Reviens Léon, on a les mêmes à la maison !
Posté : 26 févr. 18:31
Un soir, il est venu l’ami ; celui que mes rêves de solitude n’auraient pu imaginer. Comme une présence étrangement familière à mon âme.
Il est patient, complexe et Prince des serpents. Il m’a envoûtée afin de me guider doucement vers l’apaisement.
Quand il regarde, les fées s’envolent frivoles répandre leur poussière d’or.
Quand il parle, c’est Eole qui fait bruisser Zéphyr dans les hautes herbes folles.
Quand son silence s’élève, le chant des oiseaux révèle la ville endormie.
Quand il rit, le tonnerre éparpille au loin le fracas de sa voix.
Quand il dort, Oubli s’envole à tire d’aile.
Quand il n’est pas là , son esprit persiste à mes côtés et ses pensées inondent mon âme comme les première pluies d’automne rafraîchissent les terres asséchées.
Il est plus que mon peuple, il l’est l’ami. Porteur d’espérance, de souffrance, de regret et même des phantasmes les plus secrets.
Sombre est la nuit qui recouvre notre monde. Douce la caresse du vent sur mon visage. J’espère, je guette, j’attends cet instant magique où il sera là .
Il est en chemin, je le sens. Mais je ne sais quand ses pas feutrés effleureront les dalles de notre cité ; je ne sais quand son sourire illuminera mon esprit.
Il sera là bientôt et sans mot dire, il m’apprendra à jouer au farceur de l’ombre. Nous irons gribouiller des poèmes dans les lieux d’aisance ; nous déposerons des fétiches dans les poches de ceux que nous aimons et des poupées de cire aux pieds de ceux que nous exécrons.
Et puis nous renouerons ce dialogue qui nous a maintes fois conduit aux petites heures du matin.
Le voilà qui arrive, le regard pétillant.
Mais ne reste-t-il pas un peu de temps pour profiter de la fébrilité de l’attente, pour un peu plus de silence, un peu plus d’avenir ?
Tout cela m’est précieux comme le souffle de la vie ; ses venues, ses départs. Aussi insaisissable qu’un reflet dans un miroir ; à peine plus audible qu’un nom murmuré. Juste un havre de paix, un moment volé.
Il s’est éclipsé ce matin sur la pointe des pieds et les oiseaux n’ont pas célébré le lever du soleil comme si Oubli leur avait cloué le cœur avant de tourner la page, notre page.
Cette nuit, je mettrai un peu d’ordre sur ma table d’écriture. Ranger mes grimoires, mes parchemins, mes plumes. Brûler ce recueil de Kenji Fujiwaka suffira-t-il à me faire oublier la justesse de ces mots :
Il est patient, complexe et Prince des serpents. Il m’a envoûtée afin de me guider doucement vers l’apaisement.
Quand il regarde, les fées s’envolent frivoles répandre leur poussière d’or.
Quand il parle, c’est Eole qui fait bruisser Zéphyr dans les hautes herbes folles.
Quand son silence s’élève, le chant des oiseaux révèle la ville endormie.
Quand il rit, le tonnerre éparpille au loin le fracas de sa voix.
Quand il dort, Oubli s’envole à tire d’aile.
Quand il n’est pas là , son esprit persiste à mes côtés et ses pensées inondent mon âme comme les première pluies d’automne rafraîchissent les terres asséchées.
Il est plus que mon peuple, il l’est l’ami. Porteur d’espérance, de souffrance, de regret et même des phantasmes les plus secrets.
Sombre est la nuit qui recouvre notre monde. Douce la caresse du vent sur mon visage. J’espère, je guette, j’attends cet instant magique où il sera là .
Il est en chemin, je le sens. Mais je ne sais quand ses pas feutrés effleureront les dalles de notre cité ; je ne sais quand son sourire illuminera mon esprit.
Il sera là bientôt et sans mot dire, il m’apprendra à jouer au farceur de l’ombre. Nous irons gribouiller des poèmes dans les lieux d’aisance ; nous déposerons des fétiches dans les poches de ceux que nous aimons et des poupées de cire aux pieds de ceux que nous exécrons.
Et puis nous renouerons ce dialogue qui nous a maintes fois conduit aux petites heures du matin.
Le voilà qui arrive, le regard pétillant.
Mais ne reste-t-il pas un peu de temps pour profiter de la fébrilité de l’attente, pour un peu plus de silence, un peu plus d’avenir ?
Tout cela m’est précieux comme le souffle de la vie ; ses venues, ses départs. Aussi insaisissable qu’un reflet dans un miroir ; à peine plus audible qu’un nom murmuré. Juste un havre de paix, un moment volé.
Il s’est éclipsé ce matin sur la pointe des pieds et les oiseaux n’ont pas célébré le lever du soleil comme si Oubli leur avait cloué le cœur avant de tourner la page, notre page.
Cette nuit, je mettrai un peu d’ordre sur ma table d’écriture. Ranger mes grimoires, mes parchemins, mes plumes. Brûler ce recueil de Kenji Fujiwaka suffira-t-il à me faire oublier la justesse de ces mots :
Lorsqu’il fallut quitter la béatitude, ce fut doucement que le kami, de l’autre côté du miroir, me poussa en arrière dans mon monde, pour que j’y revinsse boire à la coupe de l’ordinaire. Mais je portai longtemps en mon cœur, la force d’éternité qui s’était montrée, au porche de mon âme, éprise.
Le départ est toujours ouverture en soi d’une porte invisible, creusée dans le roc de glace de nos certitudes. Elle ouvre sur un monde lumière, cristal vibratile, qui répond à nos secrètes mélodies.