Un Cauchemar
Posté : 07 mai 23:27
Le petit être gigote sur le sol, il frémit quelques secondes sous les yeux fous de sa mère. Elle remue de toutes ses forces et tente de défaire ses liens sans y parvenir. Ceux qui l'entourent la regardent sans faire le moindre mouvement, sans exprimer le moindre son.
L'amas sanglant et mouvant est entouré d'une grande quantité de liquides aux textures et aux couleurs variées, allant du blanchâtre au rosâtre. Ses gestes sont désordonnés et ses cris restent muets. Ses lèvres sont soudées par une fine membrane gluante qu'il ne parvient pas à déchirer.
La lumière éclaire doucement la scène. Les participants à cette macabre cérémonie reculent dans un même geste de défense. Comme s'ils voulaient que la lumière du jour naissant ne les touche pas. Comme s'ils voulaient marquer cette nuit à jamais. Fixer dans leurs mémoires l'horreur de la scène. Ou tout simplement, comme s'ils voulaient éviter le moindre rayon de soleil. Leurs visages sont dissimulés par de lourdes capuches et les yeux de la femme n'arrivent pas à percer l'obscurité protégeant ses tortionnaires.
Aucune de ses pensées n'est cohérente, toutes les émotions imaginables s'entremêlent dans un puissant maelström. L'agonie de son enfant, la blessure de son ventre, les spectateurs fous, la haine, l'amour, la souffrance, plus rien n'a de sens, tout a du sens. Elle voudrait mourir, ou se venger.
Chaque bruit, qu'il soit issu du corps de la mère ou du nouveau-né, a son identité propre. Chaque bruit est parfaitement identifiable. Les liquides gouttant sur le sol, les mouvements du nouveau-né frappant les masses visqueuses autour de lui. Seuls les bruits comptent puisque les couleurs se mélangent autour de l'être. Deux fortes odeurs se mélangent, toutes deux sont issues de la jeune femme attachée, pourtant, ni les bruits, ni les odeurs ne semblent perturbés les macabres observateurs.
Lorsque l'enfant cesse de bouger, la lumière est presque arrivée à son niveau. La mère, inconsciente, ne fait plus le moindre bruit, ses poignets et ses chevilles sont marqués par les cordes les enserrant. Le sang s'y est imbibé avant de couler lentement le long de son lit de torture. Les spectateurs qui, jusque là étaient restés silencieux, avancent d'un pas en priant. Les paroles impies qu'ils prononcent font reculer la lumière. La noirceur d'une nuit sans lune s'immisce dans la pièce à partir de toutes les ombres s'y trouvant. Finalement, l'une des personnes se baisse et récupère le couteau laissé au sol. Elle en approche la lame près d'une bougie. C'est avec ce couteau que la cérémonie a commencé. La femme s'était couchée de son plein gré, un sortilège ayant vaincu toutes ses réticences. Sur le ventre, elle ne pouvait pas voir ce qui allait se passer autour d'elle. Sa robe était remontée et ses culottes ôtées. La lame avait caressé le bas de son ventre, juste à l'endroit où il commençait à s'arrondir. Dans une position très inconfortable, la femme commençait à gémir, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. C'était seulement avec son premier gémissement, que l'enfant s'était manifesté d'un mouvement et, que la lame, sans hésiter, s'était enfoncée. Le geste et la caresse qui jusque là étaient presque sensuels devenaient tout à coup ceux d'un boucher. La lame s'était enfoncée facilement dans la peau tendue, créant une brèche d'où des liquides de différentes couleurs et de différentes consistances étaient éjectés puissamment. Puis maniée d'une main d'expert, la lame avait continué sur sa trajectoire. Dessinant ainsi la base de la rondeur. L'enfant fut au sol presque aussitôt.
Le tortionnaire ne prêtait pas la moindre intention à sa victime. Laissant tomber l'arme au sol, il avait reculé pour rejoindre le cercle formé par les autres spectateurs.
La pièce, plongée dans l'obscurité devient la scène d'un crime encore plus horrible que le précédent. Les spectateurs se changeant en acteur d'un spectacle bien plus infâme encore que ce qu'il est possible d'imaginer. L'obscurité semble leur donner le pouvoir de faire ce pourquoi ils sont venus. Ils n'hésitent pas un instant, chaque geste ayant pu être préparé des mois à l'avance tant ils sont parfaitement réalisés.
Quelques heures plus tard, la lumière reparaît dans la pièce, elle entre en concurrence avec la clarté d'un incendie naissant. Des flammes lèchent doucement les murs et les meubles. Seuls le souffle court et discret des êtres encapuchonnés et des flammes se fait entendre. Sur le sol, ce qui aurait pu être un enfant n'est plus qu'une masse informe, indescriptible tant par son aspect que par l'odeur qui en émane. Le corps de la femme, atrocement mutilé, continue de remuer. Elle pourrait être encore en vie, mais personne ne s'intéresse plus à elle.
L'un des spectateurs ouvre la porte, tandis que les autres abandonnent la pièce en file indienne.
La porte se referme alors que les premières flammes lèchent le bas du lit.
Un sourire vicieux suivi d'un rire malsain s'imprègnent dans l'esprit de Partik. Il se lève brutalement, le front en sueur et le cœur prêt à le lâcher.
Il souffle bruyamment plusieurs fois. Puis il calme son corps tout en cherchant à calmer aussi son esprit...
- Qu'est-ce qui a pu m'arriver? Pourquoi ce rêve? Est-ce un message? Est-ce lié à quelque chose qui doit se passer, qui s'est passé?
Le prêtre démon se lève, se dirige vers son petit bureau et s'assoit, les bras allongés sur la table, et la joue collée à un vieux parchemin. Ses pensées partent dans de nombreuses directions avant qu'il ne parvienne à trouver une piste qui l'intéresse.
-Serait-ce le Lama qui m'indique par ces messages obscurs que je m'écarte trop de sa voie? Est-ce en rapport avec ces sœurs que j'ai croisé dans la forteresse? Est-ce tout simplement un ...
Tout à coup, une image le frappe... Il se souvient de ces derniers temps passés à chasser des ennemis de plus en plus loin de ses temples. La joie éprouvée dans ces traques ou ces rencontres avec ses futures victimes. Il repense aussi à ces sœurs aperçues rapidement...
Ses pensées se dissipent à nouveau, tandis qu'il se rendort affalé sur son bureau.
L'amas sanglant et mouvant est entouré d'une grande quantité de liquides aux textures et aux couleurs variées, allant du blanchâtre au rosâtre. Ses gestes sont désordonnés et ses cris restent muets. Ses lèvres sont soudées par une fine membrane gluante qu'il ne parvient pas à déchirer.
La lumière éclaire doucement la scène. Les participants à cette macabre cérémonie reculent dans un même geste de défense. Comme s'ils voulaient que la lumière du jour naissant ne les touche pas. Comme s'ils voulaient marquer cette nuit à jamais. Fixer dans leurs mémoires l'horreur de la scène. Ou tout simplement, comme s'ils voulaient éviter le moindre rayon de soleil. Leurs visages sont dissimulés par de lourdes capuches et les yeux de la femme n'arrivent pas à percer l'obscurité protégeant ses tortionnaires.
Aucune de ses pensées n'est cohérente, toutes les émotions imaginables s'entremêlent dans un puissant maelström. L'agonie de son enfant, la blessure de son ventre, les spectateurs fous, la haine, l'amour, la souffrance, plus rien n'a de sens, tout a du sens. Elle voudrait mourir, ou se venger.
Chaque bruit, qu'il soit issu du corps de la mère ou du nouveau-né, a son identité propre. Chaque bruit est parfaitement identifiable. Les liquides gouttant sur le sol, les mouvements du nouveau-né frappant les masses visqueuses autour de lui. Seuls les bruits comptent puisque les couleurs se mélangent autour de l'être. Deux fortes odeurs se mélangent, toutes deux sont issues de la jeune femme attachée, pourtant, ni les bruits, ni les odeurs ne semblent perturbés les macabres observateurs.
Lorsque l'enfant cesse de bouger, la lumière est presque arrivée à son niveau. La mère, inconsciente, ne fait plus le moindre bruit, ses poignets et ses chevilles sont marqués par les cordes les enserrant. Le sang s'y est imbibé avant de couler lentement le long de son lit de torture. Les spectateurs qui, jusque là étaient restés silencieux, avancent d'un pas en priant. Les paroles impies qu'ils prononcent font reculer la lumière. La noirceur d'une nuit sans lune s'immisce dans la pièce à partir de toutes les ombres s'y trouvant. Finalement, l'une des personnes se baisse et récupère le couteau laissé au sol. Elle en approche la lame près d'une bougie. C'est avec ce couteau que la cérémonie a commencé. La femme s'était couchée de son plein gré, un sortilège ayant vaincu toutes ses réticences. Sur le ventre, elle ne pouvait pas voir ce qui allait se passer autour d'elle. Sa robe était remontée et ses culottes ôtées. La lame avait caressé le bas de son ventre, juste à l'endroit où il commençait à s'arrondir. Dans une position très inconfortable, la femme commençait à gémir, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. C'était seulement avec son premier gémissement, que l'enfant s'était manifesté d'un mouvement et, que la lame, sans hésiter, s'était enfoncée. Le geste et la caresse qui jusque là étaient presque sensuels devenaient tout à coup ceux d'un boucher. La lame s'était enfoncée facilement dans la peau tendue, créant une brèche d'où des liquides de différentes couleurs et de différentes consistances étaient éjectés puissamment. Puis maniée d'une main d'expert, la lame avait continué sur sa trajectoire. Dessinant ainsi la base de la rondeur. L'enfant fut au sol presque aussitôt.
Le tortionnaire ne prêtait pas la moindre intention à sa victime. Laissant tomber l'arme au sol, il avait reculé pour rejoindre le cercle formé par les autres spectateurs.
La pièce, plongée dans l'obscurité devient la scène d'un crime encore plus horrible que le précédent. Les spectateurs se changeant en acteur d'un spectacle bien plus infâme encore que ce qu'il est possible d'imaginer. L'obscurité semble leur donner le pouvoir de faire ce pourquoi ils sont venus. Ils n'hésitent pas un instant, chaque geste ayant pu être préparé des mois à l'avance tant ils sont parfaitement réalisés.
Quelques heures plus tard, la lumière reparaît dans la pièce, elle entre en concurrence avec la clarté d'un incendie naissant. Des flammes lèchent doucement les murs et les meubles. Seuls le souffle court et discret des êtres encapuchonnés et des flammes se fait entendre. Sur le sol, ce qui aurait pu être un enfant n'est plus qu'une masse informe, indescriptible tant par son aspect que par l'odeur qui en émane. Le corps de la femme, atrocement mutilé, continue de remuer. Elle pourrait être encore en vie, mais personne ne s'intéresse plus à elle.
L'un des spectateurs ouvre la porte, tandis que les autres abandonnent la pièce en file indienne.
La porte se referme alors que les premières flammes lèchent le bas du lit.
Un sourire vicieux suivi d'un rire malsain s'imprègnent dans l'esprit de Partik. Il se lève brutalement, le front en sueur et le cœur prêt à le lâcher.
Il souffle bruyamment plusieurs fois. Puis il calme son corps tout en cherchant à calmer aussi son esprit...
- Qu'est-ce qui a pu m'arriver? Pourquoi ce rêve? Est-ce un message? Est-ce lié à quelque chose qui doit se passer, qui s'est passé?
Le prêtre démon se lève, se dirige vers son petit bureau et s'assoit, les bras allongés sur la table, et la joue collée à un vieux parchemin. Ses pensées partent dans de nombreuses directions avant qu'il ne parvienne à trouver une piste qui l'intéresse.
-Serait-ce le Lama qui m'indique par ces messages obscurs que je m'écarte trop de sa voie? Est-ce en rapport avec ces sœurs que j'ai croisé dans la forteresse? Est-ce tout simplement un ...
Tout à coup, une image le frappe... Il se souvient de ces derniers temps passés à chasser des ennemis de plus en plus loin de ses temples. La joie éprouvée dans ces traques ou ces rencontres avec ses futures victimes. Il repense aussi à ces sœurs aperçues rapidement...
Ses pensées se dissipent à nouveau, tandis qu'il se rendort affalé sur son bureau.