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par Phoebus »
CHAPITRE VII - ENTRE DEUX MONDES
En transe, Phoebus bascula du cauchemar pour se réveiller transit de froid allongé sous son grand chêne. Un frisson glacial lui parcourait l échine. La raison n'en était point la fraîcheur de la nuit, habitué qu il était à dormir à la belle étoile, surtout en cette saison aux températures clémentes.
Non, une vision apocalyptique hantait sa pensée. L expression de ce regard chargé d incompréhension et de reproche ne le quittait pas. Il ne connaissait que trop bien ces yeux. Mais comment était ce possible ??
Il venait de porter un coup mortel à la gorge du jeune prince, d une telle violence, que le sang lui éclaboussa le visage... Pour la première fois, depuis bien longtemps, la peur qui tenaillait ses entrailles le sortit de sa torpeur. Ce sentiment l avait quitté quand sur les terres d'Xm il avait découvert l immortalité, l impunité céleste. Cet état de grâce qui l habitait depuis si longtemps faisait place a l effroi. Ouvrant prestement les yeux, il regarda la paume de ses mains et ne put retenir un cri. Le pourpre envahissait son horizon, le sang de son forfait. Il venait d ôter la vie à son seul héritier direct.. (1)
La panique le gagnait. Comment allait il justifier de son acte à son épouse Agnes ?? Allait elle accepter la perte de leur fils unique pour le motif de vagues soupçons d une tentative d empoisonnemnt fermentée à son endroit ??? N avait -il pas échappé au complot sans difficulté ?? Un voile noir brouilla son esprit. Il perdit connaissance.
Dés lors ce présage ne le quitta plus. Phoebus, chevalier affable toujours prompt à lever la chope, à courir la gueuse était devenu méconnaissable. Le rêve prémonitoire le hantait, le torturait. Il dormait peu, craignant dans son sommeil de franchir les portes d Xm et de se voir projeté dans son passé.... de devoir affronter ses démons. Il crut basculer dans la folie a maintes reprises, ne voyant aucune issue à ce dilemme.
Mais un jour, il entrevit la solution. Elle se présenta comme une farce, celle d un ami. Le trés habile Béonir par espieglerie avait posé des affiches sur tous les arbres de la forêt qui entourait Midgard.
Comment ne pas vous en donner le contenu intégral, que vous puissiez juger de son talent :
Lettre de messire Béonir :
« Oyez, Oyez, Gentilshommes et Gentes dames ( sauf Liona, forcément ) de Midgard !
Rassurez vous, je ne vais point vous conter la triste complainte du mécréant occis par le dragon un soir de pleine lune, non !
Je m’adresse à vous aujourd’hui afin de rétablir une situation qui commence à causer un certain trouble dans notre communauté unie, qui est génératrice de troubles du sommeil chez certains d’entre nous, qui fait fuir les autres peuples de notre contrée, qui fait rire les oiseaux et danser les écureuils, qui rajoute des couleurs aux couleurs de l’arc en ciel oh oh !...... pardon, je m’égare….
Bref, le moment est venu de trouver une épouse pour notre ami, le chevalier blanc, le bien-nommé Phoebus.
Alors oui, c’est vrai, ce patronyme qui lui sied à ravir, lui vient, comme chacun sait, de son attachement à toujours être impeccable, même sur le champ de bataille.
Il aime la blancheur immaculée, la douceur du coton ! Certains diront que tout ceci témoigne d’un traumatisme durant l’enfance ; d’autres, que ça lui vient de sa mère, jeune lavandière consciencieuse.
Pour ma part, je pense que ceci témoigne de l’attachement qu'il a eu pour son amie, Ariel, et son écureuil, Skip, tous deux très à cheval sur la propreté, décédés tragiquement dans un accident de savonnette dans le lavoir.
Oui, Phoebus est seul ! Et ça nous pèse !
Alors, il a bien eu quelques aventures après, mais sans lendemains ; s’attachant bien souvent aux femmes mariées, au grand dam de leurs époux ( Toi aussi Elwyn, tu sais de quoi je parles ! ) qui ne manquaient jamais de ramener la brebis égarée dans la bergerie avant de chasser prestement le loup.
Phoebus a également cherché à s’attirer les égards de certaines jeunes dames d’agréable compagnie, mais qui ne cherchaient rien de plus qu’un ami….
Mais, en Amour – et je parle d’Amour avec un grand « A » -, Phoebus est timide.
Il se languit de trouver l’âme sœur mais il reste sur une certaine réserve ( non, pas celle d’hypocras, non ).
Alors, pour son bien-être, et le bonheur de celle qui l’épousera, je lance un appel aux damoiselles de Midgard ( femmes mariés et revêches s’abstenir ! ) : qui veut épouser Phoebus ?
Observez le gambader dans nos vastes plaines, il a le mollet ferme et l’endurance d’un lion !
Regardez son minois agréable, son sourire ravageur et son torse velu !
Hein, ça vous plaît ! Oh, bien sûr, sa pilosité lui a déjà causé quelques soucis tandis qu’il avait porté son armure sans prendre la peine de mettre un maillot de corps sous sa cote de maille ( Ben ouais, les poils qui se prennent dans les jointures, ça fait mal ! ), sans parler des échauffements ; mais là , c’est un autre sujet…..
Avez vous déjà pris le temps de discuter avec lui, d’apprécier son humour délicat, même en fin de soirée ?
En plus, ce qui ne gâche rien, Phoebus est très bien membré : il dispose, en effet, de deux bras magnifiquement musclés et de deux jambes solides.
Oui mesdames ! Phoebus est l’homme qu’il vous faut ! Il ne fait aucun doute qu’il saura vous combler et vous apporter tout le bonheur que vous êtes en droit d’attendre.
Alors il ne s’agit pas d’un sacrifice, ni de vouloir chercher époux à tout prix !
En vous avançant au devant de cette assemblée, conservez à l’esprit que vous prenez l’engagement de lui obéir et le servir, l'aimer, l’honorer, et le garder dans la maladie et dans la santé; et, renonçant à tout autre, t’attacher à lui seul, tant que vous vivrez tous deux. Amen !
Je gage qu’avec ce tableau, les candidates, vont se bousculer au portillon ! Je précise qu’en cas de candidatures multiples, loisir sera laissé à notre valeureux célibataire, de choisir sa future !
Alors, gentes damoiselles, à qui l’honneur ? »
D abord Phoebus fut contrarié des répercutions d une telle missive sur sa réputation. Le chevalier par son empressement et ses excés de zèle auprés des dames, devait déranger quelques maris jaloux....
Mais aprés réflexion Phoebus pensa :
" Si je trouve compagne, je serai lié à jamais aux terres d Xm et aucun dieu ne poura m en arracher "
C est ainsi que Phoebus partit en quête ....
(1) - Référence historique : - GASTON III DE FOIX BEARN DIT GASTON FEBUS - Fébus, avait fait jeter en prison son enfant unique qui, comme lui, se prénomme Gaston. Certains pensent que le rejeton aurait essayé d’empoisonner son papa. Au cours de l'été 1380, alors que Fébus rend visite à son fils enfermé dans la tour d’Orthez, il perd son sang froid et lui porte un coup de canif mortel à la gorge, faisant ainsi disparaître son seul héritier direct.
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Phoebus le 21 oct. 15:23, modifié 2 fois.