La naissance
L’aube venait de se lever quand une des deux sages-femmes sortit de la chambre.
« Vous pouvez venir, monsieur. Tout s’est bien passé, elles sont magnifiques. »
Il sauta sur ses pieds et se précipita vers la chambre à coucher. Il avait attendu toute la nuit, entendant les cris de sa femme, luttant contre lui-même pour ne pas la rejoindre et laisser les accoucheuses travailler en paix. Il était tellement heureux que sa femme aille bien qu’il ne remarqua pas le pluriel utilisé par la sage-femme.
Quand il entra, sa femme tenait leur petite fille dans ses bras. La nuit qu’elle avait passée l’avait fatiguée et de gros cernes creusaient ses yeux. Mais son sourire était tellement resplendissant qu’il la trouva très belle, en cet instant.
Il fut sorti de sa contemplation quand la deuxième sage-femme, celle qui était restée dans la chambre lui déposa quelque chose dans les bras. Il baissa le regard pour voir de quoi il s’agissait. Il ouvrit grand les yeux, étonné, puis secoua la tête. Il regarda à nouveau. Non, il ne rêvait pas. Il avait dans les bras une petite fille, en tout point identique à celle que tenait sa femme. Les mêmes cheveux blonds, les mêmes yeux bleus. Des jumelles.
Jumelles fatales
La différenciation
Eowin et Polgara couraient à travers le petit village. Elles étaient maintenant âgées de 4 ans et s’entendaient à merveille. Elles se ressemblaient tellement que même leurs parents les confondaient parfois. A ces occasions, les jumelles entraient dans de vives colères, ne supportant pas d’être prise pour l’autre. Leur jeu les mena jusqu’à une petite rivière près de laquelle elles se reposèrent, épuisées.
Eowin était allongée de tout son long, arrachant un à un les pétales d’une fleur qu’elle avait cueillie. Polgara, elle, était penchée au-dessus de la surface de l’eau. Elle poussa soudain un petit cri d’excitation et appela sa sœur.
« Viens Eo ! Viens voir ce que je sais faire ! »
Eowin ne prit même pas la peine de se lever et s’approcha à quatre pattes du bord de l’eau. Elle ressentait l’excitation de sa jumelle et tenait absolument à savoir ce qui la provoquait. Quand elle arriva aux cotés de Polgara, elle ne vit rien du tout et en fut très déçue. Pourquoi sa jumelle l’avait-elle fait bouger ?
« Ne sois pas déçue, Eo ! Regarde mes yeux. » lui dit Polgara.
La déception de sa sœur l’avait atteinte, comme toutes les fortes émotions qu’elle pouvait ressentir. Une sorte de lien les reliait, véhiculant leurs sensations de l’une à l’autre.
Eowin regarda les yeux de Polgara et les vit passer du bleu au vert. Elle eut un cri d’étonnement.
« Mais comment fais-tu ça ? C’est incroyable ! »
« Je ne sais pas trop… Mais si j’arrivais à les garder verts tout le temps… »
« Plus personne ne nous confondrait ! » s’exclama Eowin.
Les jumelles s’étreignirent, heureuses d’avoir trouvé une solution à leur problème.
« Mais il ne faut le dire à personne. Pas tant que tu ne contrôles pas tout à fait "ton truc". » reprit Eowin, le visage grave.
« Promis, Eo, je ne dirai rien. » lui répondit Polgara.
Les jours passèrent et les jumelles gardèrent leur secret. Elles continuaient à jouer ensemble et se rendaient de temps à autre à la rivière. Polgara arrivait à maintenir ses yeux verts de plus en plus longtemps. Par contre, Eowin était frustrée : elle avait beau se concentrer autant qu’elle le pouvait, ses yeux conservaient obstinément leur couleur bleue. La patience, n’étant pas sa principale qualité, il arrivait de plus en plus fréquemment qu’Eowin s’en aille, abandonnant sa sœur, furieuse et écœurée de ne pouvoir réussir ce dont se jumelle était capable.
Après un certain temps, Eowin refusa d’accompagner encore sa jumelle à la rivière. Ce fut la première période de froid entre elles. Elles avaient toujours tout partagé et tout fait ensemble. Elles ne s’adressèrent plus la parole pendant plusieurs jours après s’être disputées violemment.
Eowin ressentait comme un grand vide en elle. Sous le coup de leur colère, les jumelles avaient toutes les deux instinctivement fermé leur esprit à l’autre. Mais Eowin était trop têtue que pour se rendre à la rivière où Polgara passait de plus en plus de temps afin de lui présenter ses excuses. Au lieu de cela, elle rechercha du réconfort chez les autres enfants du village. La compagnie des filles la lassa rapidement. Quel était l’intérêt à jouer à la maman avec une stupide poupée de chiffon ?Ainsi se tourna-t-elle vers les garçons et leurs jeux plus brutaux, au grand dam de sa mère, criant d’effrois chaque fois que sa fille revenait couverte de bleus et de boue, les habits troués.
Un après midi, alors qu’Eowin mettait à terre et rouait de coups un gamin qui avait osé la défier, une chose qui n’avait pas eu lieu depuis bien longtemps se produisit. Elle ressentit une joie et une excitation qui n’était pas la sienne l’envahir. Eowin mit quelques secondes avant de réaliser qu’il s’agissait de celle de Polgara. Elle se releva d’un coup et partit en courant vers la rivière, laissant derrière elle sa victime heureuse de s’en sortir à si bon compte et tous ses amis, étonnés de la voir ainsi les délaisser.
Polgara sentit que sa jumelle arrivait. Elle était encore trop loin pour qu’elle la voit ou qu’elle l’entende, mais elle le savait. Elle se redressa et se mit à marcher à la rencontre d’Eowin.
Quand celle-ci arriva, elle arrêta d’un coup se course folle, stoppée en plein élan par ce qu’elle voyait. Polgara fut fort amusée par la réaction de sa sœur et cet amusement irrita Eowin qui eut envie de la frapper avant de se ressaisir. Polgara avait les yeux d’un vert étincelant et ses cheveux étaient maintenant bruns, contrastant avec la chevelure dorée d’Eowin. Les traits de son visage avaient aussi changés de manière imperceptible. Mais il était à présent impossible de confondre les deux jumelles, bien que leur ressemblance soit encore troublante.
« Tu as réussi ! » s’exclama Eowin, soudain folle de joie.
« Oui, j’arrive à maintenir cette apparence tout le temps et sans effort » répondit Polgara , de la fierté dans la voix.
Eowin avait demandé à ses parents de s’installer dans le petit salon car elle avait « quelque chose de la plus haute importance » à leur dire. Les parents avaient été amusés par l’air grave et le sérieux de la petite fille. A présent, ils attendaient patiemment se demandant ce que leur voulait leur fille.
Eowin entra dans la pièce et se planta en face d’eux.
« Papa, Maman, … J’ai une nouvelle importante. A partir de maintenant, les choses ne seront plus pareilles à la maison. »
« Oh ! Ma chérie ! Tu as trouvé un petit camarade à ton goût et vous êtes amoureux ?! » s’exclama joyeusement la mère d’Eowin.
L’enfant parut perdue pendant plusieurs secondes. Amoureuse ? Elle ? Et puis quoi encore ?! C’était bon pour les gamines qui jouaient à la poupée, ça ! Elle, elle était une guerrière, une vraie !
« Non ! s’écria Eowin. Maman, s’il te plait, ne raconte pas n’importe quoi ! Je voulais parler de polgara. A présent, plus personne ne nous confondra. »
Avec une synchronisation parfaite, Polgara entra à son tour dans la petite pièce. Le père en resta muet d’étonnement, tandis que la mère laissait échapper un petit cri.
Avant qu’ils n’aient pu dire quoi que ce soit, Eowin reprit :
« Pol arrive à faire ça je ne sais pas comment et je m’en fous, mais le fait est là : Nous sommes différentes. »
Malheureusement, la transformation n’eut pas l’effet escompté. Les gens du village regardaient Polgara avec méfiance et médisaient derrière son dos. « C’est une sorcière » « Elle n’a rien à faire ici. » « Je refuse que mes gamins l’approchent ! » « Brûlons-la, nous en serons débarrassés ». Tels étaient les propos tenus dans ce charmant patelin campagnard.
Eowin et Polgara couraient à travers le petit village. Elles étaient maintenant âgées de 4 ans et s’entendaient à merveille. Elles se ressemblaient tellement que même leurs parents les confondaient parfois. A ces occasions, les jumelles entraient dans de vives colères, ne supportant pas d’être prise pour l’autre. Leur jeu les mena jusqu’à une petite rivière près de laquelle elles se reposèrent, épuisées.
Eowin était allongée de tout son long, arrachant un à un les pétales d’une fleur qu’elle avait cueillie. Polgara, elle, était penchée au-dessus de la surface de l’eau. Elle poussa soudain un petit cri d’excitation et appela sa sœur.
« Viens Eo ! Viens voir ce que je sais faire ! »
Eowin ne prit même pas la peine de se lever et s’approcha à quatre pattes du bord de l’eau. Elle ressentait l’excitation de sa jumelle et tenait absolument à savoir ce qui la provoquait. Quand elle arriva aux cotés de Polgara, elle ne vit rien du tout et en fut très déçue. Pourquoi sa jumelle l’avait-elle fait bouger ?
« Ne sois pas déçue, Eo ! Regarde mes yeux. » lui dit Polgara.
La déception de sa sœur l’avait atteinte, comme toutes les fortes émotions qu’elle pouvait ressentir. Une sorte de lien les reliait, véhiculant leurs sensations de l’une à l’autre.
Eowin regarda les yeux de Polgara et les vit passer du bleu au vert. Elle eut un cri d’étonnement.
« Mais comment fais-tu ça ? C’est incroyable ! »
« Je ne sais pas trop… Mais si j’arrivais à les garder verts tout le temps… »
« Plus personne ne nous confondrait ! » s’exclama Eowin.
Les jumelles s’étreignirent, heureuses d’avoir trouvé une solution à leur problème.
« Mais il ne faut le dire à personne. Pas tant que tu ne contrôles pas tout à fait "ton truc". » reprit Eowin, le visage grave.
« Promis, Eo, je ne dirai rien. » lui répondit Polgara.
Les jours passèrent et les jumelles gardèrent leur secret. Elles continuaient à jouer ensemble et se rendaient de temps à autre à la rivière. Polgara arrivait à maintenir ses yeux verts de plus en plus longtemps. Par contre, Eowin était frustrée : elle avait beau se concentrer autant qu’elle le pouvait, ses yeux conservaient obstinément leur couleur bleue. La patience, n’étant pas sa principale qualité, il arrivait de plus en plus fréquemment qu’Eowin s’en aille, abandonnant sa sœur, furieuse et écœurée de ne pouvoir réussir ce dont se jumelle était capable.
Après un certain temps, Eowin refusa d’accompagner encore sa jumelle à la rivière. Ce fut la première période de froid entre elles. Elles avaient toujours tout partagé et tout fait ensemble. Elles ne s’adressèrent plus la parole pendant plusieurs jours après s’être disputées violemment.
Eowin ressentait comme un grand vide en elle. Sous le coup de leur colère, les jumelles avaient toutes les deux instinctivement fermé leur esprit à l’autre. Mais Eowin était trop têtue que pour se rendre à la rivière où Polgara passait de plus en plus de temps afin de lui présenter ses excuses. Au lieu de cela, elle rechercha du réconfort chez les autres enfants du village. La compagnie des filles la lassa rapidement. Quel était l’intérêt à jouer à la maman avec une stupide poupée de chiffon ?Ainsi se tourna-t-elle vers les garçons et leurs jeux plus brutaux, au grand dam de sa mère, criant d’effrois chaque fois que sa fille revenait couverte de bleus et de boue, les habits troués.
Un après midi, alors qu’Eowin mettait à terre et rouait de coups un gamin qui avait osé la défier, une chose qui n’avait pas eu lieu depuis bien longtemps se produisit. Elle ressentit une joie et une excitation qui n’était pas la sienne l’envahir. Eowin mit quelques secondes avant de réaliser qu’il s’agissait de celle de Polgara. Elle se releva d’un coup et partit en courant vers la rivière, laissant derrière elle sa victime heureuse de s’en sortir à si bon compte et tous ses amis, étonnés de la voir ainsi les délaisser.
Polgara sentit que sa jumelle arrivait. Elle était encore trop loin pour qu’elle la voit ou qu’elle l’entende, mais elle le savait. Elle se redressa et se mit à marcher à la rencontre d’Eowin.
Quand celle-ci arriva, elle arrêta d’un coup se course folle, stoppée en plein élan par ce qu’elle voyait. Polgara fut fort amusée par la réaction de sa sœur et cet amusement irrita Eowin qui eut envie de la frapper avant de se ressaisir. Polgara avait les yeux d’un vert étincelant et ses cheveux étaient maintenant bruns, contrastant avec la chevelure dorée d’Eowin. Les traits de son visage avaient aussi changés de manière imperceptible. Mais il était à présent impossible de confondre les deux jumelles, bien que leur ressemblance soit encore troublante.
« Tu as réussi ! » s’exclama Eowin, soudain folle de joie.
« Oui, j’arrive à maintenir cette apparence tout le temps et sans effort » répondit Polgara , de la fierté dans la voix.
Eowin avait demandé à ses parents de s’installer dans le petit salon car elle avait « quelque chose de la plus haute importance » à leur dire. Les parents avaient été amusés par l’air grave et le sérieux de la petite fille. A présent, ils attendaient patiemment se demandant ce que leur voulait leur fille.
Eowin entra dans la pièce et se planta en face d’eux.
« Papa, Maman, … J’ai une nouvelle importante. A partir de maintenant, les choses ne seront plus pareilles à la maison. »
« Oh ! Ma chérie ! Tu as trouvé un petit camarade à ton goût et vous êtes amoureux ?! » s’exclama joyeusement la mère d’Eowin.
L’enfant parut perdue pendant plusieurs secondes. Amoureuse ? Elle ? Et puis quoi encore ?! C’était bon pour les gamines qui jouaient à la poupée, ça ! Elle, elle était une guerrière, une vraie !
« Non ! s’écria Eowin. Maman, s’il te plait, ne raconte pas n’importe quoi ! Je voulais parler de polgara. A présent, plus personne ne nous confondra. »
Avec une synchronisation parfaite, Polgara entra à son tour dans la petite pièce. Le père en resta muet d’étonnement, tandis que la mère laissait échapper un petit cri.
Avant qu’ils n’aient pu dire quoi que ce soit, Eowin reprit :
« Pol arrive à faire ça je ne sais pas comment et je m’en fous, mais le fait est là : Nous sommes différentes. »
Malheureusement, la transformation n’eut pas l’effet escompté. Les gens du village regardaient Polgara avec méfiance et médisaient derrière son dos. « C’est une sorcière » « Elle n’a rien à faire ici. » « Je refuse que mes gamins l’approchent ! » « Brûlons-la, nous en serons débarrassés ». Tels étaient les propos tenus dans ce charmant patelin campagnard.
Modifié en dernier par Eowin le 12 févr. 20:12, modifié 1 fois.
- _Polgara_
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La fuite du village
Polgara avançait, tête basse, faisant semblant d’ignorer les remarques blessantes que les habitants de son village lui lançaient sur son passage.
« Ce n’est que de la magie, non pas de la sorcellerie » se dit-elle tristement.
Elle arriva enfin à la chaumière de ses parents puis se dirigea vers sa chambre après avoir échangé un bref regard avec sa sœur qui ressentait sa peine d’être ainsi rejetée.
Elle se laissa tomber sur sa paillasse dans un long soupir.
Cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle songeait à partir, elle avait envie de fuir tout son village, mais elle pensait aussi à sa sœur, son départ lui briserait le cœur.
Polgara s’endormit. Quand elle se réveilla, la nuit était tombée depuis une heure, sa sœur dormait à poings fermés.
La pleine lune éclairait vivement la nuit, si bien qu’elle eut envie de sortir pour aller à la rivière. Elle attrapa une veste qui traînait dans sa chambre et sorti sans bruit de la chaumière.
Elle se mit a courir jusqu'à son endroit préféré, la ou elle passait la plupart de son temps. Elle s’assit sur la berge et regarda la lune tout en réfléchissant.
Elle pensait à l’enfance heureuse qu’elle avait passée avec sa sœur jumelle qu’elle aimait tant. Malgré les petits différents qu’elles avaient pu avoir, elles avaient compris que jamais rien ne les séparerais, il existait entre elles un lien que rien ne pourrait briser.
Elle frissonna, la température chutait rapidement.
« Je vais rentrer » dit-elle tout haut, puisque personne ne pouvait l’entendre à cette heure tardive de la nuit. Elle pensait à la panique de sa sœur si jamais elle ne la voyait pas dans son lit quand elle se réveillerait.
Alors qu’elle marchait, un coup de tonnerre éclata soudain. Elle sursauta et commença à presser le pas, sentant sa peur des orages refaire surface. La foudre tomba et enflamma un arbre quelques pas seulement devant elle, Polgara en resta paralysée de terreur pendant quelques secondes, puis se reprit en se calmant.
« Respire, respire », se répétait-elle.
Un second coup de tonnerre éclata, cette fois la panique s’empara d’elle et elle se mit a courir droit devant elle, ignorant les ronces et les branches d’arbres qui lui lacéraient les vêtements et le visage.
« Un abris, vite » réussit-elle enfin à former dans son esprit embrouillé par la peur.
Polgara courait depuis bientôt 1heure dans le grondement du tonnerre et le déluge de la pluie et du vent quand elle aperçut enfin une grotte. Epuisée par sa peur et sa course folle, elle courut de toute ses forces et s’enfonça dans le fond de la grotte, grelottant de froid.
L’orage se calmait et Polgara finit par s’endormir, enroulée en position fœtale dans sa petite grotte à l’abri de l’humeur fâcheuse du temps.
Au petit matin, elle ouvrit les yeux et dut faire un effort énorme pour délier ses membres tout endolorit. Elle se traîna jusqu'à l’ouverture de la grotte quand soudain elle aperçut quelque chose qu’elle n’avait encore jamais vu. Elle voyait…une moitié de cheval mélangée à une moitié d’homme.
« Comment cela était-il possible ? » se demanda-t-elle étonnée.
N’ayant jamais vu de centaure de sa vie, elle resta cachée dans l’ouverture de la grotte à observer l’étrange créature jusqu'à ce que celle ci tourne son regard vers elle.
« Il m’a vu, pensa-t-elle, je vais sortir. »
Elle s’extirpa tant bien que mal de sa petite cachette et s’avança, hésitante vers l’homme-cheval.
« Qui es-tu ? »demanda-t-il.
« Je…je.. suis Polgara, je me suis perdue pendant la tempête. » balbutia-t-elle.
Voyant qu’il ne répondait pas, elle tenta un timide :
« Et vous ? »
« Je suis Némo petite fille, et je suis centaure. »
« Ecoutez, j’ai faim, soif et je suis épuisée, puis-je rester avec vous le temps de retourner chez les miens ? »
« Eh bien, je n’y vois pas d’inconvénient et mes semblables n’en verront pas non plus je pense, tu peux venir. »
« Je vous en remercie. »
Ainsi, elle suivit Némo jusqu’au campement des centaures, ou régnait déjà malgré l’heure matinale une ambiance chaleureuse. Il la conduisit jusqu’au festin et elle avala goulûment tout ce qu’elle trouva sous la main.
Elle resta la nuit chez les centaures, puis les jours passèrent et elle se plaisait de plus en plus dans la race des centaures. Dans ce peuple, les gens l’acceptaient comme elle était, il ne la jugeaient plus sur sa particularité étrange de maîtriser la magie. Elle n’avait pas envie de retourner chez les hommes malgré le faut que sa sœur lui manquait cruellement.
Le soir dans sa hutte, dont elle avait hérité dès son arrivée, elle pensait souvent à sa jumelle, qu’elle avait abandonné sans rien lui dire. Mais Eowin savait ce qu’elle avait vécu chez les humains, elle comprendrait, elle lui en voudrait beaucoup c’est sur, mais elle comprendrait ; après tout c’était sa sœur.
Les centaures aimaient bien cette petite humaine aux mœurs étranges qu’ils avaient adoptés un soir de tempête. Elle s’était vite habituée à leurs habitudes et ils n’avaient jamais su quelles étaient les raisons de son arrivée, ils avaient trop peur de la blesser.
Cela faisait bien des années maintenant qu’elle était chez eux, sa magie s’était accrue, et son corps avait changer. Elle était devenue une superbe femme brune aux yeux verts au milieu des centaures.
C’est seulement un matin, elle se leva a l’aube comme d’habitude, qu’elle sentit que quelque chose allait changer;
« Ma vie va prendre un tournant, se dit-elle. »
Elle savait qu’un événement approchait, elle l’avait pressentit, mais elle ne savait pas de quoi il s’agissait.
Ca n’allait pas tarder….
Polgara avançait, tête basse, faisant semblant d’ignorer les remarques blessantes que les habitants de son village lui lançaient sur son passage.
« Ce n’est que de la magie, non pas de la sorcellerie » se dit-elle tristement.
Elle arriva enfin à la chaumière de ses parents puis se dirigea vers sa chambre après avoir échangé un bref regard avec sa sœur qui ressentait sa peine d’être ainsi rejetée.
Elle se laissa tomber sur sa paillasse dans un long soupir.
Cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle songeait à partir, elle avait envie de fuir tout son village, mais elle pensait aussi à sa sœur, son départ lui briserait le cœur.
Polgara s’endormit. Quand elle se réveilla, la nuit était tombée depuis une heure, sa sœur dormait à poings fermés.
La pleine lune éclairait vivement la nuit, si bien qu’elle eut envie de sortir pour aller à la rivière. Elle attrapa une veste qui traînait dans sa chambre et sorti sans bruit de la chaumière.
Elle se mit a courir jusqu'à son endroit préféré, la ou elle passait la plupart de son temps. Elle s’assit sur la berge et regarda la lune tout en réfléchissant.
Elle pensait à l’enfance heureuse qu’elle avait passée avec sa sœur jumelle qu’elle aimait tant. Malgré les petits différents qu’elles avaient pu avoir, elles avaient compris que jamais rien ne les séparerais, il existait entre elles un lien que rien ne pourrait briser.
Elle frissonna, la température chutait rapidement.
« Je vais rentrer » dit-elle tout haut, puisque personne ne pouvait l’entendre à cette heure tardive de la nuit. Elle pensait à la panique de sa sœur si jamais elle ne la voyait pas dans son lit quand elle se réveillerait.
Alors qu’elle marchait, un coup de tonnerre éclata soudain. Elle sursauta et commença à presser le pas, sentant sa peur des orages refaire surface. La foudre tomba et enflamma un arbre quelques pas seulement devant elle, Polgara en resta paralysée de terreur pendant quelques secondes, puis se reprit en se calmant.
« Respire, respire », se répétait-elle.
Un second coup de tonnerre éclata, cette fois la panique s’empara d’elle et elle se mit a courir droit devant elle, ignorant les ronces et les branches d’arbres qui lui lacéraient les vêtements et le visage.
« Un abris, vite » réussit-elle enfin à former dans son esprit embrouillé par la peur.
Polgara courait depuis bientôt 1heure dans le grondement du tonnerre et le déluge de la pluie et du vent quand elle aperçut enfin une grotte. Epuisée par sa peur et sa course folle, elle courut de toute ses forces et s’enfonça dans le fond de la grotte, grelottant de froid.
L’orage se calmait et Polgara finit par s’endormir, enroulée en position fœtale dans sa petite grotte à l’abri de l’humeur fâcheuse du temps.
Au petit matin, elle ouvrit les yeux et dut faire un effort énorme pour délier ses membres tout endolorit. Elle se traîna jusqu'à l’ouverture de la grotte quand soudain elle aperçut quelque chose qu’elle n’avait encore jamais vu. Elle voyait…une moitié de cheval mélangée à une moitié d’homme.
« Comment cela était-il possible ? » se demanda-t-elle étonnée.
N’ayant jamais vu de centaure de sa vie, elle resta cachée dans l’ouverture de la grotte à observer l’étrange créature jusqu'à ce que celle ci tourne son regard vers elle.
« Il m’a vu, pensa-t-elle, je vais sortir. »
Elle s’extirpa tant bien que mal de sa petite cachette et s’avança, hésitante vers l’homme-cheval.
« Qui es-tu ? »demanda-t-il.
« Je…je.. suis Polgara, je me suis perdue pendant la tempête. » balbutia-t-elle.
Voyant qu’il ne répondait pas, elle tenta un timide :
« Et vous ? »
« Je suis Némo petite fille, et je suis centaure. »
« Ecoutez, j’ai faim, soif et je suis épuisée, puis-je rester avec vous le temps de retourner chez les miens ? »
« Eh bien, je n’y vois pas d’inconvénient et mes semblables n’en verront pas non plus je pense, tu peux venir. »
« Je vous en remercie. »
Ainsi, elle suivit Némo jusqu’au campement des centaures, ou régnait déjà malgré l’heure matinale une ambiance chaleureuse. Il la conduisit jusqu’au festin et elle avala goulûment tout ce qu’elle trouva sous la main.
Elle resta la nuit chez les centaures, puis les jours passèrent et elle se plaisait de plus en plus dans la race des centaures. Dans ce peuple, les gens l’acceptaient comme elle était, il ne la jugeaient plus sur sa particularité étrange de maîtriser la magie. Elle n’avait pas envie de retourner chez les hommes malgré le faut que sa sœur lui manquait cruellement.
Le soir dans sa hutte, dont elle avait hérité dès son arrivée, elle pensait souvent à sa jumelle, qu’elle avait abandonné sans rien lui dire. Mais Eowin savait ce qu’elle avait vécu chez les humains, elle comprendrait, elle lui en voudrait beaucoup c’est sur, mais elle comprendrait ; après tout c’était sa sœur.
Les centaures aimaient bien cette petite humaine aux mœurs étranges qu’ils avaient adoptés un soir de tempête. Elle s’était vite habituée à leurs habitudes et ils n’avaient jamais su quelles étaient les raisons de son arrivée, ils avaient trop peur de la blesser.
Cela faisait bien des années maintenant qu’elle était chez eux, sa magie s’était accrue, et son corps avait changer. Elle était devenue une superbe femme brune aux yeux verts au milieu des centaures.
C’est seulement un matin, elle se leva a l’aube comme d’habitude, qu’elle sentit que quelque chose allait changer;
« Ma vie va prendre un tournant, se dit-elle. »
Elle savait qu’un événement approchait, elle l’avait pressentit, mais elle ne savait pas de quoi il s’agissait.
Ca n’allait pas tarder….
“To give all, to sacrifice all without expecting to get anything in
return"
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