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[Terminé]Chroniques d'un jeune homme
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Elrond
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MessagePosté le: 30 Nov 11:24    Sujet du message: [Terminé]Chroniques d'un jeune homme Répondre en citant

1- Le jeune homme

Philsem était un jeune humain, fils de paysan, qui semblait voué à suivre le chemin de ses parents. Pendant de nombreuses années, il apprit à cultiver la terre à la sueur de son front, ne rechignant jamais devant la difficulté de la tâche. Sans doute sa vie n'aurait-elle pas valu la peine d'être racontée sans cet événement qui changea tout pour lui.

Alors que les récoltes venaient d'être rentrées pour l'hiver, un vacarme croissant se fit entendre. Rapidement, il fut évident qu'il s'agissait du bruit que seule une puissante troupe en arme pouvait faire. Alors que la poussière qu'elle soulevait obstruait la vue, les habitants du village ne pouvaient s'empêcher de craindre pour leur vie. Les rumeurs de guerre s'étaient amplifiées, et chaque année, les batailles semblaient avoir lieu toujours plus près. Les détails commençaient à fleurir et n'étaient pas fait pour rassurer le cœur de ceux qui les entendaient. On parlait de l'invasion d'une armée de démons se plaisant à torturer et massacrer et plus intéressés par leur exactions que par le fait de conserver quelques esclaves en vie. Il semblait que même les hommes les plus endurcis flanchaient quand ils pénétraient dans un village par lequel la horde était passée.

L'approche de la guerre semblait signifier que les armées humaines étaient incapables de les freiner dans leur progression. L'année précédente, deux familles avaient quitté le village dans l'espoir de s'éloigner avant d'être rattrapés par la violence et la mort. Pourtant, ce lieu était celui de la naissance de tous ces villageois, et ils avaient bien l'intention d'y mourir plutôt que de fuir. Nombreux furent ceux qui entrèrent dans leurs maisons ou leurs granges, ressortant avec ce qu'ils pouvaient trouver comme armes, couteaux, fourches, haches. Ils avaient l'intention de vendre chèrement leur peau. Philsem lui-même suivit le mouvement. Accompagnant son père chez lui, il ressortit avec une fourche en bois. Il savait que c'était une arme bien piètre, mais cela valait mieux que de rester les mains vides.

Alors que la troupe approchait, ce fut avec soulagement que les villageois reconnurent l'étendard de leur seigneur, le comte de Brelmore. Rapidement, celui-ci apparut, monté fièrement sur son destrier blanc comme la neige. Son armure resplendissante brillait de mille feu, et son heaume surmonté d'une tête de loup était le symbole d'une sauvagerie propre à inspirer la crainte à ses adversaires. Il était accompagné d'un prêtre portant un marteau, symbole du Dieu Thor auquel tous vouaient un culte sans faille, espérant qu'il les protègeraient des affres de la défaite.

Tous les villageois posèrent leurs armes et se préparèrent à accueillir leur seigneur avec les acclamations que méritait celui qui les protégeait, formant deux haies d'honneur de part et d'autre de la rue principale du village, s'assurant de ne pas entraver la progression de la trou
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Dernière édition par Elrond le 28 Aoû 14:00; édité 2 fois
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Elrond
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MessagePosté le: 01 Déc 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

2- L'engagement

Contrairement aux attentes des villageois, la troupe s'arrêta. Un héraut s'avança, fit sonner sa trompette avant de proclamer à voix haute:

_ Oyez, oyez ! Le Comte de Brelmore s'en va en guerre protéger ses terres et ses serfs. Face à la menace grandissante des hordes démoniaques, la nécessité de réquisitionner autant de bonnes volontés que possible a été requise par le haut commandement unifié des armées humaines. Le Comte de Brelmore requiert donc que la présence de dix habitants de ce village dans son armée, qu'ils soient volontaires ou non. Le Comte de Brelmore prie les volontaires de s'avancer en premier.

Suite à la proclamation, les villageois se regardèrent pendant de nombreuses minutes en silence. Ils ne s'étaient certainement pas attendus à ce que certains d'entre eux doivent partir à la guerre, comptant sur la seule armée de métier de leur seigneur pour les protéger. Et pourtant, ils constatèrent que derrière les soldats fringants qui formaient le début de la procession se trouvaient des hommes à l'allure nettement moins guerrière, et à l'équipement presque misérable. Il s'agissait de toute évidence de ceux qui avaient été réquisitionnés dans les villages précédents.

Rapidement, les yeux se baissèrent. Chacun avait peur qu'en continuant à regarder autour d'eux ils donnent l'impression d'un certain courage et ne soient réquisitionnés. Philsem regarda de côté vers son père et celui-ci compris. Il était sur le point de perdre son fils. Le jeune homme était trop jeune pour réaliser combien la vie était fragile, et il était à l'âge où l'on rêve d'accomplir de haut-faits. L'occasion idéale venait de se présenter à lui, et son père pouvait lire l'étincelle de l'aventure dans ses yeux. Une larme coula du coin de l'œil du vieil homme, mais il savait qu'il était vain de retenir son fils, et il hocha légèrement de la tête. Ayant l'assentiment de son père, le jeune homme n'aurait pas à supporter l'impression de l'avoir trahi. Il n'aurait pas à porter ce poids inutile, alors que celui de la guerre et de l'horreur allait bientôt le ronger.

Philsem leva les yeux et s'avança. Il parla d'une voix qu'il voulait forte, mais qui trembla sous l'émotion.

_ Moi, je veux vous rejoindre.

Comme si cela était le signal qu'ils attendaient, cinq autres jeunes sortirent des rangs pour se placer derrière Philsem. Pendant longtemps encore, le silence et le calme régna, entrecoupés des sanglots d'une femme, sans doute la mère de l'un des volontaires. Aucun autre volontaire ne se présentant, le Comte fit signe à l'un de ses hommes qui désigna quatre hommes vigoureux pour compléter la réquisition. Sur leur face pouvait se lire la peur, et Tremal s'effondra en larme, suppliant le Comte de le laisser rester, de choisir quelqu'un d'autre, sans réaliser combien cela serait cruel. Il aurait à vivre toute sa vie en sachant que quelqu'un d'autre était parti affronter la mort à sa place.

Habitué maintenant à de telles scènes, le Comte ne fléchit point et ordonna à deux soldats de relever le pleurnichard, le traînant presque pour lui faire intégrer les rangs pendant que les autres nouvelles recrues suivent le trio. Rapidement, l'armée se remit en marche, tandis que le villageois se mirent à acclamer les soldats, espérant donner aux leurs le courage de se battre.

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MessagePosté le: 04 Déc 12:12    Sujet du message: Répondre en citant

3- Première journée

La journée fut entièrement occupée par la marche. L'urgence de la situation imposait une marche rapide, ne laissant guère l'occasion aux jeunes recrues de parler. Tous se contentant de suivre silencieusement le rythme imposé. Observant ceux qui s'étaient portés volontaires à sa suite, Philsem vit leur regard perdu vers quelque glorieux futur. Lui-même imaginait les scènes des victoires auxquelles il allait participer. N'ayant aucune expérience de la guerre, ses batailles se déroulaient dans la facilité, les démons se laissant découper avec facilité par l'épée étincelante qu'il tenait, ne parvenant pas à percer son armure invincible. Il creusait des tranchées dans les rangs ennemis, laissant derrière lui des amoncellements de corps chitineux, tels des insectes écrasés.

Par contre, il abandonna rapidement l'idée de regarder ceux qui avaient été désignés contre leur gré. Il pouvait lire le désespoir et la peur dans leur regard. Tremal s'était résigné et suivait maintenant la cadence imposée par le Comte, mais on pouvait voir sur son pantalon des traces de souillure. Cela ne rendrait que plus difficile son intégration dans l'armée. Si les rumeurs disant que les déserteurs étaient pendus sans autre forme de procès, il était quasiment certain qu'il se balancerait bientôt au bout d'une corde. Ne dit-on pas que le lâche préfère le suicide plutôt que le risque de mourir, mais aussi la chance de vivre en faisant son devoir ?

Alors que le crépuscule commençait à s'annoncer, la troupe fit halte. Un sergent regroupa les nouvelles recrues. Il s'agissait de l'homme qui avait été responsable de choisir parmi ceux qui n'étaient pas volontaires. Philsem put voir une lueur meurtrière traverser le regard de Tremal, ses poings se serrer, mais il était certain qu'il ne ferait rien. Ils étaient vingt en tout puisque l'armée avait traversé un autre village avant d'arriver à celui de Philsem. Naturellement, ils formèrent deux groupes, un pour les membres de chaque village. Le sergent leur parla d'une voix forte et autoritaire. De toute évidence, il était habitué à prendre en main les nouvelles recrues.


_ Ce soir, vous allez apprendre à préparer le camp avec célérité. Une fois que cela sera fait, je vous amènerais voir le forgeron pour vous équiper.

On leur assigna un chariot, leur expliquant comment choisir un terrain, monter les tentes et préparer les feux de camp. Philsem observa que plusieurs chariots vers la fin du convoi restaient intouchés. Probablement s'agissait-il des chariots contenant le matériel pour les futures recrues, à mesure que l'ost grandirait. Il constata également que la préparation du camp était essentiellement réservée aux paysans. Les soldats de métier profitaient du répit pour s'entraîner. Il fut impressionné par la maîtrise avec laquelle ils faisaient tournoyer leurs armes, paraient les coups se déplaçant à l'unisson lorsqu'ils faisaient des exercices de groupe. Il était tellement absorbé qu'il ne vit pas venir le coup. Le souffle coupé, il fut plié en deux. Relevant péniblement la tête, il vit le sergent qui le regardait avec sévérité.

_ Hé bien jeune homme ! On rêve de se prendre pour un soldat ? Commence par faire ce qu'on te dit au lieu de lambiner ou tu ne feras pas long feu !

Il se releva péniblement, se remettant à la tâche en grognant sous la douleur. Le sergent ne s'était pas retenu. Lorsque tout fut prêt, le sergent dirigea le groupe vers une autre partie du camp. En premier il désigna Philsem et un des habitants de l'autre village et leur fit signe d'approcher. Le forgeron sortit de sa tente, tenant deux épées ayant de toute évidence beaucoup servi. Le métal était terni et les lames légèrement ébréchées en plusieurs endroits. Le sergent parla à nouveau pour l'ensemble des villageois.

_ Comme c'est la tradition, le premier volontaire de chaque village se voit attribuer une épée pour récompenser son courage.

Il se tourna ensuite vers Philsem.

_ Sache néanmoins que si on te reprend à rêvasser, elle te sera retirée. Il va te falloir mériter le fait de la conserver, montrer que tu en es digne.

Après avoir remis les deux épées, il désigna ensuite les autres volontaires, cinq dans le village de Philsem, trois dans l'autre, et ils se virent attribuer des lances avec des pointes en métal et des couteaux. Ceux qui avaient été désignés d'office reçurent de simples épieux en bois.

_ Si vous voulez avoir mieux, il va vous falloir le mériter également, montrant votre ardeur et réunissant votre courage. C'est la décision de notre Comte que ceux qui se montrent capables seront mieux armés et mieux traités que les tire-au-flanc et les mauviettes. Chacun d'entre vous va maintenant être attribué à une section où il apprendra à manier ses armes.

C'est ainsi que Philsem fut séparé de tous ceux qu'il connaissait. En s'éloignant, il pensa "si on laisse les courageux avec les courageux et les lâches avec les lâches. Comment ces derniers vont-ils apprendre le courage ?". Son autre pensée fut pour son épée "Qu'est-ce que c'est lourd !".
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MessagePosté le: 07 Déc 11:46    Sujet du message: Répondre en citant

4 – La première nuit

Fier de son premier équipement, Philsem rejoignit sa nouvelle unité alors qu'il était l'heure de se coucher. Il se sentait quelque peu perdu, ne connaissant personne autour de lui. Jetant un coup d'œil sur l'autre nouveau, il vit qu'il ressentait la même chose. Il s'approcha.

_ Je suis Philsem. Comment t'appelles-tu ?

_ Merjelon. Heureux de te connaître. C'est une grande aventure qui commence. Nous allons enfin pouvoir faire quelque chose pour défendre nos familles, et nous pourrons ensuite revenir en héros. J'espère pouvoir ramener assez de richesses pour pouvoir enfin nourrir ma famille comme il le faut.

Philsem le regarda. L'homme était un peu plus âgé et semblait vigoureux.

_ Ta famille ? Tu as des enfants ?

_ Deux. Un garçon et une fille. Mais je n'avais même pas de quoi les nourrir. Au moins quand je reviendrai, tout ira mieux.

Philsem était presque abasourdi par les propos de Merjelon. Même si cela lui paraissait lointain, il avait conscience qu'il pourrait mourir et n'aurait jamais abandonné ses enfants volontairement s'il en avait eu. De plus, comment allaient-ils pouvoir survivre si la guerre durait longtemps et que Merjelon n'était pas là pour s'en occuper ? Il préféra ne pas décourager la seule personne avait qui il avait pour l'instant quelques affinités et entra dans son jeu. Après tout, lui aussi rêvait de gloire et de richesses. Surtout de gloire ! Il parla à voix haute, pour que tous entendent dans la tente.

_ Si l'armée dont nous faisons partie n'est qu'une petite portion de l'armée humaine, je ne vois pas comment nous pourrions perdre. Maintenant que les chefs humains se sont enfin décidés à mettre les moyens, nous allons écraser ces démons et les renvoyer d'où ils viennent. Mieux encore, nous allons les massacrer jusqu'au dernier et nous serons à l'abri de leurs menaces pour toujours. Nos descendants chanteront nos louanges jusqu'à la fin des temps.

Le visage de son premier compagnon d'arme s'éclaira à ces paroles, et il vit que d'autres faisaient pareil. Tous ici étaient de jeunes paysans partageant cette même quête de gloire et tous comprenaient et approuvaient ses paroles. Philsem sortit son épée et la regarda un instant avant de la lever au-dessus de lui.

_ Pour la gloire de Thor et des hommes !

L'ensemble des jeunes gens présents dans la tente sortit leur épée et répéta d'une seule voix les paroles de Philsem. Celui-ci se sentit à sa place, après une journée pourtant tellement dépaysante. Quelques instants plus tard, un soldat souleva le rabat de la tente.

_ Que se passe-t-il ici ?

Philsem leva à nouveau son épée, suivit instantanément de dix-neuf autres.

_ POUR LA GLOIRE DE THOR ET DES HOMMES !

Le soldat eut un sourire de bonne humeur et ressortit après avoir dit.

_ Voilà un enthousiasme qui fait plaisir à voir.

Juste avant de fermer le rabat, il jeta un dernier coup d'œil dans la direction de Philsem, lui adressant un léger signe de tête. Le jeune homme comptait bien mériter son épée et se forger aussi rapidement que possible une bonne place dans l'armée, qui lui demanderait moins de temps pour monter les tentes et lui laisserait plus de temps pour s'entraîner. Il se coucha en même temps que les autres et s'endormit rapidement.
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MessagePosté le: 08 Déc 10:51    Sujet du message: Répondre en citant

5 – Le premier réveil

Alors que l'aube n'était pas encore là, un sergent entra dans la tente.

_ Debout là-dedans. Un repas rapide et on lève le camp.

Philsem suivit les autres membres de sa chambrée jusqu'à une tente d'où sortait de la fumée. A l'entrée un cuisinier servait des bols de porridge. Il eut une hésitation quand Philsem et Merjelon se présentèrent. Celui qui venait d'être servi avant eux dit au cuisinier.

_ C'est bon, ce sont les nouveaux qui nous ont rejoint hier.

Le cuisinier dévisagea encore les deux jeunes pendant un instant avant de les servir. De toute évidence, tout le monde n'avait pas droit au même traitement et le commis faisait attention aux personnes qu'il servait. Il serait inutile de chercher à se faire servir deux fois.

Tous s'installèrent par terre autour d'un feu. Pendant quelques instants ils se regardèrent silencieusement, commençant à manger pour se réchauffer un peu, puis les conversations commencèrent. Ils parlaient autant de leurs espoirs de gloire que des villages dont ils venaient, partageant des anecdotes, des histoires, et même parfois quelques conseils sur la culture des champs. La plupart pensaient revenir un jour dans leur village pour pouvoir en profiter, même si l'hésitation dans les paroles de certains montrait qu'ils avaient conscience que la mort pouvait également être au bout du chemin.

Pendant un certain temps, Philsem et Merjelon se contentèrent d'écouter, jusqu'à ce que quelqu'un leur adresse la parole.


_ Vous verrez, tous ceux de notre groupe progressent rapidement. Nous serons bientôt de vrais soldats capables de donner du fil à retordre à tous ces démons. Comment vous appelez-vous ?

_ Philsem.

_ Merjelon.

_ Moi c'est Telkin.

Il était de relativement petite taille mais bâtit comme un bœuf, sa musculature semblant prête à rompre ses vêtements à chacun de ses mouvements. Philsem avait la sensation qu'il devait être le meilleur escrimeur du groupe, et que c'était un peu la raison pour laquelle il en vantait la qualité. Au moins, cela était mieux que de rabaisser ceux qui ne parvenaient pas à suivre son rythme. Telkin reprit la parole.

_ Pas mal ton petit discours d'hier soir. Avec un moral comme ça et une armée aussi nombreuse, je ne vois pas ce qui pourrait nous arrêter. Bienvenue parmi nous.

Cela dit le repas fut terminé, et ils durent se lever pour plier la tente. Philsem pouvait voir que plusieurs équipes de paysans avaient déjà commencé à plier une partie du camp, tandis que les soldats travaillaient à l'entretien de leur équipement, affûtant leurs lames, huilant leurs armures et astiquant leurs boucliers. Ils seraient encore une vue impressionnante à l'entrée du prochain village qu'ils allaient traverser.

Il reprirent le chemin aussitôt le camp plié. En chemin, Telkin leur expliqua qu'ils étaient privilégiés. Ils n'avaient que leur propre tente à gérer, et une fois installée le soir, il leur restait encore pas mal de temps pour s'entraîner sous la direction d'un sergent d'arme. Rapidement, la marche forcée les poussa tous au silence. Philsem commençait déjà à répéter dans sa tête certains des mouvements qu'il avait vu les soldat faire. Il maniait déjà son épée avec facilité.

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MessagePosté le: 08 Déc 17:19    Sujet du message: Répondre en citant

6 – Le premier entraînement

Ce jour-là, le cortège traversa trois nouveaux villages, augmentant à chaque fois sa taille. Le soir venu, tous étaient fatigués mais ils n'eurent aucun répit, devant installer leur tente avant d'aller s'entraîner. Philsem attendait ce moment avec impatience. Le sergent commença par leur demander de s'aligner puis de tirer leurs épées puis leur fit répéter quelques mouvements de façon synchronisée. Philsem réalisa immédiatement combien l'épée était lourde et combien il serait difficile de la manier tel que les soldats semblaient le faire avec facilité. Il comprenait également pourquoi Telkin semblait plus doué que les autres. Sa force lui donnait une facilité que bien peu connaissaient. Bien qu'étant quasiment tous des paysans habitués au dur labeur des champs, leurs muscles n'étaient pas formé aux mouvements spécifiques que requiert l'utilisation des armes.

Au bout de quelques minutes seulement, ses muscles étaient tellement fatigués qu'il avait peine à garder l'épée en main. Seul un extrême effort de volonté lui permettait de ne pas la lâcher. Il fut à peine soulagé quand il vit Merjelon perdre son épée. Il n'était donc pas le seul à avoir des diffcultés.

Alors que Merjelon ramassait son épée, il grimaça sous le poids de celle-ci. Le sergent approcha. Il jeta également un coup d'œil du côté de Philsem.


_ Petite leçon pour les nouveaux. Si vous vous contentez de balancer vos épées sans essayer de les connaître, vous ne tiendrez pas deux minutes dans une mêlée. Pour manier une arme, il faut en comprendre l'équilibre et jouer avec cet équilibre pour faciliter le mouvement. La force est nécessaire, mais seule elle vous mènera à votre perte. Compris ?

Philsem et Merjelon opinèrent. De toute évidence, ce discours avait déjà été ressassé de nombreuses fois et Philsem put voir quelques sourires parmi ses camarades qui montraient leur accord avec ce que venait de dire le sergent.

Le sergent repris sa position et leur demanda à nouveau de faire quelques mouvements. Philsem fit cette fois plus attention à la façon dont son épée se balançait et essayait d'utiliser son équilibre propre pour faciliter le mouvement. Il constata presque instantanément combien cela reposait son bras par rapport aux mouvements qu'il faisait précédemment. Mais tout à sa joie, il oublia qu'il avait tout de même réalisé un effort très important et ses muscles fatigués se rappelèrent à lui rapidement. Commettant une erreur dans la manipulation de son épée, celle-ci lui échappa et tomba à terre avec fracas.

Pendant un instant, Philsem fut presque effondré de constater avec quelle facilité il avait perdu son arme, alors qu'il n'avait pas encore d'adversaire à affronter. Le désarrois pouvait se lire sur son visage et le sergent approcha.


_ Ne t'inquiète pas mon gars. Même si la force seule n'est rien, elle est tout de même indispensable. Quand tu connaîtras bien ton épée et que tes muscles seront mieux formés, tu y arriveras beaucoup mieux.

_ Oui sergent.

Philsem n'était qu'à moitié convaincu. Il réalisait combien le chemin était long, et il ne savait pas s'il aurait assez de temps, au rythme où progressait l'armée. Il allait devoir travailler dur s'il voulait avoir une chance de survivre à ce qui les attendait. C'est à peine s'il fut rassuré en voyant un de ceux qui étaient arrivés avant lui lâcher son épée à son tour.

La suite de l'entraînement consista en quelques simples exercices deux à deux pour apprendre à encaisser l'impact d'une autre arme contre son épée. Nombreux furent ceux qui lâchèrent leur épée plusieurs fois, et Philsem fut parmi eux. Telkin, lui, éprouvait une facilité évidente et bien supérieure à celle des autres membres du groupe.

Lorsque vint l'heure de se coucher, Philsem était trop épuisé et démoralisé pour réaliser le discours qu'il avait préparé toute la journée. Son impression d'échec aurait rendu ses paroles trop creuses. Il s'endormit avant même que les trois nouveaux du jour n'entrent dans la tente.

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MessagePosté le: 11 Déc 10:58    Sujet du message: Répondre en citant

7 – Le grand rassemblement

La marche se poursuivit pendant plusieurs jours, les effectifs gonflant petit à petit. La veille du jour où ils devaient arriver au rassemblement, ils furent rejoints par une autre armée que le premier vassal du comte de Brelmore avait réunie dans d'autres parties du domaine. Il y avait maintenant près d'un millier de paysans pour une centaine de soldats. Bientôt, tous seraient de soldats, ou au moins ceux qui survivraient aux premiers affrontements.

Tous les soirs, Philsem poursuivait son entraînement. Si ses muscles suivaient lentement, il avait très vite réussi à comprendre comment utiliser son épée en minimisant les efforts. Les séances "arme contre arme" étaient encore pénibles, mais au moins était-il maintenant à l'aise pour faire tournoyer son épée. Il réalisait le retard qu'il avait sur les soldats mais faisait tout ce qu'il pouvait pour le réduire. Rapidement, il s'avéra être le meilleur bretteur du groupe avec Telkin. Mais il constatait avec une certaine satisfaction que l'ensemble de ses camarades s'amélioraient rapidement également. Ils étaient maintenant quarante, occupant la totalité de la tente. Cela faisait deux jours que les derniers étaient arrivés, et ils faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour rattraper un peu de leur retard. Il était arrivé deux fois qu'un homme qui était depuis plusieurs jours dans le cortège les rejoigne, après avoir prouvé sa valeur et son courage, et une fois que l'un d'eux fut dégradé et doive rendre son épée. L'homme en question avait tout simplement montré de faibles capacités avec son épée et il faisait ressentir son échec à tous, risquant de faire baisser le moral de ses camarades.

Tous les soirs, Philsem avait fait l'effort de faire un petit discours à ses camarades pour maintenir leur moral au mieux. De façon naturelle, lui et Telkin étaient devenu les deux chefs de la tente. Lorsque les journées avaient été moins pénibles, ils s'arrangeaient pour organiser un petit entraînement supplémentaire, visant essentiellement ceux qui étaient arrivés les derniers, pour les aider à progresser plus vite.

Alors que le soleil était à son apogée, Philsem put entendre des exclamations s'élever en tête du cortège. Un vague d'excitation parcourait tous les soldats qui la composaient. Arrivant au sommet d'une colline, il ne put se retenir de se joindre à eux devant le spectacle qui s'offrait à ses yeux. Comme on le leur avait annoncé, les généraux humains étaient parvenus à réunir une armée immense qui semblait remplir la vallée à perte de vue. Partout on pouvait voir des hommes à l'entraînement, entre le bruit d'une multitude d'armes en train de s'entrechoquer et d'hommes en train de crier. D'innombrables tentes de toutes les couleurs étaient dressées pour abriter cette foule. Les étendards étaient si nombreux qu'il n'y avait probablement personne pour être capable de tous les identifier. Dans un grand champ au loin d'immenses troupes de cavaleries s'entraînaient à charger en rangs si serrés qu'il ne restait quasiment pas un brin d'herbe intouché après leur passage.

Philsem n'avait aucune idée qu'il put y avoir assez d'hommes pour former une armée aussi importante tout en laissant une bonne partie de la population dans les villages. Comment les démons pourraient-il résister à une telle puissance? C'est avec le cœur réchauffé qu'il continua la marche. Se tournant vers Telkin et Merjelon il dit:


_ Les démons vont avoir une sacré surprise. C'est déjà assez étonnant pour nous qui nous y joignons. Quiconque va devoir affronter une telle puissance ne peut que se sentir glacé jusqu'à la moelle !

Ils s'arrêteraient bien plus tôt que d'habitude ce jour-là, leur laissant plus de temps pour s'entraîner. Cela allait leur permettre d'être toujours plus forts. Il se sentait joyeux à l'idée de la surprise que leurs adversaires risquaient d'avoir bientôt.

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MessagePosté le: 11 Déc 16:25    Sujet du message: Répondre en citant

8 – La grande armée

L'installation prit un peu plus de temps que d'habitude, car ils se fixaient maintenant pour plusieurs jours afin d'attendre les derniers seigneurs qui rejoindraient le rassemblement avec leurs osts. Les rumeurs et les histoires des précédentes batailles parcourraient le camp plus vite qu'un cheval ne pouvait galoper. Philsem était particulièrement attentif à tout ce qu'il entendait car il voulait en savoir autant que possible sur l'ennemi avant de l'affronter, même s'il était souvent difficile de démêler les histoires vraies des contes dont le seul but était de faire peur et des récits exagérés qui ne cherchaient qu'à mettre en valeur les actions des plus grands héros de l'armée humaine.

Les journées étaient maintenant composées de nombreux entraînements. Rapidement ils dépassèrent le stade de l'apprentissage du maniement de l'épée pour passer à celui du véritable combat, enchaînant les coups et apprenant à se défendre avec ou sans bouclier. Plusieurs blessures furent à déplorer, mais heureusement peu d'entre elles étaient sérieuses. Philsem lui-même fini un entraînement avec un mince estafilade à l'épaule, et rapidement aucun d'entre eux ne fut totalement intact. Cela ne les inquiétait guère, car ils savaient qu'il faudrait à nombreuses journées de marche avant d'affronter les démons. Cela leur laisserait le temps de guérir. Alors que ses muscles se développaient, Philsem devint rapidement aussi fort que Telkin. Les deux jeunes hommes s'affrontaient parfois en fin de journée en un duel qui pouvait durer longtemps avant que l'un d'entre eux ne parvienne à avoir le dessus sur l'autre. Mais dans les rares occasions où leur entraînement les amenait à affronter de véritables soldats, ils étaient tellement vite vaincus qu'ils mesuraient le chemin qu'il leur restait encore à parcourir.

Une semaine plus tard commencèrent quelques exercices en formation, afin d'apprendre à toutes les recrues les principes du déplacement en unité. Ils apprenaient également à se mettre en position pour recevoir une charge adverse, montée ou non. L'unité dont faisait partie Philsem et ses camarades faisait une centaine d'hommes. Parmi eux furent incorporés dix hommes qui avaient déjà combattu les démons l'année précédente, et avaient subi défaite sur défaite. Pourtant, en voyant l'ampleur de l'armée qui était maintenant réunie, ils avaient vite retrouvé le moral. Mais plus que l'ampleur, c'était un autre facteur qui les rassurait.


_ L'an dernier, lorsque nous étions sur le point de vaincre, les démons faisaient appel à quelque sorcellerie. Si vous pensez qu'il est effrayant d'affronter les démons, alors vous serez terrorisés lorsque vous devrez affronter la magie. Certains de leurs plus puissants magiciens peut creuser des tranchées dans nos rangs d'un simple mot, appelant des pluies de flamme sur nos têtes.

L'homme montra son bras où se trouvait une large cicatrice, de celles causées par le feu.

_ J'ai eu beaucoup de chance ce jour-là. Celui qui se trouvait à ma gauche a été touché sur le torse et a brûlé pendant plusieurs minutes avant de mourir. Rien de ce que nous faisions ne pouvait éteindre ce feu maudit magique.

Alors que tous commençaient à désespérer, pensant qu'il était bien vain de manier des épées face à une telle puissance, l'homme continua à parler.

_ Mais cette année sera différente. J'ai entendu dire que les mages humains s'étaient enfin décidés à sortir de leurs tours. Ils seront là pour nous protéger et pour causer les mêmes ravages dans les rangs adverses. Au moins cette année ils n'auront plus cet avantage, et nous sommes tellement nombreux qu'ils ne pourront protéger leurs mages bien longtemps.

Philsem prit alors la parole, comme à son habitude, pour galvaniser tous ceux qui étaient à portée d'oreille.

_ Cette année, Thor et ses prêtres seront là ! Cette année, nos plus puissants mages seront là ! Cette année, NOUS sommes là ! Cette année, les démons seront anéantis et la paix reviendra !

Une grande clameur accompagna ses paroles, les épées se levèrent, et le nom de Thor revint encore et encore. Tous étaient certains de la victoire. L'autre issue était tellement inimaginable que bien rares étaient ceux qui ne faisaient qu'y penser, sans même songer qu'elle pouvait être réaliste.

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MessagePosté le: 12 Déc 11:05    Sujet du message: Répondre en citant

9 – Les héros

Quelques jours plus tard, un défilé des principaux héros humains fut organisé. La troupe resplendissait dans ses armures préparées pour l'occasion. Il s'agissait de montrer autant de fierté et d'assurance que possible pour s'assurer que le moral des troupes était idéal avant de partir. Les étendards flottaient dans la légère brise, les écus leur faisant miroir. Ils étaient hauts en couleurs, chevauchant des destriers à l'air puissant. Philsem se posta avec ses camarades sur le bord du passage, se frayant un chemin jusqu'au premier rang pour mieux voir.

Les cavaliers portaient des armes brillantes à l'air redoutable. Pendant un instant, Philsem ressentit l'envie de s'emparer de l'une d'elles et de la faire tournoyer pour en tester l'équilibre et le poids, et savoir ce qu'était une bonne épée. La sienne avait légèrement meilleur aspect qu'au début après qu'il en ait pris soin encore et encore mais il ne se faisait pas d'illusion.

Vers la fin du cortège, un des héros se détachait légèrement. Il n'avait pas l'air fier et sûr de lui qu'avaient les autres. On pouvait lire sur son visage un mélange de tristesse et de colère. Telkin lui glissa à l'oreille.


_ Le duc de Clarence vient d'apprendre la chute de son domaine. Pendant qu'il repoussait une troupe de démons dans le sud, une armée entière a déferlé sur son duché, ne laissant quasiment que des cendres. La nouvelle est arrivée hier. Ses hommes vont avoir envie de se venger, et ils en auront bientôt l'occasion.

Alors que la troupe s'éloignait, les conversations reprirent et s'orientèrent rapidement sur la signification de cet événement. Il était évident que cela signifiait un départ imminent. Et cette fois-ci, l'objectif était la guerre. Les membres de l'armée se sentaient partagés entre une grande excitation et une certaine appréhension de ce qui se trouvait devant eux.

_ Nous sommes prêts de toute façon. Rien ne pourra nous arrêter et la victoire nous est promise.

Merjelon venait de parler avec sa confiance habituelle en l'avenir. Pour lui, l'idée de la mort n'existait même pas. Il ne pensait qu'au jour où il reviendrait dans sa famille en héros, tels ceux qui venaient de défiler devant ses yeux. Telkin était plus réaliste, mais comme tous il ne voulait croire qu'en la victoire. Toute autre issue était impensable. Si leur armée échouait, alors il n'y avait pas de succès possible, les hommes étaient tous condamnés. Philsem était du même avis. Rien ne pourrait arrêter cette armée.

_ La lutte sera difficile, mais je pense également que la victoire nous attend. Jamais une armée n'a été préparée comme la nôtre.

_ De plus, nous avons le soutien de Thor. Il ne nous abandonnera pas.

Philsem avait réellement confiance dans son Dieu et dans sa force. Il avait toujours été un fervent fidèle, et cela avait également joué dans son désir de partir avec l'armée qui était entrée dans le village. Il avait la sensation que Thor avait besoin de lui, de son énergie, de sa foi sans faille pour aider l'armée à remplir sa tâche. Si son père n'avait pas eu tant besoin de lui dans les champs, Philsem aurait certainement tenté d'intégrer la prêtrise.

Le soir même, tout le monde reçut l'ordre de commencer à se préparer à partir. L'équipement commença à être chargé dans les chariots. Il ne resta rapidement plus que les tentes qui seraient démontées le lendemain à l'aube.
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MessagePosté le: 12 Déc 16:16    Sujet du message: Répondre en citant

10 – Premiers démons

A cause de son immensité, l'armée fut divisée en plusieurs sections, chacune étant quasiment une armée complète. Le rythme repris tel qu'il avait été avant le rassemblement. De longues journées de marche rapide se terminaient par la mise en place des camps, un peu d'entraînement avant des nuits courtes et de moins en moins reposantes alors que la tension commençait à croître.

Il ne fallut pas longtemps avant de rencontrer les premiers démons. Plusieurs rapports mentionnaient de petites hordes de démons mineurs, probablement des éclaireurs, chargés de préparer le terrain, repérer les ennemis, et commencer à semer la terreur. Alors que la section de Philsem progressait à flanc de colline, l'une de ces hordes apparut en contrebas, à la sortie d'un bosquet. Dans leur confiance excessive, ils n'avaient probablement pas réalisé la force à laquelle ils étaient confrontés et ils commencèrent à pousser des hurlements pour tenter de terroriser les hommes qu'ils voyaient.

La cavalerie baissa les lances et se mis au galop. La première chose qui frappa Philsem était le vacarme causé par cette cavalerie lancée à pleine vitesse. Le temps que l'infanterie parvienne dans la mêlée, il ne restait quasiment plus un démon debout. Philsem n'eut même pas à sortir son arme. Tout était fini avant qu'il n'arrive. Cinquante démons gisaient sur le sol, et seulement trois hommes étaient morts. Le jeune homme baissa les yeux sur le cadavre d'un de leurs ennemis. C'était la première fois qu'il voyait un de ces créatures venues des enfers. Les descriptions qu'il en avait entendues n'étaient aucunement exagérées. Ces êtres n'avaient réellement rien d'humain. Ils étaient relativement petits, possédaient un exosquelette relativement léger et des griffes acérées avec lesquelles ils avaient tenté de riposter.

Une grande joie parcourrait les rangs après cette victoire facile. Le comte de Brelmore, qui avait dirigé la charge, prit la parole.


_ Aujourd'hui nous avons remporté notre première victoire. Ne vous leurrez pas, il ne s'agissait que de menu fretin. Mais cette victoire n'est que la première d'une longue série. Nous aurons bientôt affaire à beaucoup plus fort que cela, mais nous sommes prêts. Nous sommes puissants et résolus. Rien ne nous arrêtera.

Il démonta et planta son épée dans le sol.

_ Et maintenant, remercions Thor pour ce premier signe favorable.

Il mit un genou à terre, suivit de l'ensemble des hommes de son armée. Tous eurent l'impression de communier avec leur Dieu, ressentant son pouvoir circuler dans leur âme. Quand ils se relevèrent, ils étaient plus sûrs que jamais que la victoire finale les attendait.

Philsem plaisantait avec ses amis sur la déroute qu'ils venaient d'infliger aux démons. Même s'il comprenait que cette bataille était insignifiante, il y voyait le présage d'un futur prochain plein du massacre de leurs adversaires. Pourtant, il ressentit une certaine douleur en regardant les trois cadavres. Après tout, personne n'était invincible, personne n'était immortel. Tous ne survivraient pas, même si la victoire était acquise !

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MessagePosté le: 14 Déc 11:56    Sujet du message: Répondre en citant

11 – Premier sang

L'armée continua de progresser aussi rapidement que possible. Quelques autres escarmouches furent rapportées, mais elles étaient rarement significatives. Il s'agissait le plus souvent de groupes tels celui que Philsem avait vu, et qui se laissaient piéger par l'avancée des hommes. Néanmoins, il était maintenant certain que les démons étaient au courant de ce qui approchait de leurs positions.

Les généraux humains espéraient que les démons auraient suffisamment confiance en eux pour attendre. S'ils commençaient à fuir, cela faciliterait la reprise de territoires qu'ils avaient conquis, mais ne résoudrait pas le fond du problème en les éliminant définitivement. Face à l'armée humaine, la retraite était la seule solution raisonnable, s'il n'y avait pas un facteur à prendre ne compte. Les démons avaient vaincu de nombreuses armées plus fortes grâce à la puissance de leur sorciers. Et cette fois encore, il était probable qu'ils comptent sur eux pour faire la différence. Et cela était certainement raisonnable, sauf qu'ils ignoraient une chose. Les humains avaient amené leurs propres magiciens pour les contrer. C'était pour cacher cette information qu'une des armées humaines avait frôlé la défaite face à une horde accompagnée d'un sorcier. Les pertes avaient été importantes, mais au moins ils avaient réussi à abattre le sorcier sans faire appel à la magie.

Approchant de l'armée adverse, les gardes de nuit étaient de plus en plus importantes. Lors de ses gardes, Philsem avait tous ses sens aux aguets. Il réalisa qu'il était capable de percevoir des sons très ténus, de percer les ténèbres mieux que la plupart des autres. C'est ainsi qu'il entendit des bruits de mouvements dans la forêt environnante. Sans aucune hésitation, il se dirigea vers un sergent.

_ Il y a quelque chose dans la forêt. J'ai entendu des bruits qui ressemblent à ceux que font les démons quand ils se déplacent. Il faut préparer une défense.

Le sergent hésita pendant quelques instants, l'oreille aux aguets.

_ Je n'entends rien. Mais soit, donnez l'alerte silencieusement.

Philsem alla rapidement de garde en garde, entra dans quelques tentes pour en réveiller les occupants, avant de reprendre son poste. Les hommes qui avaient été éveillés restèrent dans leur tente en attendant le signal de la bataille. Il ne fallait pas que les démons suspectent ce qui les attendait.

Il ne fallut pas plus de deux autres minutes pour que des formes apparaissent, sombres, quasiment invisibles sous la faible lueur des étoiles. Elles avançaient quasiment silencieusement, hormis quelques rares frottements de leurs articulations, qui auraient pu être ignorés par une oreille inattentive. Alors qu'ils étaient quasiment arrivés la frontière du camp, probablement prêts à bondir sur les sentinelles, le sergent hurla.


_ Pour Thor et les hommes.

Les sentinelles se jetèrent à l'assaut, suivies seulement un instant plus tard par un déferlement de soldats qui sortaient de leurs tentes, armes au clair. Philsem ressentait l'excitation de sa première vraie bataille. L'obscurité cachait en grande partie à ses yeux la forme terrible de ses adversaires. Il fut le premier à lancer son épée vers un démon, décapitant l'être qui oublia de réagir sous l'effet de la surprise. Le choc dans son bras fut violent et il faillit lâcher son épée.

Il n'eut pas le temps d'exulter que déjà deux autres démons se jetaient sur lui. Il parvint à repousser le premier avec son bouclier, moulinant avec son épée pour tenter de tenir le second à distance. Il lui fallait survivre assez longtemps pour laisser le temps aux autres de le rejoindre, à partir de quoi il pourrait à nouveau se lancer à l'attaque. Alors que ses deux adversaires se regardèrent un instant, prêts à attaquer ensemble, il entendit que les renforts approchaient. Il jaillit en avant, abattant le premier démon d'un grand coup d'épée, se couvrant l'autre côté avec son bouclier. Alors que le premier démon s'effondrait, il sentit une piqûre de l'autre côté. Il balaya avec son épée pour tenter de se débarrasser de son adversaire, mais celui-ci avait été trop rapide et était déjà hors de portée. Maintenant que l'effet de surprise était passé, la véritable valeur des combattants allait prendre le pas. Pendant quelques instant, Philsem dut à nouveau reculer sous la pression du démon. Péniblement il parvint à garder juste assez de distance pour échapper aux griffes de son adversaire, qui s'effondra sous la lame d'un autre soldat. Moins de cinq minutes après l'alarme, les rares démons encore vivants fuyaient, laissant sur place beaucoup plus de corps que les hommes.

Philsem resta quelques minutes sous le choc avant de réaliser qu'il était blessé. Une longue estafilade saignait sur son flanc, là où le démon avait réussi à passer sous son bouclier. Regardant à ses pieds, il vit les premières victimes de son épée. Deux démons tués pour son premier combat, cela était plutôt pas mal. Il passa le reste de la nuit dans l'infirmerie, avant que le médecin ne le déclare apte pour reprendre du service dès le lendemain, avec toutefois la consigne d'économiser le côté du bouclier pendant quelques jours.

Alors qu'il sortait, plusieurs soldats le félicitèrent d'avoir identifié la menace aussi tôt, et il fut convoqué auprès du comte de Brelmore qui lui assigna une petite section d'une vingtaine d'hommes en remplacement d'un homme qui avait perdu la vie cette nuit-là.
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MessagePosté le: 14 Déc 15:36    Sujet du message: Répondre en citant

12 – L'armée démone

La nouvelle gagna rapidement l'armée. Comme prévu, les démons attendaient l'armée humaine, surs de leur supériorité malgré leur nombre inférieur. Les défaites qu'ils avaient subies récemment n'avaient aucune raison de les inquiéter, car ils avaient essentiellement perdu de petites hordes de démons mineurs dont le seul but était de ralentir l'avancée de leurs adversaires pour leur permettre de se regrouper et de préparer leurs défenses.

Les derniers jours de marche continuèrent sur un rythme légèrement plus lent, pour permettre aux hommes de se reposer un peu. Après tout, cela ne changerait pas grand chose concernant un adversaire qui avait déjà eu le temps de se préparer.

Lorsque l'ennemi fut en vue, la tâche pouvait paraître presque insurmontable. Les démons étaient réunis dans une forteresse aux hautes murailles d'une ville qu'ils avaient prise tard l'année précédente. Les murailles paraissaient surpeuplées de défenseurs hurlants, à l'air plus sauvage les uns que les autres. Même s'ils étaient largement inférieurs en nombre, ils avaient l'air puissants et bien préparés. Leurs hordes étaient assoiffées de bataille et de sang.

Pourtant, la marée humaine qui s'avançait vers eux était tellement importante qu'il fût difficile de croire qu'ils pourraient y résister. Alors que l'armée approchait, Philsem réalisa que la tâche serait même plus facile que prévu. Dans leur excès de confiance, les démons n'avaient pas pris la peine de reconstruire correctement les murailles qu'ils avaient détruites lors de leur assaut. Ils étaient tellement habitués à l'offensive et à la conquête qu'ils n'avaient pas préparé leurs défenses. C'était tout juste si quelques palissades en bois avaient été dressées pour combler les brèches, mais elles ne tiendraient pas comme l'auraient fait des murs. Il était certain que ce détail allait réjouir les généraux humains.

Avant la fin de la journée, les hommes avaient établi leur camp, cernant totalement la forteresse qu'ils allaient devoir prendre. Philsem se dit qu'au moins les démons ne pourraient s'échapper et pourraient être exterminés jusqu'au dernier, ne laissant aucun survivant. Pourtant, les démons se montraient en plein de confiance, insultant ceux qui les entouraient, sans doute dans le but de leur faire commettre une erreur quelconque. Mais la soirée se passa sans incident. Une garde renforcée fut organisée pour parer à toute action nocturne de la part des démons, tant en provenance de la forteresse que de l'extérieur. La nuit tomba et se passa calmement. Philsem dormit très peu cette nuit-là, l'excitation et la peur étant trop grandes pour qu'il puisse trouver le moindre sommeil, et ses camarades étaient dans le même cas. Fort heureusement, les généraux humains avaient annoncé que l'attaque aurait lieu dès le lendemain. Au moins le jeune homme n'aurait pas à endurer trop de nuits blanches avant même la bataille et ne serait pas trop fatigué.

Alors que le jour se leva, une mauvaise surprise les attendait. Pendus aux remparts étaient d'innombrables hommes, femmes et enfants, la plupart portant des marques de torture, certains encore vivants. Il s'agissait évidemment des habitants de la ville qui avaient été épargnés jusqu'ici. L'horreur envahit Philsem, et il pouvait lire la même chose sur les autres visages, tandis que leurs adversaires se gaussaient de leur esprit trop sensible. Rapidement, les généraux mirent leurs troupes en ordre de bataille. Le comte de Brelmore parla à ses hommes.


_ Aujourd'hui, les démons vont connaître leur première grande défaite. Aujourd'hui l'homme va prévaloir, aujourd'hui et pour toujours. Nous allons attaquer avec la deuxième vague et percer leurs défenses. Ce soir, ils seront tous anéantis et la paix pourra enfin régner à nouveau. Détruisons-les pour que ce genre d'horreur ne se reproduise plus ! Gloire à Thor, gloire aux hommes!

Ses derniers mots furent repris à l'unisson, avant que les hommes ne se mettent en position. Ils étaient prêts !
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MessagePosté le: 15 Déc 12:45    Sujet du message: Répondre en citant

13 – La grande bataille commence

Sous la direction de leurs généraux, la première vague des humains se rua à l'assaut. Face à l'horreur qu'ils avaient sous leurs yeux, ils opposèrent leur rage et leur détermination. Les premiers rangs se brisèrent presque sans effet, les cadavres s'amoncelant tandis que bien peu de démons perdaient la vie. Il devint rapidement nécessaire pour les assaillants de marcher sur les cadavres des leurs pour parvenir aux murailles qu'ils devaient gravir. Pourtant, c'était avec beaucoup de discipline qu'ils suivaient les ordres qui leur étaient donnés. Il aurait été impensable que ceux qui étaient mort devant eux ne le fussent pour rien.

Après une heure de combat, un certain équilibre semblait atteint. Les défenseurs démons étaient maintenant occupés partout à retenir leurs assaillants, et ne parvenaient plus à faire pleuvoir avec le même rythme leurs traits mortels sur leurs adversaires. Ils étaient toujours nettement moins nombreux à tomber, mais leurs rangs s'éclaircissaient enfin, même si les hommes n'étaient toujours pas parvenus à faire craquer leurs défenses. La situation semblait avoir atteint un certain équilibre.

C'est à ce moment que la deuxième vague fut mise en branle. Suivant les ordres, Philsem se mit en marche. Se mêlaient en lui la peur de tomber comme tous ceux qu'il pouvait voir au pied des murailles et la colère face aux exactions de leur ennemi. Il était temps d'en finir une fois pour toute, et en aucun cas il ne pouvait montrer la moindre faiblesse. Sa troupe fut dirigée vers une des palissades en bois. Pour étirer les défenses démones, la totalité des murailles avaient été la proie d'attaques de force équivalente par la première vague. Mais cette seconde vague allait se concentrer sur quelques points faibles.

Plusieurs béliers progressaient en direction de la palissade. Les porteurs étaient protégés autant que possible par les soldats qui les entouraient, et à chaque fois que l'un d'entre eux tombait victime de l'un des traits mortels des démons, un soldat laissait ses armes au sol et prenait le relais. Philsem progressait rapidement et son escouade fut parmi les premières à arriver au contact. Avec ses hommes, il commença à gravir les échelles, rejoignant les hommes de la première vague. Il y avait relativement peu de survivants parmi ceux-ci, et il furent soulagés de recevoir de l'aide. Ils avaient pour but d'occuper les défenseurs sur les remparts tandis que la palissade était mise à bas.

Philsem prit la place d'un des hommes de la première vague. Ceux-ci devaient attendre que suffisamment de renforts ne soient montés pour avoir une chance de redescendre et prendre un peu de repos. L'espace était relativement restreint, et lorsque trop de démons étaient tués dans une zone, une troupe d'archers se trouvant en bas ouvrait alors le feu, semant des ravages parmi les hommes qui s'y tenaient.

Philsem donna l'ordre à ses hommes de ne pas tuer les démons trop rapidement, pour qu'ils servent plus ou moins de bouclier. Il était parfois difficile de retenir ses coups contre ses créatures haïes, mais la stratégie fonctionna. Le ralentissement de la lutte maintenait les démons trop occupés pour pouvoir tourner leur attention sur les assaillants qui se trouvaient au pied des murailles et tentaient de briser la palissade, tandis que les archers se trouvant au pied des murailles ne voulaient pas prendre le risque de tuer inutilement un trop grand nombre des leurs alors qu'ils semblaient capables de tenir les humains en respect.

Soudain, un grand fracas se fit entendre. Un pan de la palissade s'effondra. Les panneaux de bois s'écroulèrent, écrasant sans discrimination les démons et les hommes qui se trouvaient à leur pied. Un grand nombre d'archers démons qui attendaient de décharger leurs armes sur les assaillants furent écrasés, permettant aux hommes d'entrer presque sans opposition pour prendre pied à l'intérieur de la forteresse. Une grande clameur de joie s'éleva de leurs rangs tandis qu'ils se répandaient dans la ville.

Philsem avait échappé de peu à la chute. Le madrier sur lequel il se trouvait résista à l'écroulement, laissant le jeune homme à la recherche de son équilibre. N'ayant plus d'ennemi dans le dos, il dirigea sa troupe pour élargir l'espace sans démon autour de la zone effondrée. Il réalisa qu'il ne lui restait que cinq hommes debout. S'apprêtant à laisser sa vie pour permettre à un maximum de soldats de pénétrer sans heurt dans la cité, il eut l'heureuse surprise de constater que d'autres hommes montaient à leur aide. La troisième vague était en route. L'éclaircissement des rangs démons au sommet de la muraille permit à Philsem et ses hommes de redescendre rapidement et de rejoindre les troupes de comte de Brelmore qui faisaient retraite, laissant à des hommes plus frais le soin de continuer la lutte.

S'arrêtant juste hors de portée des armes de jet adverse, il fit le compte des survivants. De ses hommes il restait toujours les cinq survivants. Il y avait toujours l'espoir que certains autres ne soient que blessés et puissent être soignés une fois que la bataille serait terminée. Il localisa tout de même ses deux amis Telkin et Merjelon alors que leur propre unité revenait de la bataille. Ils étaient tous presque déçus d'avoir dû se replier alors que la victoire semblait maintenant à portée, avec la première brèche importante dans les défenses démones.

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MessagePosté le: 15 Déc 14:33    Sujet du message: Répondre en citant

14 – La magie

Alors que l'incursion humaine à l'intérieur des remparts semblait sur le point de briser totalement les défenses des démons, un déluge de feu s'abattit sur eux. Les sorciers démons venaient d'entrer en action. Philsem vit avec horreur de nombreuses torches humaines s'enfuir en hurlant, tomba au sol au bout de quelques pas, continuant de remuer parfois plusieurs minutes avant une immobilisation définitive. D'autres tombaient de la muraille où Philsem s'était battu il y avait seulement quelques minutes. La chance lui avait permis d'échapper à cette mort atroce, mais le spectacle auquel il assistait laissa son âme transie. Son sentiment s'amplifia encore quand il réalisa que si certains de ses hommes qui n'étaient pas revenus n'étaient que blessés, ils se trouvaient juste en dessous de cette pluie mortelle.

Ce moment était le moment qu'attendaient les magiciens humains. Mais plutôt que d'utiliser leur puissance pour protéger leurs troupes, ils l'utilisèrent pour un autre objectif. Les sorciers adverses s'étant découverts, ils pouvaient maintenant être attaqués. Laissant une pluie de feu s'abattre sur leurs propres troupes, ils utilisèrent toute leur puissance pour frapper directement la source de la puissance adverse. Canalisant l'énergie qui leur était offerte par Thor, ils créèrent une tempête d'éclairs d'une puissance inégalée centrée sur les sorciers démons.

La puissance utilisée fut tellement importante qu'une partie de la tour s'effondra dans un vacarme qui fit tourner les yeux de la plupart des combattants. Il semblait peu probable que beaucoup de sorciers aient survécu. Cela se ressentit immédiatement avec la fin de la pluie de feu. Le sentiment de puissance avait maintenant changé de camp, et les humains étaient encore largement plus nombreux, malgré les pertes importantes qu'ils venaient de subir.

Le temps de renouveler leurs forces, les mages humains se mirent à faire pleuvoir de nouveaux faisceaux d'éclairs sur les zones où les démons semblaient les plus coriaces. Philsem ressentit un grand soulagement de s'être trouvé loin du cœur de la bataille au moment où l'utilisation de la magie avait été à son apogée. Il fut encore plus soulagé en constatant que la victoire ne pouvait maintenant plus leur échapper, et que le coût allait probablement en être maintenant beaucoup plus réduit.

Après avoir parlé un peu avec ses hommes et ses amis, il prit le temps de s'occuper de panser les nombreuses égratignures qu'il portait. Elles étaient toutes mineures et ne laisseraient même pas de cicatrice significative. Il commençait déjà à sentir le besoin de repartir au combat pour aider l'armée humaine à finir de se débarrasser de l'engeance démone.
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MessagePosté le: 15 Déc 15:53    Sujet du message: Répondre en citant

15 – Dernier sursaut

Pendant quelques minutes, Philsem observa les magiciens à l'œuvre. Le pouvoir dont ils disposaient semblait sans limite, causant de ravages parmi les démons. En leur absence, il n'était pas surprenant que les hommes aient subi tant de défaites par le passé.

Son attention fut quelque peu divertie par un vol d'oiseau qui s'approchait de la bataille. Il en fut surpris essentiellement parce qu'il avait du mal à imaginer que de quelconques animaux puissent avoir un instinct les poussant à approcher une bataille plutôt qu'à la fuir. Même les charognards devaient certainement attendre la fin de la bataille avant d'approcher.

Tandis qu'il se posait la question, la nué volante approchait petit à petit. Et soudain il comprit. Il ne s'agissait pas d'animaux, mais de démons ailés. Sans doute avaient-il été tenu en réserve pour tenter de porter un coup dans le dos des hommes. Ou peut-être s'agissait-il tout simplement de retardataire. Dans tous les cas, ils se dirigeaient droit vers le magiciens, sans que personne ne semble leur prêter attention. Philsem resta lui-même paralysé pendant quelques instants en songeant aux dégâts qu'ils risquaient de faire. S'ils parvenaient à anéantir la puissance magique des hommes, le combat serait à nouveau purement physique, ce qui signifiait beaucoup plus de morts parmi les humains, pour une victoire qui malgré tout leur semblait promise.

Et puis il réalisa qu'il pouvait faire quelque chose. Proche de sa compagnie se trouvait une troupe d'archers. Il courut vers eux en pointant vers le ciel.


_ Des démons attaquent par derrière, il faut protéger nos mages. Vite !

Les archers commencèrent à le regarder sans comprendre. Ses paroles étaient perdues dans le vacarme de la bataille. Mais quelque uns tournèrent la tête et virent la menace qui approchait. Ils se ruèrent en direction de magiciens. Sans rien d'autre à porter que leur arc et quelques flèches, ils courraient vite. Philsem faisait de son mieux pour les suivre, mais il perdait du terrain. Il constata que plusieurs hommes du comte de Brelmore couraient maintenant à sa suite.

Alors que les démons arrivaient juste à portée, quelques mages réalisèrent qu'il se passait quelque chose en voyant tous ces hommes courir. Les premiers archers commencèrent à lancer leurs traits juste à temps, fauchant les premiers démons. La vague suivante fut arrêtée par un mur d'éclairs. Et la troisième se retrouva face à une infanterie qui, armes au clair, les attendait de pied ferme. La lutte fut serrée pour protéger les mages, et deux d'entre eux tombèrent sous les griffes d'un démon qui était parvenu à franchir le mur défensif qui s'opposait à eux. Mais ce fut tout ce qu'ils purent réaliser. Leur assaut avait échoué de justesse. Il n'avait fait que laisser un léger répit aux défenseurs démons pendant que les magiciens avaient l'esprit tourné ailleurs.

Il fallait reconnaître que les démons avaient été courageux. Jusqu'au dernier ils s'étaient lancés dans la mêlée pour tenter d'éliminer autant de magiciens que possible. Pas un seul ne s'en sortit vivant. Ce fut avec un grand soulagement que Philsem put enfin baisser son épée. Il avait réussi à tuer un démon de plus.

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MessagePosté le: 18 Déc 11:13    Sujet du message: Répondre en citant

16 – Victoire écrasante

La bataille tourna rapidement à la déroute pour les démons. Après plusieurs années de succès consécutifs, ils venaient de connaître une défaite retentissante, qui à elle seule ne devait pas être loin de toutes les victoires qu'ils avaient accumulées. Alors que la bataille semblait sur le point de se terminer, une nouvelle clameur attira l'attention de Philsem. De l'autre côté de la citadelle, il pouvait voir un bataillon de démons tenter une sortie. Ils savaient qu'ils étaient vaincus, et au lieu de tous mourir sur place, certains tentaient de s'échapper.

Face à une armée essentiellement organisée pour l'attaque, et dont les renforts étaient presque démobilisés dans leur assurance que la victoire finale était acquise, un groupe d'assiégés parvint ainsi à s'enfuir. Ils étaient peu nombreux et ne seraient probablement pas à même de causer beaucoup de dégâts. Néanmoins, la victoire écrasante fut quelque peu ternie par ce dernier fait. Il restait dans les environs des démons encore vivants qui seraient à même de témoigner de ce qu'ils avaient vu. Philsem espéra que le général qui tenait cette position allait se faire sévèrement réprimander, car il allait pour toujours rester une ombre sur cette journée autrement éclatante.

En y repensant, Philsem ressentit une grande fierté pour ce qu'il avait fait. S'il réalisait que son efficacité au combat était encore faible, il savait qu'il avait largement eu sa part dans la victoire. L'escouade sous ses ordres avait contribué à la création de la brèche dans les défenses de la forteresse, et surtout il avait eu la chance d'apercevoir et de réaliser à temps la menace qui était arrivée de l'extérieur. Un autre de ses hommes était mort dans la bataille. Mais au moins il avait l'impression qu'aucun d'entre eux n'était mort en vain. Mieux encore, il avait sentait qu'aucun des hommes morts aujourd'hui ne l'avait été en vain. Il réalisa également qu'il avait eu de la chance. Il avait échappé de justesse à la tempête de magie qui avait ravagé les rangs des deux côtés. Il s'en tirait finalement avec seulement quelques égratignures bénignes alors qu'il avait perdu la grande majorité de ses hommes. Avait-il été trop lâche, se protégeant au lieu d'attaquer ? Il n'en avait pourtant pas l'impression.

La semaine qui suivit fut chargée. Une énorme tâche de nettoyage les attendait. Il fallait brûler les corps avant que la maladie ne se répande. Chacun fit ce qu'il put pour donner une liste de ceux qui étaient tombés au combat. Philsem n'avait retrouvé aucun survivant parmi ceux qui ne s'étaient pas repliés en même temps que lui. Certaines escouades avaient été totalement annihilées, et il ne restait personne pour que les noms de ceux qui étaient tombés restent dans les mémoires, que leurs familles soient informées de leur destin.

Lorsque le nettoyage fut terminé, la grande armée célébra sa victoire avec faste. Des convois avaient amené des victuailles et de la boisson en quantité. Un nouveau défilé des héros eut lieu, contenant de nombreux nouveaux héros, pour remplacer ceux qui étaient tombés au combat. Ce ne fut que le lendemain de ce défilé que Philsem ressentit une certaine amertume. Personne n'avait retenu sa participation dans la défense des magiciens ou dans la création de la brèche. Il avait pourtant eu la chance de se trouver deux fois au bon endroit et au bon moment et il avait prit les bonnes décisions. Il tenta de chasser ses idées. Après tout, il était vivant et c'était le plus important, d'autant que ses deux amis étaient également là pour s'enivrer avec lui dans une célébration à la gloire de Thor et de tous les hommes.

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MessagePosté le: 18 Déc 14:08    Sujet du message: Répondre en citant

17 – La campagne continue

Rapidement, l'impression de victoire retomba. La nouvelle de la chute d'un duché voisin par une armée démone doucha l'enthousiasme de l'armée. Celle-ci se remit donc en marche pour rencontrer ce nouvel adversaire. Ils étaient encore tellement nombreux qu'ils restaient certains que la victoire était à nouveau à leur portée. Et pourtant, le moral avait largement chuté. Tous pensaient pouvoir rentrer chez eux après cette victoire. Ils avaient l'espoir que tous les démons seraient anéantis, ou qu'il en resterait tellement peu qu'ils s'enfuiraient à nouveau en enfer pour ne plus en ressortir.

La progression fut plus lente qu'elle ne l'avait été. Les hommes étaient fatigués et leur motivation n'était plus aussi importante. Les démons en profitèrent pour harceler cette grande armée. Dans son gigantisme et sa lenteur, elle était peu réactive. Mais contrairement aux escarmouches qui avaient eu lieu la grande bataille, il s'agissait maintenant d'un véritable harcèlement organisé. Les hordes qui attaquaient étaient composées de démons puissants qui se contentaient de causer quelques dégâts avant de fuir à nouveau, ne laissant pas aux hommes le temps de réagir. Les éclaireurs qui devaient protéger les flancs de l'armée d'attaques surprise étaient retrouvés morts sans jamais avoir le temps de donner l'alerte, au point qu'un jour les généraux décidèrent de ne plus détacher d'éclaireurs. Leur armée restait après tout trop importante pour que les démons aient véritablement la possibilité de leur tendre un piège.

Philsem suivait péniblement. Ses sens particulièrement affûtés donnèrent plusieurs fois l'alerte à temps pour contrer une offensive adverse, mais cela ne changeait finalement pas grand chose. Le temps qu'ils arrivent jusqu'au duché, celui-ci n'était que ruine. Il ne restait que quelques paysans qui s'étaient cachés et avait eu la chance d'échapper aux démons. Ces derniers avaient déserté les lieux, ne laissant aux hommes personne à combattre. Leur marche avait été vaine. L'armée campa tout de même sur place pendant plusieurs jours le temps que les généraux ne décident de la stratégie à suivre.

Ces jours furent calmes. Face à une armée retranchée et aux aguets, les démons n'osèrent rien tenter, pas même des attaques éclairs. Les blessures de Philsem étaient totalement cicatrisées. Il passait une bonne partie de ses journées à continuer de s'entraîner à l'épée avec ses amis. Il réalisait combien il avait progressé. Il avait maintenant dépassé Telkin, et arrivait souvent à tenir tête aux soldats qu'il affrontait, même s'il perdait encore la plupart du temps.

Un jour il fut convoqué par le comte de Brelmore en même temps que tous ceux qui dirigeaient d'autres hommes. Les généraux avaient décidé, et il allait faire connaître leur décision à ses hommes.


_ Nous allons nous séparer.

Pendant quelques instants, ceux qui étaient présent dans la tente se regardèrent sans comprendre. Le comte continua.

_ Les hordes démones sont nombreuses et de petite taille. Il est impossible pour une grande armée de les poursuivre et de les combattre efficacement. La grande armée va être divisée en plusieurs armées dont le but sera de chasser les restes des hordes hors de notre terre. Ce sera mieux encore si nous arrivons à les détruire.

Philsem réalisa que c'était probablement la meilleure solution. Néanmoins, cela signifiait que chaque armée serait plus vulnérable. Les humains risquaient à nouveau de connaître la défaite. Chaque combat serait plus difficile, car rapidement les démons auraient l'espoir de remporter quelques victoires, à moins qu'ils n'aient véritablement été décimés pendant la grande bataille, et que la seule chose qui leur reste soit quelques hordes semant le trouble comme un dernier baroud d'honneur. Il espéra qu'il y aurait suffisamment de mages pour protéger toutes les armées. Car si l'une d'entre elles se retrouvait sans protection face à un puissant sorcier adverse, les dégâts risquaient d'être inimaginables.
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MessagePosté le: 20 Déc 12:08    Sujet du message: Répondre en citant

18 – La mort d'un ami
Pendant plusieurs mois, l'armée du comte de Brelmore battit la campagne. Les escarmouches furent nombreuses, mais souvent de faible ampleur. A chaque fois que les démons se repliaient après une attaque éclair, la cavalerie les poursuivait, causant quelques dégâts dans leurs hordes avant de s'arrêter à son tour pour ne pas se retrouver trop isolée du reste de l'armée.

Philsem continua de progresser, et finit par découvrir que combattre les démons n'était pas la même chose que combattre d'autres humains. Il apprit à adapter sa façon de se battre en observant les meilleurs soldats de l'armée. Rapidement, il finit par être efficace. Il n'avait maintenant plus peur d'aucun démon. Et si certains étaient encore trop forts pour lui, il arrivait à leur survivre assez longtemps pour que le surnombre des hommes mène à la victoire.

Un soir, le comte réunit à nouveaux tous ses chefs de section.


_ Demain, nous allons affronter une armée plus forte que d'habitude. Elle campe au pied de la citadelle de Fraleick sans être parvenu à la prendre. Nous allons enfin pouvoir en découdre pour de bon, et porter un coup important à cette engeance. J'espère que Fraleick aura encore assez d'hommes pour pouvoir nous permettre de prendre les démons en tenaille.

Il avait un sourire carnassier à l'idée du massacre qu'il prévoyait pour le lendemain.

_ Par contre, nous avons été repérés par un de leurs éclaireurs volants. Ils vont donc nous attendre. Soyez prêt à une lutte dure, qui ne rendra la victoire que plus éclatante.

La réunion continua encore pendant près d'une heure avec quelques explications sur la stratégie et la description des lieux afin que les différentes unités soient aussi autonomes que possible une fois la bataille commencée.

La journée se déroula comme prévu. Le plan de bataille avait intelligemment tenu compte des réactions les plus probables des démons. L'unité de Philsem, re-complétée à vingt hommes, devait tenir un passage pour éviter que les démons ne s'échappent. Deux autres unités de la même taille se trouvaient à proximité pour compléter le piège. Philsem pouvait voir à une certaine distance celle dans laquelle se trouvaient Merjelon et Telkin. Il était heureux d'avoir ses amis à proximité pour combattre.

La première partie de la bataille se déroula au loin. L'armée humaine repoussa les démons contre la forteresse. Les portes de celle-ci s'ouvrirent pour laisser sortir une charge de cavalerie qui brisa leurs rangs, les dispersants en plusieurs groupes de petite taille n'ayant d'autre option que de s'enfuir.

L'un des groupes, composé d'une trentaine de démons, se dirigea en direction du groupe de Philsem. Il disposa ses hommes pour recevoir leur charge dans les meilleures conditions. Les deux autres groupes avaient placé leurs archers pour infliger autant de dommages que possible avant le contact. Mais au dernier moment, les démons changèrent de direction. Plusieurs d'entre eux tombèrent sous les traits humains, mais les autres parvinrent jusqu'au groupe où se trouvaient les amis de Philsem. Dès que les adversaires avaient changé de direction, Philsem avait choisi dix de ses hommes pour aller à leur chasse, laissant les autres garder le passage contre d'éventuels autres fuyards.

Quand le groupe de Philsem arriva au contact, il ne restait que cinq démons. Mais il pouvait voir les ravages qu'ils avaient eu le temps de commettre. Il ne restait face à eux que cinq humains. Philsem poussa un grand cri pour tenter de détourner leur attention, pour laisser quelques instants de plus à ses camarades. A sa surprise et à sa joie, deux démons tournèrent la tête et furent presque aussitôt abattus par leurs adversaires. Apparemment, tous les démons n'étaient pas d'une intelligence redoutable comme il l'avait craint parfois en voyant avec quelle efficacité ils contraient parfois leurs plans de bataille. Mais les trois autres continuèrent le combat, et un instant plus tard, leurs trois opposants furent à terre. Philsem fendit le crâne de l'un d'eux avant qu'il n'ait le temps de se retourner. Il ne s'occupa même pas des deux autres. A ses pieds gisait Merjelon. Sa tête était presque détachée de son corps tellement le démon avait frappé fort. Il n'y avait même d'espoir qu'il ait pu survivre au coup.

Le jeune homme sentit couler quelques larmes sur ses joues. Il n'arrivait pas à éclaircir ses idées. Il aurait dû repartir avec ses hommes, continuer d'organiser la défense, mais il n'y arrivait pas. Même s'il ne les avait jamais vu, il pensait à la femme et aux enfants qui allaient devoir se débrouiller seuls, refaire une vie sans l'espoir que Merjelon puisse un jour les aider. Il avait survécu à de nombreuses batailles, aux plus difficiles, assez pour avoir l'espoir de revenir vivant, mais celle-ci avait été celle de trop. Au moins sa famille aurait un privilège que nombre d'autres n'auraient pas. Ils sauraient ce qui était arrivé à Merjelon, il allait y veiller. Et il s'arrangerait pour embellir un peu ses actions, qu'il paraisse vraiment le héros qu'il aurait voulu être, et qu'il n'avait pas été loin d'être.

Il fut abruptement réveillé par une main sur son épaule. Telkin se tenait à ses côtés, l'ait presque aussi défait. Il n'y avait qu'un seul autre survivant dans sa section. Mais au moins étaient-ils vivants. Les nouvelles de la fin de la bataille leur parvint peu après. Seul un groupe d'une vingtaine de démons avait réussi à s'enfuir, et les pertes humaines avait été relativement faible étant donné la puissance des démons auxquels ils étaient opposés.
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MessagePosté le: 20 Déc 14:13    Sujet du message: Répondre en citant

19 – Impuissants

Depuis la grande bataille, les humains avaient récupéré l'essentiel des zones qu'ils avaient perdues les années précédentes. Les récits qui courraient sur ce qui avaient été trouvé dans ces zones renforçaient toujours plus la détermination des hommes à se débarrasser des démons jusqu'au dernier. Les scènes de carnages et de tortures auraient parues exagérées pour tous ceux qui n'avaient pas constaté ce que pouvaient faire les démons en ce matin de la grande bataille. Maintenant, ils savaient qu'aucune horreur n'était hors de leur portée. Mais certaines rumeurs disaient que les démons qui étaient tués renaissaient en enfer et pouvaient bientôt revenir sur le champ de bataille. La tâche paraissait donc insurmontable.

La situation n'était pas la même qu'avant la perte de ces zones, car même les territoires sous contrôle humain n'étaient maintenant plus à l'abri d'attaques de petites bandes. L'armée du comte de Brelmore commençait à être nettement plus réduite en taille et fut donc cantonnée à patrouiller relativement loin des points les plus chauds, chassant ces hordes, infiltrées pour semer la terreur dans des zones sous contrôle humain. Elles étaient en général relativement faibles et ne posaient guère de problème. Les mages de la compagnie étaient repartis au front, laissant le plus faible d'entre eux pour assurer un certain soutien magique afin de faciliter les combats. N'osant risquer leurs plus puissants sorciers, les démons qu'ils rencontraient étaient le plus souvent dépourvu de magie.

Un jour pourtant, cela changea. L'armée de Brelmore cheminait dans la baronnie de Derlame. Plusieurs bandes de petite taille avaient été repérées. Même s'ils causaient relativement peu de ravages, ils semaient tellement la terreur qu'il était temps de s'en débarrasser pour de bon. Pistant les traces d'une de ces hordes, l'armée déboucha dans une vallée, faisant face à une horde d'une ampleur inattendue. Les adversaires les attendaient de toute évidence, positionnés de façon favorable, prêts à dévaler les pentes pour harceler les flancs des humains.

Philsem se considérait maintenant comme un vétéran, aux même titre que tous ceux qui composaient cette armée. Ils n'eurent pas besoin de recevoir des ordres pour se mettre instantanément en position défensive. Le comte de Brelmore n'eut que quelques secondes pour donner des ordres afin d'améliorer le dispositif général, et rien n'eut le temps de parvenir jusqu'aux oreilles de Philsem. Les paroles se perdaient dans les hurlements que les démons poussaient pour tenter de déstabiliser leurs adversaires. Etant donné l'urgence de la situation, le mage les accompagnant ne perdit pas de temps. Même si leur puissance était réduite, il lança aussitôt des chaînes d'éclairs dans le but de ralentir l'attaque sur l'un des flancs.

Apparemment, les démons avaient bien appris leur leçon. Aussitôt que le magicien humain fut repéré, leurs propres sorciers l'éliminèrent. Laissés sans aucune défense magique, les humains étaient en mauvaise posture. Quelques instants plus tard, une pluie de feu s'abattait sur eux, semant la mort dans leurs rangs. Les hurlements des blessés se mêlaient à ceux des chevaux à l'agonie causant un vacarme encore supérieur à celui que les démons causaient un instant plus tôt. Ce qui sauva Philsem à cet instant fut le fait qu'il se trouve sur le flanc qui n'avait pas été protégé par le mage humain. Il lança ses hommes à l'assaut des démons qui dévalaient, et plusieurs autres chefs firent de même. Une fois au contact avec leurs assaillants, ils étaient plus ou moins à l'abri des incantations que les sorciers dirigeaient sur les groupes humains qui n'étaient pas encore en train de se battre.

La lutte fut rude. Les humains, qui étaient toujours en supériorité numérique, avaient le désavantage du terrain et leur moral affecté par le fait qu'ils affrontaient un pouvoir contre lequel ils ne pouvaient pas grand chose. Le comte de Brelmore tenta de rameuter à lui autant d'hommes que possible afin de tenter de se diriger vers un bosquet qui se trouvait non loin. Cela leur offrirait une position défensive plus efficace. Philsem parvint à se rallier à lui avec les hommes qui lui restaient. Il se battait plus pour progresser que pour tuer, mais il laissa tout de même deux démons morts derrière lui. Le groupe brisa soudainement l'engagement pour se mettre à courir vers le bosquet. Dans l'espoir d'obtenir une position défensive favorable, personne ne réalisa l'erreur qu'ils venaient de commettre. Cela aurait pourtant dû leur paraître évident. Alors que le fossé se creusait entre eux et leurs poursuivants, une pluie de feu s'abattit à nouveau. Philsem pouvait sentir la chaleur autour de lui, et même parfois sur lui, mais il ne restait à ce moment rien d'autre à faire que courir, il était trop tard pour revenir en arrière. Il pouvait entendre les cris de ceux qui étaient touchés par le feu. Lorsqu'il arriva enfin à l'abri des arbres, il vit que bien peu d'hommes le suivaient. Ils étaient trop peu nombreux et continuèrent à fuir dans la forêt plutôt que de rechercher le combat. Ils étaient maintenant dissimulés aux yeux des sorciers qui cessèrent de gaspiller leur pouvoir pour quelques fuyards.

Les hommes parvirent à se regrouper un peu plus loin. Il attendirent plusieurs heures avant de revenir avec prudence vers les lieux du carnage. Les démons avaient quitté les lieux, mais n'avaient pas oublié de laisser un dernier "cadeau" aux humains. La plupart des cadavres avaient été positionnés dans des positions obscènes, dégradantes. Celui du comte de Brelmore lui-même, ses restes calcinés reconnaissables uniquement à son armure, étaient le clou de la mise en scène. Les quelques hommes qui avaient survécu au combat mais avaient été capturés étaient proprement alignés comme des spectateurs pour assister au spectacle. Leurs membres avaient été coupés, les laissant à l'état de tronc. Plusieurs étaient morts depuis, mais un certain nombre étaient encore vivants, et conscients. C'est presque avec soulagement qu'ils virent leurs camarades arriver, les suppliant de leur ôter une vie qui était maintenant vaine.

Nombre furent ceux qui vomirent à cette vision, et Philsem fit partie de ceux-ci. Il se sentait presque coupable d'avoir fui et d'être encore vivant et intact après un tel carnage. Ils n'étaient plus que cinquante dans ce cas, plusieurs d'entre eux tout de même sérieusement blessés. Parmi eux, Telkin avait perdu un bras et boitait fortement. Il ne combattrait plus les démons, mais s'en sortait tout de même mieux que tous ceux qui étaient alignés devant eux. Tous demandèrent la mort, et tous l'obtinrent. Ils mirent deux jours à dresser un bûcher pour brûler leurs morts, leur rendant un dernier hommage pour le service qu'ils avaient rendu à la race humaine.

C'est sous les ordres d'un simple sergent d'arme qu'ils se mirent en route pour rejoindre le commandement humain, traumatisés devant l'impuissance qu'ils avaient ressenti face à la puissance de la magie.
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MessagePosté le: 21 Déc 10:46    Sujet du message: Répondre en citant

20 – Le don

Arrivant à la forteresse de Forcille où les principaux chefs humains dressaient les plans et attribuaient des missions aux différentes armées humaines, les survivants racontèrent leur histoire. Cela allait permettre aux chefs de revoir leur stratégie et de tenter de traquer les hordes démones dans lesquelles se trouvaient des sorciers d'une puissance significative. Mais ils étaient également intrigué car plusieurs de ceux qui avaient survécu, dont Philsem, racontaient avoir senti la chaleur de la pluie de feu les toucher, et pourtant ils s'en sortaient indemnes.

Ils furent donc envoyés auprès d'un puissant mage qui testa leurs capacités magiques. Tous les survivants qui racontaient avoir ressenti la chaleur sur eux possédaient un certain don qui ne demandait qu'à être développé. Ils réalisèrent alors que s'ils pouvaient former ainsi de nombres hommes dans les arcanes de la magie, ils seraient capables de former une force beaucoup plus puissante, beaucoup plus apte à résister aux démons.

L'apprentissage de la magie était normalement une tâche longue et difficile, mais en se concentrant uniquement sur certains talents nécessaires au combat, les magiciens estimèrent qu'ils pourraient rapidement obtenir certains résultats. Evidemment, de tels magiciens auraient de pouvoirs limités, et ne seraient d'aucune utilité dans le développement même des arcanes, recherches demandant érudition et prudence. Mais ces hommes pourraient certainement aider dans le cadre d'une guerre.

Lorsque Philsem apprit cela, il ne savait qu'en penser. Dans un premier temps, il fut rassuré. S'il possédait certains talents magiques, alors il serait plus à même de se protéger contre eux. D'un autre côté, il avait pu voir combien le magicien mineur qui les accompagnait avait été facilement éliminé par les sorciers adverses. Un tel pouvoir ferait de lui une cible privilégiée. Pourtant, s'il n'était qu'un parmi de nombreux autres, il aurait tout de même ses chances. Et puis il avait l'espoir que cela le rapprocherait de son Dieu. Il pourrait sentir la puissance même de Thor le traverser pour aller frapper ses ennemis. Oui, il désirait cela. Il se porta donc volontaire pour recevoir cet enseignement et ne fut pas surpris de constater que presque tous ceux qui avaient un talent firent de même. Ainsi les introduisit-on à la magie.


_ Sachez que la magie est difficile à maîtriser. C'est un pouvoir qui nous est octroyé par les dieux, aussi ne devez-vous pas oublier de les prier aussi souvent que vous le pouvez. Thor vous remplira ainsi de l'énergie nécessaire. Ensuite, c'est à vous d'apprendre à maîtriser cette énergie. Nous vous guiderons, et vous y arriverez, car vous avez le donc nécessaire.


A partir de ce jour, nombreux furent les humains qui furent testés, et nombreux furent ceux qui apprirent certains rudiments de magie. Les démons allaient avoir la tâche difficile, et grâce à toute cette nouvelle puissance, l'espoir de les anéantir naissait à nouveau.
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MessagePosté le: 21 Déc 11:37    Sujet du message: Répondre en citant

21 – L'apprentissage

Pendant les premiers jours, Philsem eut beaucoup de difficulté à se concentrer sur ses tâches. Il était victime d'un grand sentiment de solitude. Il avait perdu maintenant ses deux amis, et ses études ne lui laissaient guère le temps de socialiser pour s'en faire de nouveaux. Bien évidemment, il ressentait une franche camaraderie avec la plupart de ceux qui étudiaient avec lui. Après tout, ils venaient presque tous de l'armée du comte de Brelmore et avaient vécu ensemble les mêmes événements. Mais ce n'était pas la même chose. Et puis il se sentit moins vite à sa place que la première fois qu'il avait brandi l'épée après son recrutement. Jamais il n'avait imaginé maîtriser la magie pendant sa jeunesse.

Pourtant, après de longues semaines d'efforts, il commença à être capable de sentir la magie couler en lui et de créer des étincelles au bout de ses doigts. De la même façon que l'apprentissage de l'épée avait prit du temps, il savait qu'il lui faudrait encore plus de temps avant de maîtriser suffisamment la magie pour être d'une quelconque utilité. Pendant cette période, il ne délaissa pas totalement son entraînement à l'épée. Quand la tension mentale devenait trop importante, il découvrit rapidement que faire quelques passes d'épée avec certains de ses camarades d'étude permettait de tous les détendre.

L'armée du comte de Brelmore étant quasiment détruite, Philsem savait qu'il serait affecté à une nouvelle armée, et qu'on ne lui demanderait probablement pas son avis. Aussi n'arrivait-il pas à vraiment s'impliquer dans une quelconque amitié. En parlant avec certains soldats qui étaient dans le métier depuis de nombreuses années, il apprit que bien peu avaient de véritables amis, car les incertitudes de leur métier, les changements régulier, faisaient qu'ils se contentaient en général d'avoir simplement des camarades. Est-ce tout ce à quoi il aurait droit dorénavant, des camarades ? Il se demandait s'il pourrait vivre avec simplement cela.

Plusieurs il vit l'un de leur enseignant perdre patience devant la lenteur de la progression des étudiants. La plupart des enseignants n'avaient pas vraiment cette vocation, et ne réalisaient pas qu'ils avaient eux-mêmes mis des années à apprendre ce qu'ils savaient. Pourtant, ce qu'ils enseignaient était minimaliste, et quelques mois plus tard certains étudiants commençaient à être capable de produire de véritables boules de feu. Sans être assez puissants pour causer de véritables ravages dans les rangs ennemis, un nombre suffisamment important de ces mages mineurs pourraient créer une sorte de barrière de feu apte à impressionner les démons, et leur instiller une crainte suffisante pour les affaiblir, sans compter que cela allait tout de même en éliminer quelques-uns. D'autre part, les sorciers adverses ne sauraient plus vraiment où donner de la tête et auraient beaucoup plus de mal à identifier les cibles vraiment intéressantes.

Pourtant, le commandement humain donna l'ordre de continuer à éduquer les étudiants. Il fallait qu'ils en sachent plus, et il fallait qu'ils soient en nombre suffisant pour véritablement faire la différence. Alors que Philsem commençait à être capable de produire certains éclairs, le nombre des étudiants avait grandit de façon impressionnante, et certains des étudiants étaient utilisés pour assister les professeurs. Philsem dont l'autorité naturelle avait été identifiée fit partie de ceux-ci. Venant de connaître lui-même le processus, il fut à même plusieurs fois de débloquer certains étudiants.

Enfin, deux ans après avoir commencé, il fut déclaré prêt à rejoindre une armée. Pendant ces deux années, le conflit entre les humains et les démons semblait d'être équilibré. Chacun avait remporté quelques victoires importantes, mais les démons, s'ils continuaient de semer le trouble un peu partout, n'avaient par réussi à reconquérir de territoires de façon permanente. Philsem était maintenant capable d'invoquer des foudres suffisamment puissantes pour causer des dommages significatifs, et il avait même acquis un sort permettant de soigner les blessés. Il n'était pas et ne serait probablement jamais un puissant magicien, mais il allait être capable de peser toujours plus fort dans les batailles auxquelles il allait participer.

Un général convoqua les premiers éléments qui allaient partir et leur demanda à chacun de se choisir un nom de guerre simple. Il fallait créer de nouveaux héros, de nouveaux hommes pour galvaniser les humains sur le champ de bataille. Philsem n'eut besoin que de quelques instants de réflexion avant que ce nom ne lui vienne à l'esprit, comme s'il avait toujours été là, dans son inconscient, prêt à être invoqué.

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MessagePosté le: 21 Déc 15:44    Sujet du message: Répondre en citant

22 – Nouvelles batailles

Comme il l'avait prévu, Philsem fut intégré à une nouvelle armée où il ne connaissait personne hormis les trois autres guerriers-mages qui furent intégrés en même temps que lui. Les quatre hommes furent accueillis à bras ouverts, toute armée étant heureuse de disposer d'autant de force magique que possible. Les nouveaux venus furent convoqués dans la tente du général Verlond, duc de Rathmoln en compagnie de plusieurs chefs de section et des deux puissants mages qui faisait partie de cette importante armée.

_ Tout d'abord, soyez les bienvenus. Vous étiez peut-être des vétérans dans l'armée du comte de Brelmore, mais ici vous n'êtes guère que des soldats de valeur moyenne. Par contre, vos nouveaux talents sont inestimables. Vous serez affectés aux points les plus sensibles des combats, où vous pourrez frapper avec plus de précision. Vous serez en général les premiers magiciens à attaquer. Cela laissera un léger répit à Maltrand et Rabtanel.

Il désigna les deux autres magiciens.

_ Ils seront plus tranquilles et auront plus de temps pour localiser les sorciers adverses …

Sa phrase resta en suspend pendant seulement un court instant, mais le non-dit en fut évident pour Philsem: "pendant que vous attirerez leur attention". Il continua rapidement.

_ De plus Maltrand et Rabtanel continueront de vous former autant qu'ils le pourront. Vous ferez l'essentiel du voyage en carriole pour vous reposer et être aussi frais que possible quand nous aurons besoin de vous.

Philsem acquiesça en même temps que ses compagnons. Il était partagé au niveau sentiment. S'il n'avait pas envie de se trouver à nouveau sous une pluie de feu, le fait même qu'il y ait survécu la première fois grâce à ses pouvoirs lui donnait quelques espoirs de survivre à nouveau. Il avait appris à avoir une certaine confiance en ses capacités. Il plaignait surtout les soldats à côté desquels il serait amené à combattre. La plupart d'entre eux ne disposeraient pas de cette protection, et lui-même n'était pas encore assez puissant pour tenter de les protéger.

L'armée du duc de Rathmoln étant nombreuse, elle opérait sur le front, face à de puissantes armées démones. Plusieurs des capitaines du duc avait atteint le statut de héros et leur présence aidait à soutenir le moral des troupes. Pour son premier combat, Philsem participa à la prise d'une place forte démone. Intégré dans la première ligne, il progressa avec les troupes quasiment jusqu'au pied de la muraille. Là, les démons qui se trouvaient juste au-dessus furent surpris par une soudaine attaque de foudre. Cela laissa au hommes le temps de positionner leurs échelles et de monter, pendant que leurs adversaires tentaient de combler le vide laissé là. La proximité avait permis à Philsem et aux autres guerriers mages de frapper avec précision et efficacité. Les sorciers démons, tout puissants qu'ils soient, se trouvaient plus en recul n'avaient pas cet avantage, hésitant à risquer de toucher leurs propres troupes. Ils étaient de toute évidence surpris par le fait que les humains risquent des magiciens en première ligne. Pourtant, l'occasion de se débarrasser d'eux ne pouvait être manquée. Une pluie de feu s'abattit pour la deuxième fois sur Philsem. Collé à la muraille, il attendit qu'elle se termine. Hors de la vue des sorciers, ceux-ci n'avaient pu le cibler spécifiquement. Il constata que les trois autres étaient également vivants, comme lui, attendant que les sorciers ne doivent reprendre leurs forces. Autour d'eux se trouvaient de nombreux cadavres en train de brûler, majoritairement humains, mais également certains démons.

Les mages humains ayant gardé toute leur énergie pour cette occasion frappèrent les sorciers adverses avec toute leur puissance. La suite de la bataille consista en une lutte mètre par mètre pour faire céder du terrain aux guerriers démons, et la victoire fut finalement atteinte. Les pertes avaient été importantes, mais pour une armée attaquant une forteresse, elles étaient très raisonnables. Hélas, cette fois encore certains démons avaient réussi à s'enfuir. Il ne faisait aucun doute qu'ils allaient informer leurs chefs des détails de cette attaque et qu'ils trouveraient rapidement des stratégies pour les contrer.

Pendant les mois qui suivirent, l'armée prit encore deux autres forteresses, avant d'échouer lors de l'attaque suivante. La puissance des démons avait été sous-estimée et le duc dut retirer ses troupes avant qu'elles ne soient anéanties. Les démons n'étaient pas assez puissants pour tenter de finir le travail sur terrain ouvert et l'armée se retira sans plus de heurt, laissant tout de même de nombreux cadavres derrière elle, y compris celle de deux des jeunes magiciens qui avaient étudié avec Philsem. Les sorciers semblaient capables de cibler leurs proies avec plus de précision qu'auparavant, quelle que soit la technique qu'ils aient utilisée. Les humains allaient à nouveau devoir adapter leur stratégie s'il ne voulaient pas voir trop de ravages dans les rangs de leur guerriers-mages.

Quelques jours plus tard, alors qu'ils recevaient des renforts, Philsem entendit le récit d'une défense héroïque par l'armée du duc de Brelmore dans une gorge encaissée, finissant par une victoire inespérée. Comment cela était-il possible alors qu'il avait péri ? Pourtant, le rapporteur de l'information était formel et affirmait avoir vu lui-même le comte vivant.

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MessagePosté le: 22 Déc 10:42    Sujet du message: Répondre en citant

23 – Déroute

Pendant quelques mois encore la routine continua, les batailles s'enchaînant, certains se soldant par des victoires et d'autres par des échecs. Pourtant, aucun de ces échecs ne pouvait véritablement être considéré comme une défaite au même titre que la dernière bataille que Philsem avait livrée avec l'armée du comte de Brelmore. Il s'agissait en général simplement d'un repli sans que l'objectif désiré put être atteint. Dans ce cas, les généraux humains laissaient passer du temps en espérant que les défenses démones se portent ailleurs, ou ils envoyaient une armée plus puissante pour les déloger si la position était suffisamment stratégique.

Dans le même temps, les démons continuaient leur tactique de harcèlement, obligeant les armées humaines à être sans cesse en mouvement, en profitant parfois pour frapper plus fort afin de prendre une forteresse peu défendue ou de détruire une des armées. C'est ce qui arriva un jour à l'armée de Philsem. Alors qu'elle se dirigeait pour libérer une place forte récemment conquise, elle se trouva soudainement face à une armée démone en position défensive. Les démons étaient préparés et en attente, ne faisant aucun bruit, ne remuant aucune poussière, ce qui leur avait permis d'échapper à la vigilance des éclaireurs quasiment jusqu'au dernier moment. Les mages humains préparèrent aussitôt leurs incantations pour protéger leur armée d'une éventuelle attaque surprise. Ils attendaient le dernier moment pour ne pas gaspiller leur précieuse énergie. Le duc de Rathmoln prépara aussitôt ses troupes. La cavalerie se mit en place pour protéger les flancs tandis que l'infanterie se préparait à l'assaut. Face à une armée en position défensive, il aurait été suicidaire d'envoyer la cavalerie dans les pièges que les démons avaient probablement préparés.

Alors qu'il s'apprêtait à donner l'ordre de l'attaque, on lui rapporta des mouvements sur les flancs. De partout surgissaient de nouvelles unités démones. Ils étaient totalement encerclés, tombé dans un piège préparé à leur intention. Tout le monde compris la situation instantanément. L'ampleur de la horde qu'ils allaient devoir affronter ne leur laissait guère d'espoir, d'autant qu'il était très probable qu'elle soit accompagnée de plusieurs puissants sorciers. Lorsqu'ils tendaient un piège, les démons ne laissaient quasiment rien au hasard.

Philsem vit le duc lever son épée vers le ciel et rester sans bouger pendant un moment, comme s'il priait Thor une dernière fois avant de mourir. Le jeune homme savait que la situation était critique et qu'il vaudrait probablement mieux mourir que survivre à l'affrontement. Il avait encore en mémoire ce qui avait été fait aux captifs de l'armée de Brelmore, et de nombreux autres récits tous plus macabres les uns que les autres passaient d'une armée à l'autre. Si cela causait le désespoir dans le cœur d'un certain nombre d'hommes, d'autres au contraire étaient capables d'y puiser encore plus d'énergie, espérant la mort comme une délivrance, et n'ayant plus peur de combattre avec toute leur âme et tous les sacrifices que cela pouvait entraîner. A son tour, Philsem ferma les yeux et adressa ce qu'il supposa être une dernière prière à son Dieu.

Finalement l'ordre se répandit dans l'armée. Plutôt que de se faire massacrer comme des moutons, le duc décida de la partager en quatre grandes unités, chacune devant tenter le tout pour le tout pour s'enfuir. Seules deux seraient protégées par des magiciens puissants. Les autres, dont celle de Philsem, risquaient de se trouver bien dépourvues si un des sorciers majeurs se trouvait sur leur route. Cela permettrait également à chaque section de pouvoir se battre sans vraiment avoir à se soucier d'être attaquée dans le dos. Il espérait qu'au moins l'une d'entre elles parviendrait à s'échapper dans des conditions acceptables.

Pendant encore de longues minutes, presque une heure, personne ne bougea. Le duc voulait laisser avancer les démons pour tenter de jauger les zones dans lesquelles il était le moins probable qu'il y ait des pièges, afin d'y lancer sa cavalerie. Philsem pouvait voir la concentration sur les visages de Maltrand et Rabtanel. Il avait beaucoup appris à leurs côtés. Ils étaient particulièrement à même de connaître ce qui était le plus important lors des combats et le jeune homme avait commencé à maîtriser la création de boucliers magiques.

La patience du duc paya, et un groupe de démons se lança à l'assaut. Ce fut le signal pour chacune des sections de l'armée humaine. Sous les ordres d'un vassal du duc, Philsem se mit en route. Toute sa troupe se mit à courir dans la direction qui leur avait été assignée, cherchant à entrer en contact aussitôt que possible avec les démons, dans l'espoir d'échapper à d'éventuelles attaques magiques. De toute évidence, ils avaient eu la chance de n'être opposé à aucun mage et un instant avant que le contact ne se fit, Philsem et deux autres mages mineurs lancèrent une série d'éclair dans la même zone pour tenter de créer une brèche. Il se rua avec ses camarades dans la tranchée, espérant que ceux qui seraient sur leurs flancs parviendraient à tenir pour permettre au plus grand nombre d'entre eux de s'échapper.

Plusieurs failles se créèrent, et Philsem trouva plus d'un démon sur sa route, les laissant morts derrière lui. Il ne pensait plus à sa propre mort, à sa propre vie. Il était concentré sur son environnement et faisait ce qu'il fallait pour favoriser son avancée et celle de ses camarades. Il vit de nombreux hommes tomber sous les coups des démons et reçut lui-même plusieurs blessures légères. Alors qu'ils semblaient sur le point de réussir à sortir de l'étau démons, il vit plusieurs adversaires s'écarter. Dans la rage de la bataille, ils n'avaient pas réalisé que les démons avaient volontairement modifié leur ligne de faiblesse pour favoriser la fuite de leurs adversaires dans une certaine direction. Devant eux s'étendait une vallée sans la moindre protection apparente contre les attaques mortelles d'éventuels sorciers.

Pendant un instant, Philsem songea à se retourner pour causer autant de dommages que possible avant de succomber, plutôt que de mourir bêtement en tentant de s'enfuir. Mais à ce moment précis, son œil acéré repéra ce qui semblait être une fissure dans la roche qui formait le flanc de la vallée.


_ Avec moi ! hurla-t-il.

Nombreux furent ceux qui le suivirent. Comme il s'y attendait, il ne fallut pas longtemps pour que se mette à pleuvoir sur leur tête une avalanche de flammes. Il réunit toute la puissance dont il était capable, formant un bouclier aussi étendu que possible. Un seul des deux autres mages mineurs avait survécu à la traversée de l'armée démone, et il fut abattu par une colonne de flammes avant d'avoir pu se protéger. Philsem avait pu le voir utiliser la magie plusieurs fois, ce qui l'avait identifié comme une cible prioritaire pour les sorciers, tandis que lui-même s'était contenté de sortir de la mêlée à l'aide de son épée, avec laquelle il se sentait toujours plus à l'aise qu'avec des sortilèges. Cela lui avait également permis d'emmagasiner autant d'énergie que possible avant ce moment.

Tous les hommes qui se trouvaient autour de lui, sous la protection de son bouclier, parvinrent jusqu'à la crevasse. Ils furent suivit par quelques autres chanceux qui étaient passés entre les flammes. Sans doute certains avaient un talent magique latent qui pourrait être exploité s'ils survivaient à la journée. La crevasse s'avéra mener à un réseau de grotte qui leur permit finalement de s'échapper. Le dernier d'entre eux à être entré dans la crevasse dit qu'il avait regardé une dernière fois en arrière et avait constaté qu'aucun autre homme n'avait survécu dans leur section. Ils n'étaient plus que vingt-sept sur près de dix mille hommes qu'avait compté leur section.

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MessagePosté le: 22 Déc 13:30    Sujet du message: Répondre en citant

24 – Nouvelles d'un lointain passé

Suivant cette défaite, l'armée de duc de Rathmoln fut divisée et ses hommes réassignés à d'autres armée. Retournant en territoire humain, Philsem apprit qu'une de sections, celle du duc lui-même. La chance leur avait attribué l'opposition la plus faible et ils avaient pu la traverser avec relativement peu de pertes, même si eux même n'avaient guère non plus infligé de dégâts et n'avaient pas pris le temps de se retourner pour voir ce qu'il en était des autres. Aucun survivant ne fut reporté dans les deux sections restantes. Meltrand faisait partie de l'une d'entre elles.

A sa surprise, Philsem fut réassigné à l'armée du comte de Brelmore. Celui-ci était effectivement bien vivant. Philsem trouva rapidement une occasion de lui parler seul à seul.


_ Je croyais que vous aviez péri lors de la dernière bataille que j'ai livrée avec vous.

_ Hé bien non, comme tu peux le voir !

Ce fut tout ce qu'il put obtenir, le comte ignora ses autres questions et remarques et lui demanda d'abandonner le sujet.

Intégrant une unité de l'armée, il put voir une certaine admiration dans les yeux de ses nouveaux camarades à l'énoncé de son nom de guerre. De toute évidence certains de ses exploits avaient été relatés, et ils étaient fiers qu'un homme de Brelmore fut capable de tels actes. Quoi de mieux qu'être parmi les siens pour ressentir sa propre célébrité ? Même s'il n'était pas encore considéré comme un héros, il était maintenant plus qu'un simple combattant parmi d'autres.

Il profita de l'occasion pour chercher d'éventuels soldats qui seraient issus de son village. Il avait espoir de recevoir de bonnes nouvelles étant donné que le comté de Brelmore avait été jusqu'ici épargné par les démons. Et la plupart étaient effectivement bonnes. Il apprit de nombreuses naissances, la construction d'un nouveau temple à la gloire de Thor, l'agrandissement de la grange commune. Mais la nouvelle qui lui importait le plus fut mauvaise. Son père était mort seulement deux mois après son départ, écrasé par la chute d'un arbre lors d'une tempête alors qu'il tentait de porter secours à un animal égaré. Jamais il ne saurait que son fils était toujours vivant et avait survécu à de nombreuses batailles, commençant à connaître certains honneurs. Deux des dix qui étaient partis en même temps que Philsem étaient depuis revenus au village, ayant subi des blessures les rendant inaptes au combat. Ainsi lui furent narrés leurs retours.


_ Le second à revenir fut Berglenn.

Il avait été l'un de ceux qui s'étaient portés volontaires en même temps que Philsem.

_ Ses récits furent nombreux car il a participé à plusieurs batailles avant d'être blessé, perdant une jambe. Depuis qu'il est rentré au village, il enseigne quelques rudiments de combat aux enfants, pour que ceux-ci soient plus à même de lutter si jamais les démons viennent un jour jusqu'en Brelmore. Et puis l'armée a souvent besoin de nouvelles recrues. Autant que ceux qui sont choisis partent avec les meilleures bases possibles.

Il fit une pause avant de continuer, la mine un peu plus sombre.

_ Le premier était Tremal. Il est rentré moins d'un mois après être parti, et beaucoup soupçonnent qu'il s'est coupé la main lui-même pour échapper aux combats, même s'il n'a jamais rien voulu dire. En tout cas, plus personne ne lui faisait confiance et il a finit par partir mendier dans la capitale. Depuis nous n'avons plus de nouvelle et chacun s'en porte mieux.

Pour célébrer son retour dans l'armée de Brelmore, Philsem se vit offrir une épée. Il avait depuis longtemps abandonné la première qu'il avait reçue, après qu'elle se fut brisée lors d'une de ses nombreuses batailles. Mais pour la première fois il tenait entre les mains une véritable arme de qualité. Son équilibre la rendait particulièrement maniable, et le métal dont elle était faite était résistant et particulièrement tranchant. Il lui fallut très peu de temps pour bien l'avoir en main.

Il eut moins d'une semaine pour profiter du retour dans l'armée du comte de Brelmore avant son premier combat avec elle. Fort de son expérience, le comte s'entretenait régulièrement avec lui pour organiser les batailles, mais Philsem resta un guerrier-mage relativement indépendant, se trouvant là où on avait besoin de lui sans qu'aucune section ne lui fut attribuée. Néanmoins, ceux qui se trouvaient autour de lui ressentaient souvent le besoin de le protéger, d'aider à survivre l'un des symboles de cette armée. Philsem pensa: "Peut-être est-ce ainsi que les héros survivent à tant de bataille, bien qu'étant des cibles privilégiées. Quand ils ont atteint un statut suffisamment important, les autres meurent pour les protéger, car la mort d'un symbole est souvent pour une armée pire que celle de dix autres hommes."

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MessagePosté le: 22 Déc 15:33    Sujet du message: Répondre en citant

25 – Une vie éternelle pour une lutte éternelle

La lutte semblait éternelle, faite de succès et de défaites de part et d'autre. Chacune des deux parties mettait au point sans cesse de nouvelles stratégies, contrant celles de leurs adversaires. Les démons avaient eux-mêmes multiplié la présence de sorciers mineurs pour contrer les attaques humaines. Si parfois l'un des deux camps obtenait une victoire éclatante, elle était rapidement effacée par une débâcle tout aussi cuisante. De plus en plus souvent, des hommes assuraient avoir vu Thor lui-même se dresser au milieu de leurs troupes pendant une bataille, sa silhouette massive semant la terreur parmi leurs adversaires. D'autres rapports, beaucoup plus rares, mentionnaient la présence du Dieu des démons, Diablo. Mais rares étaient lors de ces occasions les survivants capables de témoigner.

Leur présence semblait parfois changer le court d'une bataille, et finalement entretenir un certain équilibre entre les deux forces. Il s'avéra rapidement que ces avatars étaient mortels. Le jour où celui de Thor fut abattu pour la première fois, le désespoir dans les rangs humains fut tel que l'armée fut éradiquée presque sans aucune résistance. Seuls quelques survivants témoignèrent. On constata plus tard que la destruction de l'un de ces avatars coûtait parfois tellement d'énergie à l'assaillant que cela leur coûtait parfois la bataille.

Philsem se posa quelques questions à cette période. Si Thor apparaissait, pourquoi son avatar était-il aussi faible, et pourquoi ne leur donnait-il pas à chaque fois la victoire ? Pourquoi semblait-il se délecter dans ce combat incessant, ne faisant rien de plus que maintenir l'équilibre ? La réponse qu'il trouva à ce moment là était simple. Thor cherchait qui parmi les humains étaient les plus dignes de confiance, il testait ainsi la foi de ses ouailles. Philsem avait bien l'intention de ne pas faillir et de lui monter qu'il était digne, et un jour, il pensa avoir réussi !

Fort de sa foi infaillible, il causait de plus en plus de ravages dans les rangs adverses, survivant à de nombreuses autres batailles. Son nom de guerre servait maintenant régulièrement de ralliement pour les troupes lorsqu'elles connaissaient des difficultés. Souvent ses boucliers magiques lui permettaient de protéger ses compagnons contre le plus gros des attaques magiques adverses. Arriva néanmoins le jour où il se trouva face à un adversaire trop fort. Au cœur de la bataille, il réalisa que les combats l'avaient éloigné de là où il devait être. Il tenta de rejoindre sa position et tomba face à un démon qu'il reconnut. Il faisait partie des démons que Philsem avait vu plusieurs fois, certainement un des héros adverses, si la même chose existait parmi les démons que parmi les humains. Le jeune homme hurla.


_ Thor !

Il se lança dans la bataille, y mettant toutes les techniques qu'il avait apprise, toute son énergie, s'auto insufflant la certitude qu'il ne pouvait que vaincre, et que la mort d'un tel démon ne pourrait que causer un grand tord à leur ennemi. Pourtant, les choses ne se passèrent pas comme prévu. Alors que son adversaire reculait, semblant déstabilisé par la rage de l'humain, son bras surgit en avant avec une vitesse telle que les réflexes de Philsem furent largement insuffisant pour lui donner une chance de se sauver. Il sentit les griffes acérées s'enfoncer dans sa poitrine. Le souffle lui manqua immédiatement et il n'eut même pas la possibilité de prononcer le nom de son Dieu une dernière fois. Un sentiment de terreur face aux ténèbres qui s'emparaient de lui se mélangea à un certain soulagement à l'idée que sa vie faite de batailles successives était enfin terminée, et qu'il allait enfin connaître la paix auprès de celui qu'il avait toujours servi. La douleur était tellement intolérable que son esprit l'ignora. Un vague dégoût s'empara de lui quand il vit la main pleine de sang qui se retirait de son corps, avec derrière le sourire de son meurtrier. Et puis il n'y eut plus rien …

… Jusqu'à ce réveil brutal. Il lui fallut de nombreuses minutes pour se demander s'il avait rêvé avant de réaliser que ce n'était pas le cas. Il ne se réveillait pas là où il s'était endormi. Il ne connaissait même pas le lieu où il était. La seule chose qui le rassura était qu'il vit des hommes. Il n'était donc pas prisonnier des démons. Il tâta sa poitrine et ne trouva aucune trace de blessure. Alors qu'il se redressait, un moine se dirigea vers lui.


_ Où suis-je ? Je me souviens de ma mort …

_ Tu es l'un des élus de Thor, mon fils. Il a reconnu en toi l'âme d'un homme véritable et t'a octroyé la capacité de renaître après la mort tant que tu combattras pour lui. Il t'a maintenant choisi pour être l'un de ses héros. Réjouis-toi car ta vie est maintenant éternelle.

Philsem ne sut que répondre. Pendant longtemps il médita, réfléchissant sur sa situation nouvelle. Cela voulait dire que sa vie allait maintenant être consacrée à la guerre, pourtant il avait réalisé en mourrant que cela n'était pas son but. Il ne rêvait que de paix. Mais peut-être que s'il parvenait à battre les démons la paix reviendrait. Peut-être Thor avait-il besoin de suffisamment de héros pour pouvoir s'assurer la victoire, et peut-être était-ce la raison pour laquelle il se contentait pour le moment de ce statut quo.
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