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Jumelles fatales

 
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Eowin
duc
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Inscrit le: 01 Mai 2007
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Thème: xm-jdr (983)

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MessagePosté le: 16 Mar 19:11    Sujet du message: Jumelles fatales Répondre en citant

La naissance

L’aube venait de se lever quand une des deux sages-femmes sortit de la chambre.

« Vous pouvez venir, monsieur. Tout s’est bien passé, elles sont magnifiques. »

Il sauta sur ses pieds et se précipita vers la chambre à coucher. Il avait attendu toute la nuit, entendant les cris de sa femme, luttant contre lui-même pour ne pas la rejoindre et laisser les accoucheuses travailler en paix. Il était tellement heureux que sa femme aille bien qu’il ne remarqua pas le pluriel utilisé par la sage-femme.
Quand il entra, sa femme tenait leur petite fille dans ses bras. La nuit qu’elle avait passée l’avait fatiguée et de gros cernes creusaient ses yeux. Mais son sourire était tellement resplendissant qu’il la trouva très belle, en cet instant.
Il fut sorti de sa contemplation quand la deuxième sage-femme, celle qui était restée dans la chambre lui déposa quelque chose dans les bras. Il baissa le regard pour voir de quoi il s’agissait. Il ouvrit grand les yeux, étonné, puis secoua la tête. Il regarda à nouveau. Non, il ne rêvait pas. Il avait dans les bras une petite fille, en tout point identique à celle que tenait sa femme. Les mêmes cheveux blonds, les mêmes yeux bleus. Des jumelles.
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Eowin
duc
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Messages: 2097
Thème: xm-jdr (983)

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MessagePosté le: 17 Mar 21:31    Sujet du message: Répondre en citant

La différenciation

Eowin et Polgara couraient à travers le petit village. Elles étaient maintenant âgées de 4 ans et s’entendaient à merveille. Elles se ressemblaient tellement que même leurs parents les confondaient parfois. A ces occasions, les jumelles entraient dans de vives colères, ne supportant pas d’être prise pour l’autre. Leur jeu les mena jusqu’à une petite rivière près de laquelle elles se reposèrent, épuisées.
Eowin était allongée de tout son long, arrachant un à un les pétales d’une fleur qu’elle avait cueillie. Polgara, elle, était penchée au-dessus de la surface de l’eau. Elle poussa soudain un petit cri d’excitation et appela sa sœur.

« Viens Eo ! Viens voir ce que je sais faire ! »

Eowin ne prit même pas la peine de se lever et s’approcha à quatre pattes du bord de l’eau. Elle ressentait l’excitation de sa jumelle et tenait absolument à savoir ce qui la provoquait. Quand elle arriva aux cotés de Polgara, elle ne vit rien du tout et en fut très déçue. Pourquoi sa jumelle l’avait-elle fait bouger ?

« Ne sois pas déçue, Eo ! Regarde mes yeux. » lui dit Polgara.

La déception de sa sœur l’avait atteinte, comme toutes les fortes émotions qu’elle pouvait ressentir. Une sorte de lien les reliait, véhiculant leurs sensations de l’une à l’autre.
Eowin regarda les yeux de Polgara et les vit passer du bleu au vert. Elle eut un cri d’étonnement.

« Mais comment fais-tu ça ? C’est incroyable ! »

« Je ne sais pas trop… Mais si j’arrivais à les garder verts tout le temps… »

« Plus personne ne nous confondrait ! » s’exclama Eowin.

Les jumelles s’étreignirent, heureuses d’avoir trouvé une solution à leur problème.

« Mais il ne faut le dire à personne. Pas tant que tu ne contrôles pas tout à fait "ton truc". » reprit Eowin, le visage grave.

« Promis, Eo, je ne dirai rien. » lui répondit Polgara.



Les jours passèrent et les jumelles gardèrent leur secret. Elles continuaient à jouer ensemble et se rendaient de temps à autre à la rivière. Polgara arrivait à maintenir ses yeux verts de plus en plus longtemps. Par contre, Eowin était frustrée : elle avait beau se concentrer autant qu’elle le pouvait, ses yeux conservaient obstinément leur couleur bleue. La patience, n’étant pas sa principale qualité, il arrivait de plus en plus fréquemment qu’Eowin s’en aille, abandonnant sa sœur, furieuse et écœurée de ne pouvoir réussir ce dont se jumelle était capable.
Après un certain temps, Eowin refusa d’accompagner encore sa jumelle à la rivière. Ce fut la première période de froid entre elles. Elles avaient toujours tout partagé et tout fait ensemble. Elles ne s’adressèrent plus la parole pendant plusieurs jours après s’être disputées violemment.
Eowin ressentait comme un grand vide en elle. Sous le coup de leur colère, les jumelles avaient toutes les deux instinctivement fermé leur esprit à l’autre. Mais Eowin était trop têtue que pour se rendre à la rivière où Polgara passait de plus en plus de temps afin de lui présenter ses excuses. Au lieu de cela, elle rechercha du réconfort chez les autres enfants du village. La compagnie des filles la lassa rapidement. Quel était l’intérêt à jouer à la maman avec une stupide poupée de chiffon ?Ainsi se tourna-t-elle vers les garçons et leurs jeux plus brutaux, au grand dam de sa mère, criant d’effrois chaque fois que sa fille revenait couverte de bleus et de boue, les habits troués.
Un après midi, alors qu’Eowin mettait à terre et rouait de coups un gamin qui avait osé la défier, une chose qui n’avait pas eu lieu depuis bien longtemps se produisit. Elle ressentit une joie et une excitation qui n’était pas la sienne l’envahir. Eowin mit quelques secondes avant de réaliser qu’il s’agissait de celle de Polgara. Elle se releva d’un coup et partit en courant vers la rivière, laissant derrière elle sa victime heureuse de s’en sortir à si bon compte et tous ses amis, étonnés de la voir ainsi les délaisser.
Polgara sentit que sa jumelle arrivait. Elle était encore trop loin pour qu’elle la voit ou qu’elle l’entende, mais elle le savait. Elle se redressa et se mit à marcher à la rencontre d’Eowin.
Quand celle-ci arriva, elle arrêta d’un coup se course folle, stoppée en plein élan par ce qu’elle voyait. Polgara fut fort amusée par la réaction de sa sœur et cet amusement irrita Eowin qui eut envie de la frapper avant de se ressaisir. Polgara avait les yeux d’un vert étincelant et ses cheveux étaient maintenant bruns, contrastant avec la chevelure dorée d’Eowin. Les traits de son visage avaient aussi changés de manière imperceptible. Mais il était à présent impossible de confondre les deux jumelles, bien que leur ressemblance soit encore troublante.

« Tu as réussi ! » s’exclama Eowin, soudain folle de joie.

« Oui, j’arrive à maintenir cette apparence tout le temps et sans effort » répondit Polgara , de la fierté dans la voix.



Eowin avait demandé à ses parents de s’installer dans le petit salon car elle avait « quelque chose de la plus haute importance » à leur dire. Les parents avaient été amusés par l’air grave et le sérieux de la petite fille. A présent, ils attendaient patiemment se demandant ce que leur voulait leur fille.
Eowin entra dans la pièce et se planta en face d’eux.

« Papa, Maman, … J’ai une nouvelle importante. A partir de maintenant, les choses ne seront plus pareilles à la maison. »

« Oh ! Ma chérie ! Tu as trouvé un petit camarade à ton goût et vous êtes amoureux ?! » s’exclama joyeusement la mère d’Eowin.

L’enfant parut perdue pendant plusieurs secondes. Amoureuse ? Elle ? Et puis quoi encore ?! C’était bon pour les gamines qui jouaient à la poupée, ça ! Elle, elle était une guerrière, une vraie !

« Non ! s’écria Eowin. Maman, s’il te plait, ne raconte pas n’importe quoi ! Je voulais parler de polgara. A présent, plus personne ne nous confondra. »


Avec une synchronisation parfaite, Polgara entra à son tour dans la petite pièce. Le père en resta muet d’étonnement, tandis que la mère laissait échapper un petit cri.
Avant qu’ils n’aient pu dire quoi que ce soit, Eowin reprit :

« Pol arrive à faire ça je ne sais pas comment et je m’en fous, mais le fait est là : Nous sommes différentes. »




Malheureusement, la transformation n’eut pas l’effet escompté. Les gens du village regardaient Polgara avec méfiance et médisaient derrière son dos. « C’est une sorcière » « Elle n’a rien à faire ici. » « Je refuse que mes gamins l’approchent ! » « Brûlons-la, nous en serons débarrassés ». Tels étaient les propos tenus dans ce charmant patelin campagnard.


Dernière édition par Eowin le 12 Fév 20:12; édité 1 fois
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_Polgara_
portier
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MessagePosté le: 15 Avr 12:40    Sujet du message: Répondre en citant

La fuite du village

Polgara avançait, tête basse, faisant semblant d’ignorer les remarques blessantes que les habitants de son village lui lançaient sur son passage.
« Ce n’est que de la magie, non pas de la sorcellerie » se dit-elle tristement.
Elle arriva enfin à la chaumière de ses parents puis se dirigea vers sa chambre après avoir échangé un bref regard avec sa sœur qui ressentait sa peine d’être ainsi rejetée.
Elle se laissa tomber sur sa paillasse dans un long soupir.
Cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle songeait à partir, elle avait envie de fuir tout son village, mais elle pensait aussi à sa sœur, son départ lui briserait le cœur.

Polgara s’endormit. Quand elle se réveilla, la nuit était tombée depuis une heure, sa sœur dormait à poings fermés.
La pleine lune éclairait vivement la nuit, si bien qu’elle eut envie de sortir pour aller à la rivière. Elle attrapa une veste qui traînait dans sa chambre et sorti sans bruit de la chaumière.
Elle se mit a courir jusqu'à son endroit préféré, la ou elle passait la plupart de son temps. Elle s’assit sur la berge et regarda la lune tout en réfléchissant.
Elle pensait à l’enfance heureuse qu’elle avait passée avec sa sœur jumelle qu’elle aimait tant. Malgré les petits différents qu’elles avaient pu avoir, elles avaient compris que jamais rien ne les séparerais, il existait entre elles un lien que rien ne pourrait briser.
Elle frissonna, la température chutait rapidement.
« Je vais rentrer » dit-elle tout haut, puisque personne ne pouvait l’entendre à cette heure tardive de la nuit. Elle pensait à la panique de sa sœur si jamais elle ne la voyait pas dans son lit quand elle se réveillerait.
Alors qu’elle marchait, un coup de tonnerre éclata soudain. Elle sursauta et commença à presser le pas, sentant sa peur des orages refaire surface. La foudre tomba et enflamma un arbre quelques pas seulement devant elle, Polgara en resta paralysée de terreur pendant quelques secondes, puis se reprit en se calmant.
« Respire, respire », se répétait-elle.
Un second coup de tonnerre éclata, cette fois la panique s’empara d’elle et elle se mit a courir droit devant elle, ignorant les ronces et les branches d’arbres qui lui lacéraient les vêtements et le visage.
« Un abris, vite » réussit-elle enfin à former dans son esprit embrouillé par la peur.

Polgara courait depuis bientôt 1heure dans le grondement du tonnerre et le déluge de la pluie et du vent quand elle aperçut enfin une grotte. Epuisée par sa peur et sa course folle, elle courut de toute ses forces et s’enfonça dans le fond de la grotte, grelottant de froid.
L’orage se calmait et Polgara finit par s’endormir, enroulée en position fœtale dans sa petite grotte à l’abri de l’humeur fâcheuse du temps.

Au petit matin, elle ouvrit les yeux et dut faire un effort énorme pour délier ses membres tout endolorit. Elle se traîna jusqu'à l’ouverture de la grotte quand soudain elle aperçut quelque chose qu’elle n’avait encore jamais vu. Elle voyait…une moitié de cheval mélangée à une moitié d’homme.
« Comment cela était-il possible ? » se demanda-t-elle étonnée.
N’ayant jamais vu de centaure de sa vie, elle resta cachée dans l’ouverture de la grotte à observer l’étrange créature jusqu'à ce que celle ci tourne son regard vers elle.
« Il m’a vu, pensa-t-elle, je vais sortir. »
Elle s’extirpa tant bien que mal de sa petite cachette et s’avança, hésitante vers l’homme-cheval.
« Qui es-tu ? »demanda-t-il.
« Je…je.. suis Polgara, je me suis perdue pendant la tempête. » balbutia-t-elle.
Voyant qu’il ne répondait pas, elle tenta un timide :
« Et vous ? »
« Je suis Némo petite fille, et je suis centaure. »
« Ecoutez, j’ai faim, soif et je suis épuisée, puis-je rester avec vous le temps de retourner chez les miens ? »
« Eh bien, je n’y vois pas d’inconvénient et mes semblables n’en verront pas non plus je pense, tu peux venir. »
« Je vous en remercie. »
Ainsi, elle suivit Némo jusqu’au campement des centaures, ou régnait déjà malgré l’heure matinale une ambiance chaleureuse. Il la conduisit jusqu’au festin et elle avala goulûment tout ce qu’elle trouva sous la main.

Elle resta la nuit chez les centaures, puis les jours passèrent et elle se plaisait de plus en plus dans la race des centaures. Dans ce peuple, les gens l’acceptaient comme elle était, il ne la jugeaient plus sur sa particularité étrange de maîtriser la magie. Elle n’avait pas envie de retourner chez les hommes malgré le faut que sa sœur lui manquait cruellement.
Le soir dans sa hutte, dont elle avait hérité dès son arrivée, elle pensait souvent à sa jumelle, qu’elle avait abandonné sans rien lui dire. Mais Eowin savait ce qu’elle avait vécu chez les humains, elle comprendrait, elle lui en voudrait beaucoup c’est sur, mais elle comprendrait ; après tout c’était sa sœur.

Les centaures aimaient bien cette petite humaine aux mœurs étranges qu’ils avaient adoptés un soir de tempête. Elle s’était vite habituée à leurs habitudes et ils n’avaient jamais su quelles étaient les raisons de son arrivée, ils avaient trop peur de la blesser.

Cela faisait bien des années maintenant qu’elle était chez eux, sa magie s’était accrue, et son corps avait changer. Elle était devenue une superbe femme brune aux yeux verts au milieu des centaures.
C’est seulement un matin, elle se leva a l’aube comme d’habitude, qu’elle sentit que quelque chose allait changer;
« Ma vie va prendre un tournant, se dit-elle. »
Elle savait qu’un événement approchait, elle l’avait pressentit, mais elle ne savait pas de quoi il s’agissait.

Ca n’allait pas tarder….
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“To give all, to sacrifice all without expecting to get anything in
return"
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niaboc
archiduc
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MessagePosté le: 20 Sep 12:31    Sujet du message: Répondre en citant

Rencontre.

Niaboc maudissait Hallaserke tout en marchant à la recherche du seul arbre des terres Iksémiennes.

_ Chercher un bout d’ bois pour faire une flûte ! j’ t’ en foutrais moi ! » marmonna Niaboc tout en tapant du pied dans un caillou qui ne lui avait rien fait. « Depuis l’ temps qu’il est là ce vieux fossile, il devrait bien savoir où il s’ trouve cet arbre de malheur ! Mais non ! Faut tout faire soit même ! ».

Cela faisait maintenant plusieurs jours que Niaboc était en quête de l’instrument de musique. Il n’en voyait pas le bout et commençait sérieusement à bouillir sous son casque. Il ne prenait même plus de précaution pour se déplacer silencieusement, ce qui n’est pas une mince affaire avec tout ce bardas que porte les conserves.
Il finit par s’asseoir contre la façade d’une bâtisse perdue dans la campagne. Un toit bleu et des colonnes, avec pour seul ornement le visage de Thor, dieu des zhoms. Une architecture simple mais qui était appréciable tant le soleil cognait. C’était le seul coin d’ombre que Niaboc avait pu trouver.
Il enleva ses bottes pour laisser reposer ses pieds, et aussi les aérer, posa son casque à coté de lui et observait les hautes herbes se balancer au gré du vent. Niaboc finit alors par s’endormir, las de son voyage.

Un brouhaha le réveilla en sursaut. Il mit quelques instant à retrouver ses esprits. Il crut même être en train de rêver lorsque qu’il aperçut un moine courir hors du temple, hurlant comme un perdu…et sans sa toge, allez savoir pourquoi.
Il se frotta les yeux puis secoua la tête pour se réveiller, ne croyant pas ce qu’il venait de voir. Le boucan continuait. Il provenait de l’intérieur du bâtiment. Jetant discrètement un coup d’œil pour jauger la situation, il vit qu’on se battait.
Niaboc ne voulut pas en savoir davantage. Il laissa la bataille derrière lui, préférant ne pas se mêler des bondieuseries.

« Après tout, ils se débrouilleront bien sans moi » se dit-il à lui même. « et puis j’ai autre chose à faire ».

Quelques minutes plus tard, il vit enfin ce qu’il cherchait. L’arbre ! il l’avait trouvé. Mais Niaboc fut surpris de voir une créature au pied de celui-ci. Il s’approcha doucement pour ne pas l’effrayer par le tintamarre de son armure, mais rien n’y faisait alors à quoi bon. Il constata alors qu’il s’agissait d’une jeune femme brune. Elle savourait une pomme assise contre le tronc de l’arbre.

_ Bien l’ bonjour. ».
Elle leva les yeux sur Niaboc et jeta le fruit réduit à l’état de trognon.
_ Bonjour. Qui es tu ? et que viens tu faire ici ?» répondit-elle sur la défensive.
_ Mon nom est Niaboc. C’est ce vieux fou d’Hallaserke qui m’a confié une mission. ».
_ Tu ne viens pas ici pour me nuire ?! ».
_ N..non. Pas du tout. J’ai juste besoin d’un morceau d’bois de cet arbre. C’est pour faire une flûte.». Elle s’en moquait peut-être mais bon. Au moins, elle savait qu’il ne lui voulait pas de mal.

_ A qui ai-je l’honneur au fait ? » poursuivit Niaboc, s’étant rendu compte de son impolitesse.
_ Je m’appelle Polgara. » fit celle-ci en se calant contre le tronc de l’arbre. « Viens donc t’asseoir. Nous pourrions faire connaissance en savourant ces pommes bien juteuses. ».
L’invitation était tentante. Après tout, une petite pause ne ferait lui pas de mal. Mais non. Il était pressé d’en finir avec cette mission.

_ Ah ? euh…oui, hem, dès que j’aurais mon morceau de bois, pourquoi pas.

Polgara sembla déçue de cette réponse mais ne fit pas plus de commentaires. Elle mordit dans son fruit à pleines dents, ne faisant plus cas de Niaboc. Il tendit les bras vers une branche basse et commença à tirer dessus.

_ Si vous pouviez vous déplacer un petit peu, je ne voudrais pas vous blesser en essayant de faire tomber une branche. Vous voyer mademoiselle ? ».

Elle mettait Niaboc mal à l’aise. Il ne l’a quittait pas des yeux et il n’aurait su dire pourquoi.

_ Mais bien sûr. ». Elle se leva et lissa le devant de sa robe. « Tu es bien attentionné pour un parfait inconnu. Mais si j’étais toi, je pense que je garderai mes yeux rivés sur la branche. ».

Il se sentit devenir rouge pivoine. Mais le conseil de la jeune femme n’était pas de trop. La branche commençait à céder, mais tout concentré qu’il était sur son changement de couleur intempestif, ne s’en rendit pas compte. CRAAAC ! Emporté par son élan, il se retrouva étendu sur le sol, complètement abasourdi. Il se releva avec peine et le rire malicieux de Polgara n’arrangea pas son humeur. Il prit conscience du ridicule de la situation et se mit à rire lui aussi.

_ Je t’avais prévenu pourtant. Tu ne t’es pas fait mal au moins.
_ Non non. C’est bon.
_ Au moins tu as ta branche. Hihi. Tu vas pouvoir faire ta flûte.
_ Oui. Je sens que ça va me prendre du temps.
_ Je peux rester pour te tenir compagnie si tu veux.
_ Ah…euh…oui. C’est gentil. ». Il repassa au rouge vif, ce qui eut pour effet de faire sourire Polgara.

Niaboc ne vit pas le temps passé. Polgara et lui discutaient de choses et d’autres pendant qu’il s’évertuait à tailler la flûte. Remarquez, il ne s’en plaignait pas de galérer comme un aveugle opérant un appendicite, ça lui laissait plus de temps en compagnie de Polgara.
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Eowin
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MessagePosté le: 23 Nov 19:13    Sujet du message: Répondre en citant

TOURNANT


« Comment ça, tu reviens parmi nous ? » s’exclama Eowin.

La jeune femme parcourait la pièce de long en large, tentant de ne pas céder à son caractère colérique. Elle en voulait toujours à sa sœur de l’avoir quittée sans un mot quelques années plus tôt. Elle s’était enfermée dans sa chambre une semaine complète, n’ouvrant sa porte que pour prendre le plateau de nourriture que sa mère, désespérée, lui apportait trois fois par jour. Les gamins du village venaient sous sa fenêtre et criaient pour la faire ouvrir le battant. Mais elle restait pelotonnée dans le coin le plus éloigné de la pièce, les yeux perdus dans le vide. Elle ne ressentait plus de sentiments propres, ne vivant que par les flashs émotionnels de sa sœur. Elle avait eu peur en même temps qu’elle, avait été effrayée par la nuit sombre, par le manque de repères et par la rupture avec son ancienne vie que sa sœur vivait. Mais au fil des jours, les sentiments de Polgara s’étaient mués en joie et en émerveillement. Quelque chose s’était alors réveillé au fond du trou noir que formait l’âme d’Eowin. Comme un sentiment d’injustice. Polgara menait la grande vie alors qu’elle dépérissait dans cette petite chambre. Elle était sortie de sa léthargie avec un grand cri, s'arrachant au vide qui l'engloutissait. Elle se rendit dans l'ancienne chambre de sa jumelle, y pris quelques affaires et sortit de la maisonnette, passant devant ses parents qui la regardèrent s’en aller sans savoir quoi faire. Eowin se rendit à la rivière et y jeta les affaires de Polgara, se jurant de vivre sa propre vie sans plus se soucier de sa soeur.
Les mois qui suivirent, Eowin mena une existence plutôt heureuse. Elle continuait à s'entraîner au combat avec les garçons, méprisant toujours les filles.
A présent, Polgara était revenue dans leur village, porteuse d'une bonne nouvelle. Ou du moins, c'est ainsi qu'on nomme ce genre d'information. Elle allait se marier. Mais plus encore, elle allait abandonner les centaures pour revenir parmi ceux qu'elle appelait "les siens". Eowin fulminait. Elle avait envie de hurler à Polgara que c'était SON peuple à ELLE et que Polgara n'avait rien à y faire. Elle était partie, l'avait abandonnée, l'obligeant ainsi à s'occuper de tout. Et maintenant, madame voulait revenir comme si de rien n'était?
Quelques tours de pièce plus tard, Eowin s'immobilisa.

"Très bien.... Reviens chez les Zhoms, je t'en prie. Mais je ne serai pas là pour te souhaiter la bienvenue. Moi aussi je veux voir d'autres horizons. J'en ai marre de ce village perdu au milieu de nulle part."

Elle se précipita dans sa chambre cachant ses larmes à sa jumelle. Elle rassembla le peu d'affaires qu'elle possédait et les fourra dans son petit sac à dos. Elle laissa un mot adressé à ses parents sur son lit puis lança son sac par la fenêtre. Elle redescendit l'escalier et passa rapidement devant sa soeur sans lui accorder un regard. Elle récupéra son sac dans la petite cour et marcha vers l'entrée du village.
Elle venait à peine de franchir la porte du petit mur d’enceinte quand quelqu’un couru derrière elle, criant son nom. C’était le fils du forgeron, son meilleur ami, le seul avec qui elle acceptait de parler de sa sœur. Il l’avait vue quitter sa maison d’une démarche raide et avait compris ce qu’il se passait. Il avait couru jusqu’à la forge de son père puis avait rattrapé la jeune fille.

« Eowin ! … Eowin, attends ! »

Le garçon était à bout de souffle.

« Je… Je voulais te donner ceci. Tu en auras sûrement besoin. Et je voulais aussi te souhaiter bonne chance, quels que soient tes projets. J’espère qu’on se reverra un jour. »

Il lui tendit un long paquet emballé dans du tissu. Eowin le prit et en dévoila son contenu. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant une épée rangée dans son foureau. Elle n’avait jamais eu les moyens de s’en payer une et c’était sans nul doute le plus beau cadeau qu’on pu lui faire. Elle releva la tête pour remercier son ami mais il n’était déjà plus là.
Après un dernier regard vers son village, Eowin repris sa route, se dirigeant droit devant elle, vers l’inconnu, vers sa nouvelle vie.



Eowin était face à un dilemme. Elle ne voulait plus appartenir à ce peuple. Plus tant que sa sœur y était. Mais elle ne connaissait rien du monde qui entourait son village. Ne sachant pas quoi faire, elle décida de marcher jusqu’à ce qu’elle trouve une solution. Il ne lui servirait à rien de rester sur place, et plus elle serait loin de son ancien village, mieux elle se porterait. Elle avait hésité plusieurs fois à revenir sur ses pas, mais elle s’était convaincue qu’il n’y avait plus rien pour elle là-bas, que sa vie l’attendait autre part. Mais où ? Et avec qui ? Ces questions l’assaillaient fréquemment, l’angoissant terriblement. Elle se sentait seule et perdue. Qu’elle avait été folle de partir ! Sa sœur avait réussi à se détacher du village, alors, il n’y avait pas de raison qu’elle-même n’y arrive pas. Cette pensée n’empêchait pourtant pas la peur de tarauder Eowin.
Cela faisait maintenant cinq jours qu’elle marchait. Elle n’avait parlé à personne, préférant se cacher quand elle entendait du bruit. Les démons qu’elle croisait lui faisaient se dresser les poils. Et les traces sanglantes de leurs passages n’amélioraient pas l’opinion d’Eowin à leur sujet. La jeune femme trouvait les béonides grotesques et vulgaires et n’avait aucune envie de rentrer en contact avec eux. Il restait donc les centaures, créatures fières et majestueuses. Mais quadrupèdes. Cependant, Eowin avait remarqué qu’il y avait souvent d’autres êtres de toutes formes et de toutes origines avec eux. Ce peuple avait l’air assez ouvert et tolérant. C’est donc vers eux qu’Eowin décida de se tourner.
Un soir, elle suivit un groupe de centaures jusqu’à leur campement et les observa allumer un feu et préparer un repas. L’odeur de la nourriture fit se tordre le ventre de la jeune femme. Elle n’avait pas emporté beaucoup de provisions avec elle, et n’avait jamais appris à chasser, si bien qu’elle se rationnait depuis le début et mourrait de faim.
Rassemblant son courage, elle sortit des buissons où elle se cachait et s’avança vers la chaleur réconfortante des flammes. Quelques visages étonnés se levèrent vers elle. Elle s’approcha encore un peu, se triturant les mains.

« Que veux-tu, petite ? » demanda un des centaures à la voix grave.

« Et bien. Répondit Eowin, hésitante, … j’aimerais…. J’aimerais partager votre repas, si cela est possible, et puis, peut être que si je pouvais dormir près de votre feu… Et si je pouvais continuer ma route avec vous, … Et si je pouvais rester parmi vous,… Et si… »

« Ola, ola ! Doucement petite ! C’est d’accord pour le repas et pour passer la nuit. Tu vas nous raconter ton histoire bien calmement et nous verrons après ce qu’il convient de faire. Cela te va-t-il ? »

« Oui, bien sur ! Merci beaucoup ! »

Eowin s’installa près du feu et accepta avec gratitude la nourriture qu’on lui offrit. Elle se força à manger doucement même si elle avait envie de tout engloutir.
Le grand centaure attendit patiemment qu’elle se soit rassasiée avant de lui demander qui elle était, d’où elle venait, et comment elle était arrivée jusqu’ici.
Il lui donna ensuite une couverture et lui conseilla de dormir un peu. Ils délibéreraient de ce qu’ils feraient d’elle pendant qu’elle se reposerait.
Eowin ne se fit pas prier et se pelotonna près du feu. Elle s’endormit rapidement, épuisée par les évènements de la soirée.
Au petit matin, Eowin fut réveillée par le remue-ménage qui l’entourait. Les centaures étaient déjà en train de lever le camp. La jeune femme se leva à contrecœur et rassembla ses quelques affaires.
Le grand centaure s’approcha d’elle.

« Nous avons décidé que tu nous accompagnerais jusqu’à notre village, Eowin. Ensuite, tu verras par toi même si tu t’y plais ou non. »
Il commençait déjà à s’éloigner quand elle lui répondit :

« Merci beaucoup…. Je ne connais même pas votre nom ! »

« Némo » répondit-il avant de disparaître parmi les autres centaures.
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Eowin
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MessagePosté le: 22 Fév 19:23    Sujet du message: Répondre en citant

MORSEGUR


Cela faisait maintenant quelques semaines qu’Eowin se trouvait parmi les centaures. Elle s’y plaisait bien même si une impression de vide ne la quittait jamais. Elle se forçait souvent à sourire et à paraître enjouée, mais dans ces moments là, elle s’isolait dès qu’elle le pouvait et laissait couler ses larmes, à l’abri de tout regard. Les centaures avaient beau être accueillants, la jeune femme avait énormément de mal à s’intégrer. Un couple de vieux centaures s’étant pris d’affection pour Eowin avait décidé de l’héberger et de veiller sur elle comme si elle était leur propre fille. Ils avaient bien compris que leur petite Eowin était en manque de contact avec des gens de son âge. C’est pourquoi ils invitaient régulièrement l’un ou l’autre jeune centaure à partager leur repas. Ces soupers se passaient à chaque fois très bien, mais une fois la soirée terminée et l’invité parti, la jeune femme semblait retomber dans la morosité, et, après avoir aidé à ranger, elle partait s’enfermer dans sa chambre.

Un soir, Eowin n’eut pas le courage de prendre part au souper. Elle s’en fut à son lieu préféré : un petit promontoire rocheux surplombant une partie de la forêt. Encore une fois, elle laissa couler ses larmes. C’était son anniversaire et personne ne le lui avait souhaité. Oh, bien sûr, ce n’était pas leur faute. Personne n’était au courant. Mais cette constatation faisait plus mal encore. Elle songea alors à sa sœur, entourée de ses amis, près des ses parents, dans les bras de son mari…
Eowin, perdue dans ses pensées, ne l’entendit pas approcher. Elle sursauta quand il posa sa main sur son épaule puis tourna la tête vers lui. Le jeune centaure la dévisageait avec un regard indéchiffrable. Ils restèrent sans bouger pendant plusieurs secondes avant qu’il ne prenne la parole.

«Tu préférerais peut être que je te laisse seule ? »

Eowin fit signe que non et bougea un peu pour l’inviter à prendre place à ses côtés. Elle n’osait pas prendre la parole de peur que sa voix ne tremble. Elle s’essuya rapidement les joues et regarda le nouvel arrivant. Il devait être un peu plus âgé qu’elle et avait les cheveux du même brun que ses yeux. Son regard était perdu dans le lointain et l’on aurait dit qu’il n’avait même pas conscience de la présence de la jeune femme à côté de lui.

« Je m’appelle Morsegur, commença-t-il toujours sans la regarder. Tu dois être Eowin. Je suis allé manger chez toi tout à l’heure. Tes… « parents » étaient très inquiets, même s’ils ne voulaient pas l’avouer devant moi. En partant, j’ai fait le tour de la maison et j’ai vu la petite piste que tu crées à force de sortir par la fenêtre de ta chambre pour te rendre jusqu’ici. Je n’ai eu aucun mal à te retrouver. »

Il fit une petite pause pour reprendre sa respiration et reprit avant qu’Eowin ait pu dire quoi que ce soit.

« Si tu veux parler, je suis là. Si tu ne veux pas, et bien, je suis là quand même. »

Eowin hésita quelques secondes puis commença à tout lui raconter : la transformation de Polgara, son arrivée chez les centaures en finissant par cette soirée d’anniversaire. Ça lui faisait du bien de parler à quelqu’un.
« Bon anniversaire » conclu Morsegur avec un grand sourire quand Eowin eu fini de lui raconter son histoire.
La jeune femme aurait bien voulu lui poser quelques questions, savoir qui il était, d’où il venait, ce qu’il faisait dans la vie. Mais Morsegur ne lui en laissa pas l’occasion. Il se leva et s’enfonça dans les sous bois, lâchant un laconique « Au revoir, Eowin. ».
Cette dernière resta un petit moment à regarder perplexe l’endroit où le jeune centaure s’était tenu quelques instants plus tôt. Quelle étrange soirée ! Mais Eowin l’avait énormément appréciée. Après un petit quart d’heure, elle se décida enfin à rentrer chez elle. Ses dernières pensées furent pour ce si mystérieux Morsegur.

Le lendemain, elle décida de ne parler de sa rencontre de la veille à personne. Se parents de substitution ne mentionnèrent pas non plus son absence au souper ni leur gène face à leur invité. La journée paru interminable à Eowin qui n’aspirait qu’à retourner le soir même au promontoire, espérant y trouver Morsegur.
Mais elle resta assise seule toute la soirée. Avant de regagner sa maison, elle griffonna un petit mot sur un morceau de papier qu’elle laissa sur place. « Comment te revoir ? » disait-il.


Une semaine s’écoula. Chaque soir, Eowin se rendait à son endroit et attendait en vain un signe de Morsegur. La huitième nuit, Eowin remarqua qu’un nouveau papier remplaçait le sien. « Demain, au couché du soleil ». La jeune femme sentit son cœur bondir dans sa poitrine et porta le papier à ses lèvres pour l’embrasser.

Le lendemain soir, Eowin sentit l’excitation la gagner. Elle changea de tenue 4 ou 5 fois avant de se décider, se demanda si elle devait mettre des bijoux, essaya tous ceux qu’elle avait pour finir par décider de rester naturelle. Elle se rendit au lieu de rendez-vous, le cœur battant la chamade. Quand elle arriva, il était déjà là. Il lui sourit en la dévisageant, pas gêné pour 1 po. Eowin lui sourit en retour, ne pouvant empêcher le rouge de lui monter aux joues.

La soirée se déroula ensuite extrêmement bien. Ils bavardèrent jusqu’aux petites heures.


Une sorte de rituel s’installa entre eux. Ils se retrouvaient un soir par semaine, toujours à la même heure et au même endroit. Eowin appréciait énormément ces soirées. C’est là qu’elle pouvait enfin dire tout ce qu’elle avait sur le cœur.





Alors qu’Eowin arrivait une fois de plus au lieu de rendez-vous, la jeune femme fut surprise de trouver Morsegur un bouquet de fleurs à la main. Pour la première fois depuis qu’elle le connaissait, il avait l’air gêné.

« Eowin, je… enfin, …, balbutia-t-il. Hum… Consentirais-tu à m’épouser ? »

La jeune femme était partagée entre l’étonnement et l’amusement. Elle eut du mal à se retenir de rire, mais voyant l’angoisse dans les yeux du jeune centaure, elle comprit que cette demande était tout ce qu’il y avait de plus sérieux.
Prise au dépourvu, elle hésita quelques instants, puis finit par répondre.

« Oui… oui, j’y consens »
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Eowin
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MessagePosté le: 09 Mai 18:22    Sujet du message: Répondre en citant

Eowin et Morsegur étaient mariés depuis quelques temps déjà. La cohabitation n’avait pas toujours été facile et de plus en plus souvent, Morsegur était retenu des jours durant par son métier, ses absences se prolongeant chaque fois un peu plus. Eowin, de son côté avait fait de nouvelles rencontres. Résolue à ne pas attendre bien gentiment chaque soir à la maison pour le cas où son mari rentrerait, elle sortait fréquemment à la taverne, là où les membres de tous les peuples venaient se retrouver autour d’un verre dans une paix toute relative. Elle avait découvert qu’elle plaisait et en jouait parfois à l’excès.
Son mari avait évidemment eu vent des quelques aventures que la jeune femme avait eues, et elle ne les niait pas.

Le jour où Morsegur lui annonça qu’il avait décidé de s’installer chez les démons et qu’elle était libre de l’accompagner ou pas, bien qu’il préféra que ce fût le cas, fut la goutte qui fit déborder le vase. Comment pouvait-il lui demander de rejoindre Pandora où sa sœur se trouvait désormais après toutes les soirées où elle lui avait expliqué que plus jamais elle ne voudrait habiter près de Polgara ? Comment pouvait-il passer au dessus de la blessure mal cicatrisée dans le cœur de sa femme sans s’en rendre compte ?

Quelque jours plus tard, Morsegur pris ses affaires et laissa Eowin seule derrière lui à la Forêt. Très vite, elle ne supporta plus de vivre en ces lieux lui rappelant constamment son mari. Elle décida de revenir à ses origines, chez les zhoms, maintenant que sa jumelle n’y était plus. Le retour aux sources fut bien différent de ce à quoi la jeune femme s’attendait. En arrivant dans son petit village, Eowin apprit que ses deux parents étaient morts, emportés tous deux par la fièvre. Son ancienne maison appartenait maintenant à un jeune couple venu s’installer là récemment. Ils permirent à Eowin de passer la nuit chez eux, lui donnant ainsi la possibilité d’aller se recueillir quelques heures sur la tombe de ses parents. Cette expérience l’avait rendue mal à l’aise. Elle ressentait de la tristesse mais elle n’était pas parvenue à pleurer. Elle avait déjà fait le deuil de ses parents, des années auparavant, quand elle était partie. Ils faisaient partie de son passé, et elle ne tenait pas vraiment à le remuer.

Le lendemain matin, elle repartit vers la capitale humaine : Midgard. Là-bas, elle retrouva de nombreux accoutumés de la taverne qui l’aidèrent à s’y retrouver dans une si grande ville. Eowin était ébahie. La ville grouillait d’activité et les rues s’étendaient à perte de vue. Mais ce qui l’impressionnait le plus, c’était ces hommes et ces femmes qui dirigeaient la cité. D’origine campagnarde, Eowin n’avait jamais eu l’occasion de côtoyer de si près les sphères du pouvoir.

Elle fut bientôt sous la tutelle de Mick_le_fou. Celui-ci lui appris à se battre comme une vraie guerrière et lui enseigna les bases du fonctionnement de Midgard. Mais très vite, elle dû diminuer la fréquence de ses entrainements pour finir par ne plus être capable de faire quoique ce soit de trop physique. Son ventre avait commencé à s’arrondir quelques semaines à peine après son arrivée à Midgard. Certaines mauvaises langues disaient que l’enfant n’était pas de Morsegur, mais d’une liaison adultère d’Eowin. La future maman, elle, savait que le petit bout d’homme qui était dans son ventre était celui de son mari. Cette grossesse réussit à recréer le lien entre les futurs parents. Bien qu’habitant toujours séparément, Eowin et Morsegur connurent à nouveaux une période heureuse. Eowin profita aussi de ses visites régulières à Pandora pour aller voir sa jumelle, enceinte également.
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MessagePosté le: 09 Mai 22:58    Sujet du message: Répondre en citant

[Ici se trouvera le récit de la naissance de Féanor écrit par Féanor elle-même quand elle aura le temps]
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MessagePosté le: 09 Mai 23:26    Sujet du message: Répondre en citant

DELIQUESCENCE



Mort… Il était mort. On était venue la trouver ce matin pour lui annoncer la triste nouvelle. Son corps avait été retrouvé affreusement mutilé dans une petite ruelle. Il avait été assassiné, aucun doute n’était possible. Elle se retrouvait désormais veuve. Son enfant ne connaitrait jamais son père.
Le décès de Morsegur avait plongé la jeune femme dans une angoisse profonde. Serait-elle à la hauteur pour élever un enfant seule ? Ne valait-il pas mieux trouver une avorteuse ? Non, elle n’aurait alors plus rien pour lui rappeler son mari.

Elle entama sa période de deuil. Quand la douleur et la tristesse se furent atténuées, Eowin ressentit le besoin de savoir ce qui était véritablement arrivé à son mari. Pour se faire, elle devait se rendre à l’endroit fatidique où Morsegur avait trouvé la mort, et mener son enquête à partir de là.





Pour la première fois depuis des années, Eowin vivait dans le même peuple que sa sœur. Le peuple qu’elle avait refusé de rejoindre quand son mari le lui avait demandé. Elle habitait même plus précisément chez Polgara, qui avait accepté de l’héberger le temps qu’elle voudrait.
Très vite, la jeune femme se rendit compte que ses questions n’étaient pas les bienvenues. Elle se retrouvait souvent face à des silences hostiles. Mais Eowin n’en perdit pas moins courage. Élucider ces mystères était devenu son obsession.

Un jeune gamin l’aborda un jour dans la rue.

« Madame, si vous cherchez des informations sur quelque chose, je sais qui pourrait vous aider… à condition de me donner une récompense, bien sur. »

Elle n’hésita qu’un instant. Après tout, qu’avait-elle à perdre ? Elle sortit de sa bourse une petite pièce de bronze qu’elle mit dans la main de l’enfant.

« Conduis-moi s’il te plait. »

Il lui fit quitter le centre de la ville et une vingtaine de minutes plus tard, il lui indiqua du doigt une petite masure avant de déguerpir du coté de la ville.

Eowin s’avança lentement vers l’entrée de l’habitation. Un rideau miteux aux couleurs passées tenait lieu de porte.

« Heuuu… Il y a quelqu’un ? … Je peux entrer ? » s’hasarda Eowin.

Comme elle ne reçu aucune réponse, elle écarta le pan du rideau et entra timidement dans la maisonnette. Ses yeux mirent une petite minute à s’habituer à la pénombre de la pièce. Toutes les fenêtres étaient condamnées par des planches en bois qui ne laissaient filtrer que très peu de lumière.

« Approche mon enfant. »

Eowin sursauta. La voix tremblotante provenait d’une autre pièce sur sa gauche. La jeune femme se dirigea à l’aveuglette vers l’embrasure de la porte. Elle trébucha sur un objet traînant sur le sol et jura grossièrement. Une lampe à huile éclairait faiblement la deuxième pièce de la maison. Une vieille femme sale et en haillons était assise derrière une table. Sa tête était baissée et Eowin ne parvenait pas à distinguer ses traits.

« Assieds-toi ma chère, chère Eowin. » dit la vieille de sa voix chevrotante.

Eowin allait s’asseoir sur la chaise en face de la femme quand elle s’immobilisa brusquement, interrompant son geste.

« Comment connaissez-vous mon nom ? » demanda-t-elle sur la défensive.

« Je sais, c’est tout. Allez, assois-toi. » lui répondit la vieille comme si elle parlait à une petite fille capricieuse.

Eowin s’exécuta. La vieille releva la tête et braqua ses yeux vides sur la future mère.

« Il y a des choses que tu dois savoir mon enfant. Oui… que tu dois savoir. »

L’aveugle se tut quelques instants avant de reprendre.

« Vois tu, mon enfant, quand j’ai perdu la vue il y a de cela des années, mes yeux se sont ouverts sur une autres réalité. Je suis une voyante, comme ils m’appellent à la ville. Je suis désolée de devoir t’apprendre cela, mais tu es en danger, mon enfant. Oui… en danger. J’avais déjà prévenu ton mari, un charmant jeune homme d’ailleurs, mais je crains malheureusement qu’il ne soit mort en te protégeant. Oui, vraiment dommage. »

Mort en la protégeant ? Mais de qui ? Comment ? Pourquoi ? Toutes ces questions se bousculaient dans la tête d’Eowin si bien qu’elle ne savait pas par laquelle commencer.

« Mais… » commença la jeune femme.

« Chut ! , l’interrompit la voyante. C’est moi qui parle. Tu poseras tes questions après s’il t’en reste. Oui… après. Il y a, vois-tu, une prophétie. Elle parle de la Main Noire. Et plus précisément de l’Ecoutant de cette Confrérie. Il semblerait que tu portes en ton sein le futur Ecoutant. Et, vois-tu certains aimeraient l’éliminer avant sa naissance, ce qui revient, mon enfant, à te tuer toi. Morsegur t’a sauvée une fois, mais il n’est plus là à présent. Ton salut réside en la Main Noire. Oui… la Main Noire. »

Le silence régna dans la pièce pendant qu’Eowin digérait toutes ces informations.

« Je vois que tu n’as pas de question. Alors, pars maintenant, je suis fatiguée. Oui… fatiguée. » reprit la vieille.

Eowin ne protesta pas et s’en alla sans même dire au revoir.
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Eowin
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MessagePosté le: 22 Mai 21:53    Sujet du message: Répondre en citant

Son seul espoir résidait donc en la Main Noire. Tous ses membres seraient prêts à les protéger, elle et son enfant, s’il était vraiment le futur Ecoutant. Cette idée dérangea quelque peu Eowin qui avait souvent clamé qu’elle ne se soumettrait jamais à ce dieu dont elle n’était même pas sûre de l’existence. Mais avait-elle vraiment le choix ?

Elle réussit à entrer en contact avec la Confrérie et un pacte fut bientôt conclu. Eowin et sa progéniture seraient protégés par la Main Noire. Mais en contrepartie, Eowin devrait leur donner son enfant et ne jamais chercher à le contacter. La future mère avait mis énormément de temps à accepter cet affreux marché. Mais la peur avait finalement eu raison d’elle.



Les mois s’écoulèrent sans encombre et le jour de l’accouchement arriva, plus tôt que prévu. Comme sa mère avant elle, Eowin mit au monde des jumeaux. Elle les nomma Dazegur et Taertius.
La sueur sur le front d’Eowin n’avait pas encore eu le temps de sécher que les cris de Polgara résonnèrent dans la maison et que deux représentants de la Main Noire s’introduisirent de force dans la chambre qui avait servi de salle d’accouchement.

« On est là pour l’enfant » déclara le premier.

Il resta interdit quelque secondes en découvrant non pas le mais les nouveaux nés.

« Bon, ben je suppose qu’un seul fera l’affaire » finit-il par conclure.

Il s’empara d’un des deux nourrissons et se dirigea vers la porte. Eowin voulut l’en empêcher, mais après les difficultés qu’elle avait connues à l’accouchement, elle n’avait même plus la force de se tenir sur ses jambes. Impuissante, elle regarda donc cet étranger partir avec son enfant, son compagnon ayant maitrisé Polgara. Eowin tremblait de tout son corps, les larmes coulant à flots sur ses joues. Polgara la rejoint dans la pièce. Elle prit Taertius, le jumeau restant, dans ses bras et l’apporta à sa jumelle. Celle-ci le prit contre elle et le berça, tentant de se calmer.


Les jours puis les semaines s’écoulèrent. Eowin reporta tout son amour maternel sur l’enfant lui restant, pleurant tous les jours celui qu’on lui avait enlevé. Elle culpabilisait. Bien sur, le fait que la Confrérie lui ait pris son enfant réaliserait peut-être la prophétie disant qu’il deviendrait Ecoutant. Mais si Eowin n’avait pas prêté foi à cette prophétie, elle ne serait jamais allée trouver la Main Noire, et jamais on ne lui aurait enlevé Dazegur.

Ce matin là, Eowin fut étonnée que Taertius ne s’agite pas encore dans son berceau. Il dormait généralement assez mal et ne se privait pas pour réveiller toute la maisonnée plusieurs fois par nuit. En s’approchant, la jeune femme sentit que quelque chose n’allait pas. Il était trop calme. Beaucoup trop calme. Elle se précipita vers lui et se figea en sentant la froideur de sa peau sous ses doigts. Elle le prit dans ses bras, l’exhorta à se réveiller, mais rien n’y fit. Elle s’effondra sur le sol, serrant toujours le petit corps sans vie contre sa poitrine.
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