si fatigué... Mais elle devait aller combattre. Il le fallait. On lui réclamait du sang. Toujours plus de morts... Ses mains étaient trop sèches, trop propres... elles devaient rougir de culpabilité pour que Iarnvida espère un peu de repos. Tuer pour pouvoir dormir. Elle n'avait plus le choix depuis quelques semaines...
Châtiment pour ne pas avoir été une bonne mère.
Une silhouette familière se dessina au loin... La démone s'approcha doucement : sa prochaine cible était en vue... Elle ne sortit pas son épée pour autant, et marcha vers elle sans un bruit. Elle avait reconnu son ancienne alliée... Qu'importe, même le sang béonide lui procure un peu de soulagement... Qu'importe.. Lusankya lui pardonnera surement.
Des milliers de fins fils sortirent alors des mains de Iarnvida, et se jetèrent tels des serpents sur la proie. Celle-ci se retourna vivement les yeux grand ouverts et hurla :
“ Arrêtes !! Iarnvida ! Je suis des vôtres maintenant !!! “
Les filaments se paralysèrent immédiatement. Iarnvida garda cet air fou qu'elle prenait dès qu'elle était prête à tuer, auquel s'ajoutait maintenant une expression figée de surprise.
" Tu as quitté la montagne...? "
" Oui, je voulais changer d'air... Vivre une nouvelle expérience. Te retrouver aussi ! " sourit Lusankya chaleureusement. Iarnvida ne lâcha pas un sourire et la regarda avec mépris un moment.
Quitter la montagne sans raison pour venir ici lui semblait illogique, et presque écœurant. Elle se dérida tout de même et rappela à elle les filaments qui reconstituèrent ses mains. Elle lâcha simplement en s'approchant d'elle.
“ Malvenue à pandora ma sœur. Je suis ravie tout de même de t'avoir à mes côtés... Tu m'as manqué.�
Lusankya lui sauta dans les bras et lui fit une bise sur la joue.
“ Tu dois avoir tant de choses à me raconter... Tu as l'air encore plus déprimée que je ne l'imaginais... Mais Dieu soit loué, la rumeur qui court à la montagne est fausse...�
“ Une rumeur ?� Reprit Iarnvida sans émotion dans la voix.
“ Oui, on raconte que tu es devenue folle à lier... que tu chantes sur les champs de batailles en étranglant tes victimes, et que tu parles toute seule... “
“ ... C'est assez drôle.�
“ Drôle ? Je te croyais devenue schizo !�
“ Je ne suis pas la première... On a bien cru que Rhalph l'était quand il était rongé par une larve de Sythis... Qu'il oubliait même certains de ses agissements.�
“... C'était différent. Lui était vraiment hanté par quelque chose.�
Iarnvida se répondit pas. Elle réajusta faussement son manteau et déclara :
“ Lulu, si on rentrait à Pandora ? Si tu veux fêter nos retrouvailles et discuter tranquillement, mieux vaut ne pas rester ici.�
“ Tu as raison. Fais moi visiter Pandora ! Et allons fêter ça avec un bon barbeuk !!�
“ Oublie. Tu as quitter la montagne. Ici les coutumes sont différentes pour fêter un accueil.�
“ Haha ! Me dis pas que les démons ont des bizutages ! “ rit-elle en suivant Iarnvida qui avait déjà repris la route en sens inverse.
“ Je ne sais pas si on peut appeler les orgies ainsi...�
“ Quoi ?!�
Iarnvida rit alors.
“ Je plaisante.�
“ Humour démon ?�
“ Non, j'ai voulu te faire peur. Les orgies sont quotidiennes évidement.�
“ Mais arrête, c'est plus drôle !�
“ Je ne plaisantais plus là ...� sourit Iarnvida.
“ ... beuh.... huh ? ........� bégaya Lulu.
“ Mouarf, quand tu fais ça on dirait Bloodfaust quand il a un or...�
“ TAIS TOI ! J'ai compris merci !�
Iarnvida éclata de rire.
“ Je te ferai avaler n'importe quoi !�
“ ......... �
Elles continuèrent leur route, non sans que Lusankya se mette finalement à questionner sa compagne sur ces fameux “rites� démons qui finalement avait l'air de l'intriguer.
Elles arrivèrent enfin devant les portes qu'Attila ouvrit non sans noter l'arrivée de la nouvelle recrue. Lulu fut impressionnée par l'état des lieux : Pandora était une ville lugubre où l'odeur de pourriture régnait : les maisons ressemblaient à des cabanons pour certaines, et les cadavres mutilés servaient de dallage aux chemins. Au fur et à mesure que les deux femmes se rapprochaient du centre de la villes les habitations semblaient plus luxueuses... jusqu'à ce qu'elles arrivent devant une sorte de château ténébreux, aux gargouilles multiples et dont la porte était immense.
“ Pittoresque la déco...� murmura Lusankya.
“ Ceci est le centre de pandora : nos réunions se font ici... c'est ce que tu peux appeler une salle commune...�
Mais déjà Lusankya était adossée à un muret et faisait signe à son amie de s'assoir près d'elle. Iarnvida leva les yeux aux ciel, constatant le peu d'intérêt que la jeune démone éprouvait pour son nouveau royaume.
“ Quoi ?�
“ Raconte-moi tout...�
“ Tout quoi ?�
“ Ce qui t'as rendu comme ça ! Je vois bien que tu es exténuée et déprimée.. tu as considérablement maigri et tes sourires sonnent faux.�
“ Tu y tiens vraiment ?� implora presque Iarnvida, qui savait qu'elle ne pourrait résister aux caprices de son alliée.
“ Oui...�
Iarnvida la regarda tristement. Elle avait soudain reprit cet air qu'elle avait les premières secondes où elles s'étaient retrouvées. Elle ne jouait plus la comédie... L'heure de la vérité était venue.
“ Ce sera une longue histoire...�
“ Tant mieux !� Lusankya s'installait confortablement, et se laissa tomber sur sa camarade qu'elle trouvait très confortable.
Le regard de Iarnvida était perdu sur l'horizon.
“ Si tu insistes... Je vais te conter ce qui m'est arrivé depuis mon départ de la montagne. Mon histoire de ses derniers mois... L'histoire de celle que les ennemis appellent à juste titre “folle�...
L'histoire de Iarnvida Huhnakin, celle qui n'avait pas pu sauver son enfant, et était la complice de son assassinat...�


