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Pam et les corbeaux noirs de jais

 
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pam_malibu
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MessagePosté le: 21 Juil 15:18    Sujet du message: Pam et les corbeaux noirs de jais Répondre en citant

I) La première rencontre

Quand Pam était encore une enfant, jeune serf comme tant d’autres, coincée entre sa mère et la mère de sa mère, la vie était calme et paisible.
Malgré les vicissitudes de la vie de la campagne, loin de tout et proche de rien, Pam grandissait dans une ambiance plutôt heureuse. Seul l’absence d’un père et le mutisme de sa mère à ce sujet portait une ombre à son enfance.
Le seigneur local était très vieux et n’était pas très dur avec ses protégés. Il laissait à ses fermiers de quoi manger du moment qu’ils remplissaient les vastes greniers et moulins. Les attaques des ennemis étaient très rares dans cette contrée reculée, même les loups venaient rarement et n’attaquaient que les bêtes malades. La vie était néanmoins rude en ce temps là, mais la santé de Pam était bonne, alors comme on disait là-bas « Quand la santé va, tout va. »
Rien dans son entourage et sa paisible vie ne laissait présager l’avenir chaotique de sa vie actuelle et future…

Le temps s’écoulait lentement, rythmé par les saisons des champs. Les châtaignes à ramasser au pied du vieil arbre près de la maison, les semailles dans les champs environnants, le bois à ramasser et à couper dans les forêts d’alentour avant les grands froids. La glace qui lui gelait les doigts à casser dans les abreuvoirs des animaux au plus dur de l’hiver pour que les bêtes ne meurent pas de soif. Le cerclage à faire dans le potager qui laissaient les ongles sales, plein de terre et des meurtrissures dans le bas des reins, les foins au printemps avec le casse croûte du matin puis les moissons au début de l’été avec le rire des filles et des garçons venus de la ville et des villages du comté pour l’occasion. Les baies sauvages cueillies pour faire les confitures de Bonne Maman dont Pam était si gourmande.

Sans compter les animaux qu’il fallait soigner quotidiennement : Le cheval Ulysse avant qu’il ne fasse un long voyage, les poules, les canards et l’oie. Les Trois petits cochons et le chat Amberle qui ronronnait allongé au soleil en pensant à des souris géantes, ce qui troublait son sommeil et le faisait sursauter entre deux ronrons.
Les chiens Voyou et Myrtho qui l’accompagnaient parfois dans ses randonnées nocturnes ou matinales. Des bâtards, mais de braves chiens quand même, costauds et rudes au mal. Leurs combats avec les loups solitaires attirés par nécessité tournaient toujours en leur faveur. Les deux chiens étaient complémentaires. Myrtho, plus trapue faisait face à l’intrus alors que Voyou, plus rusé et plus vif harcelait les flancs des aventuriers. Gênée et agacée, la bête détournait son attention, c’est alors que la puissante mâchoire de la chienne couleur fauve se resserrait sur le cou du loup. La lutte prenait alors vite fin.

La cueillette des champignons en automne et des plantes médicinales tout le long de l’année étaient ses seules sorties en dehors du comté.
Rarement elle allait au village et jamais à la ville. Pourquoi faire ? On ne manquait de rien à la maison et ce qu’on avait pas, on pouvait s’en passer. C’était ainsi depuis la nuit des temps. Pour ceux qui ignorent qu’ils n’ont rien, le besoin du superflu est une ineptie.

La première fois qu’elle vit ces drôles d’oiseaux, c’était à la tombée du jour.
Le temps avait été maussade ce jour là. Pam se souvint qu’il avait fallu aller chercher en urgence Marguerite, la vache, dans le pâturage du bas. Elle était prête à vêler et Grand-mère était persuadée que le veau s’annonçait mal. On ne pouvait pas se permettre de perdre cette vache qui dans ses bons jours garantissait une quantité considérable de lait riche et crémeux. Grand-mère, elle sentait ces choses là. Elle sentait plein de choses, Grand-mère et c’est pourquoi bien des gens du conté venaient la consulter pour savoir…
Comme si le savoir allait changer quelque chose à leur vie misérable ?
De rares oiseaux volaient dans le ciel, virevoltant à la chasse de maigres insectes enfin, vaquant à leurs occupations d’oiseaux, sans objectif précis autre que de nourrir leur progéniture.. D’autres perchés dans les arbres piaillaient à qui mieux-mieux avant que tout à coup le silence, total… brutal...
La vache rentrée dans l’étable, Pam lui donna du fourrage et de l’eau fraîche. Ces meuglements déchiraient la quiétude tout juste tombée.
Un volatile se posa alors sur la basse porte de l’étable observant attentivement la jeune paysanne retournée, penchée sur le ruminant pour la calmer. Sans un bruit, le corbeau commença à se nettoyer les ailes enlevant les parasites qui le minaient tout en gardant une observation attentive sur l’adolescente.
Un frisson glacial parcouru le bas du dos de Pam. L’enfant se retourna, se sentant observé et vit alors le corbeau d’un noir profond avec son œil plein de vide.
Pam cria, saisit d’effroi. Les corbeaux, elle connaissait mais celui là lui fit peur. Une peur indescriptible, irraisonnée. Elle se releva brusquement, saisit la fourche qui était à sa portée et la jeta violemment vers la porte. L’oiseau, pas plus alarmé que cela, esquiva le projectile. Il semblait amusé par la réaction de la fillette. Il s’envola néanmoins.
Il ne faisait pas énormément de vent, ce jour là. Le zéphyr s’était levé mais ne soufflait pas plus que d’habitude, au contraire.
Pourtant le corbeau noir de jais avait une particularité hors du commun qui allait bouleverser la vie de Pam_Malibu. Au lieu de s’envoler comme tous les autres oiseaux, celui ci se mit à voler à reculons.

Dans le ciel flamboyant où le rouge et le noir s’épousaient, d’autres corbeaux noirs de jais volaient à contresens…
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pam_malibu
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MessagePosté le: 22 Juil 11:45    Sujet du message: Répondre en citant

II) La fin de l’enfance.

Bien sûr, Marguerite mourut. Le petit veau qu’elle portait aussi. Un veau à cinq pattes, c’était inévitable et Grand-mère, malgré tous ses pouvoirs, n’y put rien. On ne peut pas changer le cours des choses quand elles sont marquées par le fil du destin.
La fillette était venue pourtant à temps alerter les femmes qui finissaient de débarrasser la table après le frugal repas du soir. Un quignon de pain et une assiette de potage aux poireaux attendait l’enfant à sa place. Bah ! Pam n’aimait pas les poireaux, cela tombait bien qu’elle soit occupée avec la vache.

« Vite Babouschka, Marguerite, elle va pas bien ! Il faut venir, Le travail à commencer ! »

Grand-mère s’était déplacée vers l’étable, guidée par l’enfant. Cela faisait maintenant plusieurs saisons que la vieille ne voyait plus. Un voile obscur était à tout jamais tombé sur ces yeux d’un bleu outremer. Cela n’empêchait nullement la mère de sa mère de faire sa part de travail dans la ferme. Les années durant, elle avait appris la place de chaque chose dans la maison. Mais dans la cour, c’était autre chose.

Pam se souvenait de la fois ou Babouschka était tombée dans la fosse à purin. Les quatre fers en l’air, la Grand-mère gesticulait s’enlisant toujours un peu plus, hurlant et en injuriant les Dieux de l’Enfer et du Paradis. Takamaka, la mère de Pam avait eu un mal fou à relever les 180 livres de l’ancêtre du lisier, même avec l’aide de l’enfant.
Elles eurent autant de mal à la laver et à lessiver les vêtements. La puanteur du purin s’est tenace.
Mais le temps n’était pas aux souvenirs. Il fallait vite s’occuper de la vache.
La pluie s’était remise à tombée mais plus doucement qu’au cours de la journée. Arrivée à l’étable, Babouschka, toujours guidée par Pam s’agenouilla près de Marguerite. La bête, couchée sur le flanc respirait bruyamment. Cela faisait déjà pas mal de temps qu’elle ne beuglait plus. La bête savait qu’elle vivait ses derniers instants et n’aspirait qu’à une chose : Mettre son petit au monde. Le cycle de la vie devait continuer. Un être meurt quelque part, un autre naît ailleurs. Quand le quelque part et l’ailleurs se confondent, la vie et la mort semblent plus belles, plus douces.

Malgré l’imposition de ses mains et ses prières silencieuses, Grand-mère ne parvint pas à ses fins. Oh ! Elle parvint bien à faire sortir le veau difforme, mais l’avorton était déjà pourri depuis longtemps.

« Un veau pourri, de surcroît à cinq pattes, c’est le signe du Mal. Ce corbeau noir de malheur était le messager du Diable » ce dit intérieurement Pam.

La vache, enfin dégagée de son petit, n’allait pas mieux. Elle soupira un peu plus tard une fois de trop et s’éteignit dans un soubresaut. Le mal avait du la miner de l’intérieur. Demain, il faudrait avertir le Maître qui enverrait un paysan enterrer la vache et son petit.
La fillette semblait inconsolable, elle ne pleurait pas mais sa Grand-mère sentait toute la peine du monde.

« Ca arrive aux autres, mais c’était la notre. Tu sais la différence c’est le chagrin ! » Dit-elle à l’enfant.

On ne pouvait plus rien faire à l’étable alors les deux femmes s’en retournèrent à la maison, lentement, au rythme de l’aïeul. La pluie tombait toujours. Au loin, on sentait le froid des montagnes descendre dans la vallée. La journée de demain sera encore plus pourrie.
Arrivée au chaud Takamaka n’insista pas quand elle tendit l’assiette de potage réchauffé à Pam et que celle ci la repoussa.
L’enfant s’installa prés de feu qui flambait dans la cheminée. Le regard perdu dans le loin, une larme coula sur la joue de l’enfant. La nuque de l’enfant durcit, elle était prise maintenant de longs sanglots silencieux.
Grand-mère observait maintenant Pam, prostrée dans son coin depuis un bon moment.

« Que t’arrive t’il, Pam ? Marguerite était une brave bête mais il ne faut pas pleurer ainsi. Cela ne la refera pas revenir et elle… » s’inquiéta la vieille.

Pam coupa sèchement la parole de sa Grand-mère, agacée. Elle lança :
« Ce n’est pas cela, Babouschka. J’ai vu une chose horrible quand j’ai ramené Marguerite dans l’étable ! » hurla t’elle presque.

Le ton surpris la vieille et Takamaka. Pam avait toujours été une enfant respectueuse et jamais, oh, grand jamais elle n’élevait la voix.

« Qu’as-tu donc vu qui t’es mise dans un état pareil ? » s’alarma sa mère.
« C’était… oh pis non, rien ! » Conclut la fillette.

Babouschka fit alors un mouvement d’apaisement avec les mains dans le dos de sa petite fille. Pam n’aperçut rien, ne sentit rien, mais déjà son dos se décontractait et son visage retrouva sa quiétude habituelle. Ce don, la Grand-mère l’utilisait généralement que pour mettre fin à une douleur intense. Elle venait de l’utiliser tout à l’heure sur la vache.

« J’ai vu le messager du Diable… » reprit l’enfant.

« Allons Pam, tu sais bien que le Diable n’existe pas. C’est des idioties des croyants » affirma Babouschka.

« Je l’ai vu, je te dis, avant de venir te chercher… C’était un corbeau tout noir avec le vide à la place des yeux. Même qu’il volait à reculons !Et puis Marguerite, elle est morte, avec son petit, alors si c’est pas le Diable c’est quoi, hein dis ! » débita d’un trait la gamine.

Takamaka, à l’énoncé de cette phrase, laissa tomber la pile d’assiettes en bois sur le sol.

« Non, ce n’est pas possible. Tu es trop jeune. » hurla t’elle avant de s’effondrer sur le sol en pleurs.

Ce fut au tour de Pam de s’étonner de la réaction de sa mère. Voir Takamaka en pleurs au milieu de la pièce, par terre comme cela, elle n’avait jamais vu. Elle se leva et se précipita auprès des longs cheveux blonds de la femme.

« Maman, qu’est-ce que tu as ? Excuse-moi ! J’ai rien vu, je raconte des histoires comme toujours… »

La vieille se dirigea vers sa fille et lui imposa ses mains. Diantre ! Trois fois dans la journée, cela faisait beaucoup. Elle allait bien dormir, ça c’est sûr. Cela l’épuisait à chaque fois comme si elle était allée chercher cinquante seaux d’eau à la rivière.

« Non, Pam, ne ment pas ! Cela ne sert à rien ! Ce que tu as vu, c’est ton destin. Tu es grande à présent. Il est temps pour toi de vivre ta vie. Loin de nous puisqu’il le faut ! » Murmura tendrement la grand-mère.

« Mais elle n’a que quatorze printemps ! » S’insurgea Takamaka. Ses sanglots s’atténuaient néanmoins sous l’effet du sort d’apaisement de sa mère.

« C’est sa destiné, Takamaka. Tu savais bien qu’un jour cela allait arriver. Et voilà, c’est aujourd’hui. C’est ainsi. On ne peut pas modifier le fil du destin. Tu dois accepter. Pam est jugée assez sage pour accomplir sa part du Travail. On n’y peut rien. Tu dois lui donner ce qui est à elle ! »
Takamaka se releva. Tout signe d’effroi avait maintenant quitté son visage d’ange. Dieu que cette femme était belle.
Gracieusement, elle se dirigea près de la cheminée. Son long corps svelte chaloupant entre les chaises et la table. Arrivée devant le feu, elle joua avec une pierre qui dépassait à peine de la surface rugueuse de l’âtre, mais la jeune fille ne vit pas très bien. Elle pensait connaître tous les recoins de la maison et voilà qu’il y avait une cachette secrète. De surcroît à un des endroits qu’elle connaissait le mieux : La cheminée…

Pam ne distingua pas au préalable ce que portait sa mère. Ce n’est qu’une fois auprès de la table qu’elle vit le petit coffret en bois serti d’une pierre Emeraude. Posé près du pichet de vin, il était vraiment minuscule ce coffret. Mais c’était la première fois que Pam voyait un objet de valeur au sein de la maison. Jamais, elle n’aurait soupçonné qu’un tel objet pouvait exister dans leur humble demeure. La pierre était si grosse, si transparente. Sa jolie couleur verte se confondait avec la couleur de l’œil droit de Pam. Le même vert. Exactement le même…
Son autre œil, le gauche, d’un bleu outremer, pourtant si vif à l’ordinaire paraissait tellement terne tout à coup.

Babouschka dit alors :

« Voilà Pam, c’est à toi. C’est ton héritage. C’est ce qu’a laissé ton père… »
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Dernière édition par pam_malibu le 24 Aoû 10:41; édité 1 fois
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MessagePosté le: 30 Juil 11:21    Sujet du message: Répondre en citant

III) La révélation.

C’était la première fois que Pam entendait parler de son père. Jamais sa mère, ni sa Grand-mère, n’avait abordé ce sujet. Au contraire, à chaque fois que Pam avait essayé de connaître quelque chose de sa branche paternelle, les deux femmes s’enfonçaient dans un mutisme aussi profond que la mare à vieille place, réputée pour plonger jusqu’aux entrailles de la Terre. La jeune fille implora du regard sa mère de poursuivre la discussion. Elle n’osait parler. Elle ne voulait pas rompre le silence comme on rompt le pain quand on a faim.

Takamaka continua donc, concentrée, comme rarement elle était, afin d’être la plus précise possible dans son explication.

« Cela faisait 7 jours maintenant que tu étais née. Cela faisait 7 lunes alors que ton père était parti.
Ce jour-là, ta Grand-mère était partie ramasser des herbes pour me requinquer. Ta naissance avait été longue et douloureuse et j’étais extrêmement affaiblie. Sans cette plante, le Fham, mon état n’allait pas s’améliorer et le Maître nous aurait chassées. Il avait déjà du mal à supporter le fait que ton père soit absent. Deux femmes dans une ferme, cela ne rapportait pas assez selon lui…Alors, mon alitement ne pouvait plus durer, je devais retravailler le plus vite possible afin de nous éviter d’être expulsées. Mais j’étais trop lasse, si déprimée aussi…Heureusement que Babouschka connaissait les plantes…

Un homme que je ne connaissais pas, tout de noir vêtu, arriva au petit matin, avec un corbeau sur l’épaule. Un corbeau comme tu as vu tout à l’heure. Noir de jais et sans œil...
L’homme entra dans la maison puis dans la chambre et se pencha sur ton berceau, malgré mes protestations, je n’ai pas pu l’empêcher de t’approcher et de te regarder. J’étais trop faible pour me lever et le chasser. Il n’avait pas l’air dangereux de toute façon, malgré son aspect sinistre.
Enfin, il me dit d’une voix pointue :
« Je suis l’essence de ton époux, Ne m’interromps pas ! Ecoute bien ce que j’ai à te dire, j’ai peu de temps… »
Sa voix changea et je reconnus alors la voix et les intonations de ton père. Il continua alors tendrement, toujours penché sur toi. Toi, tu étais là dans ton berceau, tranquille. Comme jamais tu n’as été… :

Le visage de Takamaka s’illuminait au fur et à mesure de sa narration. Pam la trouvait encore plus belle qu’à l’ordinaire. Elle s’approcha de sa mère pour mieux se pelotonner dans ses bras.
La mère blonde comme l’or caressait les cheveux noirs de l’enfant. Elle reprit :
« Un jour viendra où cet oiseau se posera près de notre fille. Ce jour là, tu lui remettras le coffret que voici. » Reprit-il en sortant de dessous sa cape cet écrin.
« Jamais personne ne doit le voir, cache le et ne tente pas de l’ouvrir ! De toutes façons, tu n’y arriveras pas ! Donne-lui le jour où elle verra le corbeau et uniquement ce jour là. Elle seule pourra l’ouvrir sans rompre le charme qui le protège. »

Il s’arrêta de te regarder, des larmes de glace coulaient de ses yeux vairons. Ton père avait les mêmes yeux que toi, tu sais ? Un œil vert comme la prairie au printemps et l’autre bleu comme la profondeur des océans. Maintenant, son regard ne regardait plus que moi.

« Une fois que notre fille l’ouvrira, sa destinée sera tracée. Elle partira et tu ne verras plus jamais ton enfant. Tu sais de quoi il en retourne, c’est ainsi et tu le sais depuis notre première rencontre.
Depuis la nuit des temps les males de ma famille sont destinés à guider les femelles qu’ils sont le fruit de leur semence, sans jamais les voir, sans jamais les aimer et les protéger. Et cette fille grandira, accomplira sa mission et enfantera d’un fils. Le cycle continuera, immuable, imperturbable.
Je sais que tu en feras quelqu’un de bien, que tu l’élèveras dans la tradition d’honneur et de respect. Elle doit apprendre à garder la tête haute et à être fière. C’est ainsi. Ne pleures pas ! Elle est l’Avenir…
Elle aura du cœur, elle aimera la vie et la mort ne lui fera pas peur.
Je pars, Takamaka, je t’aime et je ne me retournerai pas.»

L’homme disparut dans une vapeur opaque et le corbeau noir de jais s’envola à reculons, me laissant seule avec ce coffret et avec mes questions.
Quand Baboushka est revenue plus tard avec les herbes, je lui ai parlée de ma rencontre mais je ne lui ai jamais dit où j’avais caché le coffret. Voilà, il est désormais à toi. »

Takamaka semblait enfin apaisée, comme si la révélation qu’elle venait de faire et qu’elle avait redouté depuis des lannéandes lui dégageait brusquement les épaules d’un fardeau qui avait été bien trop lourd à porter pour elle durant tout ce temps.
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MessagePosté le: 04 Aoû 12:14    Sujet du message: Répondre en citant

IV) Le coffre aux trésors

Pam ne savait que faire. Elle hésitait entre poser des questions sur son père et ouvrir le coffret. Elle avait envie de connaître tout ce qu‘on lui avait caché jusque là sur cet être qui lui avait tant manqué mais elle piaffait d’impatiente à l’idée d’ouvrir le coffre et de découvrir tous les trésors qu’il recelait.
Les questions attendraient bien. Peut-être que certaines trouveraient les réponses dans la boîte à l’Emeraude. Aussi se décida t’elle à ouvrir le coffre. Elle le prit entre ses petites mains et clic ! Le couvercle bascula lentement en arrière.

« As-tu essayé d’ouvrir le coffret ? interrogea Pam,
- Non, ma fille, ton père m’avait dit que cela était inutile. Je n’ai jamais cherché à tenter de désobéir. En outre, ce coffre n’est pas le mien. Il t’appartient. » Affirma Takamaka.

De trésors, il ne recelait pas, si ce n’était la pierre qui le sertissait. Ou alors rien de palpable, du moins, au premier abord...
Une petite lame et un parchemin composaient le contenu exclusif de la boîte.

La lame semblait faite de glace tant elle était transparente et légère. Pam la prit entre ses doigts. Dans le coffret qui ne faisait pas plus de 5 pouces de longueur, elle semblait très petite, insignifiante.
Mais, quand la jeune fille l’eut entre les mains, elle grandit à vu d’œil pour atteindre une longueur de 4 pieds environ. Surprise par le changement de taille, Pam la laissa tombée. A son poids qui était pourtant négligeable, la table située juste en dessous ne résista pas. Elle fut coupée nette en deux.

« Mais qu’est ce que cette diablerie ? » Questionna la jeune fille ?

La lame semblait incassable malgré son extrême finesse et son faible poids. Jamais Pam n’avait vu un alliage ainsi fait, et même Babouschka semblait éberluée, elle qui ne s’étonnait plus de rien depuis longtemps.

« Une lame enchantée ! Ah, ça, c’est sur ! Et pas par n’importe qui, vous pouvez me croire… » réussit à répondre la vieille.

Pam reprit la lame des vestiges de la table et la reposa près du coffret chu par terre, un peu plus loin, parmi des débris de pichets en terre, du mortier et du pilon en granit et d’autres pots vidés de leurs contenus. Les arômes des herbes se répandaient maintenant partout dans la cuisine.
A peine reposée sur le sol, la lame s’éleva dans les airs pour plonger, pointe en avant, à sa place initiale dans le coffret où elle reprit sa taille originale.

Les trois femmes restaient totalement éberluées. Elles eurent du mal à s’en remettre et seule une lichée d’hypocras qui restait dans le buffet et qui datait depuis… Au moins du temps de la dernière guerre, celles des Mérous et des Pétrels, leur fit reprendre leurs esprits.

Posséder un objet magique, il fallait bien le qualifier ainsi, quand on est issu d’une famille de serfs, cela n’est pas banal !
Elles commençaient à comprendre maintenant pourquoi le coffre avait du rester caché ainsi des lannéandes durant. Les gens n’auraient pas compris en voyant cet objet magique entre leurs mains et on les aurait lynchées sans autre forme de procès ou plus simplement brûlées comme de viles sorcières.

Encore toute tremblante, Pam ramassa le parchemin lié par une cordelette rouge sang. Elle le dégagea, le déroula et ne fit rien… Elle le retourna. Rien. Il était désespérément ocre, hormis quelques traces de sang séché et de graisse qui le tachaient de ci de là.
Elle s’approcha de la cheminée et vit alors les premières traces d’écriture. Elle se rua vers le chandelier qui prônait sur le guéridon près de la fenêtre. A la lumière de la bougie, une belle écriture faite de cursive et de majuscules pris alors toute sa splendeur. La lettre avait été écrite à l’encre sympathique. Elle dévoila enfin ses mots.

« J’avais pour tout bagage, des mots et des images.
J’ai eu peur, Dieu me damne, qu’on garde mon âme dans une cabane.
J’ai tout connu, je pense, l’absence et le silence.
Ce soir on se rencontre. La route, il faut que je te montre.
Je ne serai jamais le magicien d’Oz et j’ai vu la mort en rose…

J’ai tellement de chose à dire, je n’ai pas voulu partir ;
Tellement de souvenirs, on m’a dit de ne rien dire. Je suis venu désobéir.

Oh ! La première chose à dire c’est que je n’ai personne à maudire.
Oh ! Tant d’autre miroir m’attire…
Je reviens de l’avenir et le passé, je le déchire. »


Pam s’étant trop approché de la flamme de la bougie, le feu lécha le parchemin en laissant quelques traces brunes. Elle retira précipitamment le document de devant la chandelle mais se brûla fortement en faisant un geste gauche. Le parchemin demeurait presque intégral mais en son centre, une partie était maintenant illisible.
« Corne de bouc ! » Jura t’elle « Il ne manquait plus que cela. »Malgré la douleur de la brûlure dans la paume de sa main, elle continua sa lecture.

« J’avais pour tout bagage, des mots et des images.
Pour moi chaque visage était un nouveau paysage.
Je serai donc toujours étranger partout ou bien serais-je chez moi un jour ? Mais ou ?

Mais je reviens de l’avenir. J’ai tellement de choses à te dire,
Tellement de souvenirs et j’ai oublié le pire.
Mais j’ai le meilleur à te dire. Ton ennemi s’appelle …ir.

Tellement de chose à dire ; Je n’ai pas voulu mourir.
Tellement de chose à vivre ; Je n’ai pas fermé le livre !
Ma vie est une histoire à suivre. »
(1)


La lettre s’arrêtait ainsi.
Hélas, le nom de l’ennemi était incomplet ! Ventre-Dieu, le parchemin avait brûlé justement sur le nom de cet individu dont elle devait se méfier ! Il n’y avait pas à dire, elle était maudite ! Seules les deux dernières lettres avaient échappé aux flammes : …IR.

Pam redressa sa tête. Ses longues mèches brunes tombaient sur ses épaules. Elle semblait avoir pris dix lannéandes en quelques minutes. Elle se tourna vers sa mère. Elle avait mille questions dans la tête, pourtant elle savait que Takamaka ne saurait répondre aux plus importantes.

Elle signifia alors juste :

« Ainsi, je dois partir. Je dois donc suivre la trace de mon père mais je ne sais nulle part où aller…
Ma destiné… Mordiable ! La belle affaire !
Maudit soit ce corbeau ! Il brise ma vie auprès de ceux que j’aime. Qu’il soit maudit à tout jamais ! J’espère ne plus jamais le revoir !
J’accomplirai ma tâche puisqu’il en est ainsi…Mais pourquoi dois-je accomplir des choses qui ne me regarde pas ? »


Ces phrases arrivaient pelle mêle, désordonnées, imprécises, ces idées se bousculaient dans son cerveau à une incroyable vitesse. Elle n’arrivait plus à penser à rien. Elle n’arrivait plus à se concentrer.

« C’est à toi seule à trouver les réponses à tes questions, Pam ! Ne perd pas ton temps à espérer ! C’est du temps perdu à jamais ! Ton père a du laisser sur son chemin des indices. Tu apprendras à les reconnaître… Tu partiras dans quelques jours. Nous te préparerons tes affaires afin que ton périple soit plus aisé. Et que les corbeaux noirs de jais épargnent ta route ! » Poursuivit Takamaka.

Babouscka porta la main de Pam près de sa bouche et entonna une prière silencieuse. Aussitôt la douleur de la brûlure cessa. Quelle splendide cureuse elle était !

« Allons nous coucher, maintenant ! La journée a été longue. Demain, il fera jour ! » Conclut la grand-mère qui piquait du nez depuis sa rasade d’hypocras.

A matine, à l’heure où blanchit la rosée, alors que toute la maisonnée dormait encore du sommeil du juste. Pam pris son coffret, un quignon de pain qui traînait dans l’éventaire, sa plus chaude couverture et elle partit. Elle prit soin de fermer la porte tout doucement, sans un bruit.
Dehors les chiens l’attendaient comme pour partir cueillir les champignons et lui firent fête quand ils la virent. D’un geste Pam les écarta. Ils se réfugièrent, sans un bruit, la queue entre les pattes, dans leurs niches respectives.

Sur le pommier, à la croisée du chemin domanial et de la route qui menait au village, Pam ne vit pas, sur la plus haute branche, un oiseau noir qui la regardait tout en s’épouillant. Un corbeau noir de jais qui l’observait prendre la route de sa destinée. Un sourire narquois semblait illuminer sa tête dépourvue d’œil…


(1) /* Texte issu du Magicien d’Oz de Michel Polnareff. J’ai juste adapté une ou deux lignes pour coller davantage à l’époque médiévale et à la suite de mon récit. On verra par la suite que ce texte colle parfaitement à la vie de Pam_Malibu. C’est pourquoi je l’ai plagié presque intégralement */
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MessagePosté le: 22 Aoû 11:05    Sujet du message: Répondre en citant

V Rencontre du troisième type

Marcher… Marcher… Pam ne savait plus faire que cela. Et réfléchir, Oh réfléchir ! Un pied, puis l’autre et ainsi de suite, indéfiniment, inexorablement mais toujours avec des idées noires en tête. Plein d’idées dans sa petite tête de linotte.
Les premiers jours de marche avaient été douloureux. Pas au niveau physique bien sûr. Pam était une fille de la ferme, habituée au travaux pénibles. Alors la marche : de la roupie de sansonnet, du pipi de bébé chat ! Mais au point de vue de la réfexion, c’était autre chose. Impossible d’oublier, de se laver la tête. Sans cesse des questions, sans aucune réponse.

Errer, elle n’avait plus qu’à errer. Sans but, sans destinée. Pourtant quelqu’un devait savoir. Dieu seul sait qui ? Le Diable c’est quoi ?

Les journées, elle gambergeait durant ces longues périodes de marche. Elle partait au petit matin, la nuit pas encore finie. Cela évitait de faire une bonne route avant que les rayons du soleil vous crament la peau. Et elle marchait d’un pas ni trop rapide, ni trop lent. Elle marchait résolument.
Au zénith, elle se protégeait à l’ombre d’un buissonet et attendait quelques heures avant de reprendre la route. De nouveau marcher. Elle s’arrêtait simplement quand ses yeux ne pouvaient plus la guider, qu’elle trébuchait sur de mauvais cailloux qui la faisaient tomber.

Epuisée, elle se préparait alors pour dormir en espérant pouvoir enfin se reposer. Mais la nuit, c’était encore pire ! Plus de lit confortable dans la chambrée, plus de lecture au coin du feu après une dure journée de labeur. Plus d’initiation à l’herboristerie avec Babouschka qui grognait toujours après ses potions et filtres, toujours mal faites selon la mère de sa mère.

« Tu as trop mis de menthe ! Il va bandeler comme un taureau ! » Disait souvent sa Grand-mère.
« Bah, c’est pour cela, non, qu’il est venu ? Il arrivait plus à avoir de pendeloche et à foter ? La menthe, tu m’as bien dit que ça servait à ça ! » Rétorquait la gamine.
« Oui, mais tu en mets de trop ! Juste une lichée, c’est comme cela. Sinon, il va être comme un bouc sans chèvre et pourra pas enceinter sa femme ! » Concluait la vieille et de reprendre tout au commencement.

« Pour ne bonne tisane d’amour, tu dois mettre d’abord un quart d’eau, puis trois pincées de menthe, une pincée de… »

Cela lui permettait de tenir. Se souvenir des choses du passé. Quant il ne reste plus que cela dans la vie, la fin est proche. On ne peut se contenter de vivre dans le passé.

La nuit, c’était le fossé, dans le froid et la pluie souvent. Parfois, c’était une vielle bergerie dont le toit était effondré et qui ne servait plus que pour les rôdeurs, les aventuriers sans le sous, ses semblables, quoi !
La nuit, c’était des cauchemars à ne plus en finir. Dés qu’elle réussissait enfin à s’endormir pendant quelques minutes, son sommeil se brisait brusquement dans une chaleur moite. Elle se réveillait en sueur, grelottante plus d’effroi que de froid.

Toujours le même rêve. Elle, couchée là dans la fiente, la boue avec du sang tout autour, des blessures plein le corps. Une cheville enflée qui la tordait de douleur. Un bras à moitié arraché, ne tenant plus au buste que par miracle. Et l’autre, à deux pas, étendu lui aussi, éventré, les boyaux sortants de dessous l’armure. La tête brisée par un coup de hache mal donné. Et enfin et surtout, le corbeau noir de jais qui picorait l’œil de l’autre. Elle tentait bien de le chasser, mais aucun son ne sortait de sa bouche et elle ne pouvait bouger. Trop meurtrie, trop anéantie. Le corbeau la regardait de son œil vide et s’approchait alors d’elle, petit pas par petit pas. Il arrivait au dessus d’elle…

Enfin, elle se réveillait, hurlant de toute sa poitrine, suffocant comme une vache qui vient de mettre bas un petit à cinq pattes.
Après ce rêve, plus question de dormir, fatalement. Il fallait attendre de longues heures que l’aube perce les noirceurs de la nuit pour se lever et continuer son chemin sans l’aide de rien ni de personne.

Et au matin, la vie reprenait son dû. Elle repartait vers des contrées inconnues, vers une destinée incertaine, mais avec toujours ces idées noires dans le crâne.

Encore une chance qu’elle ne rencontrait personne. Elle aurait fait fuir n’importe qui tellement elle était sale et qu’elle puait. Elle ressemblait à la Mort avec ses yeux si fatigués et son teint blafard, mais elle n’aurait pas su se défendre contre le moindre fourbe, contre le plus minable bandit de grand chemin, ni même un loup famélique.
Les chemins semblaient désespérément dépourvus de vie. Juste une fois, elle vit au loin de la poussière un peu plus bas sur la route. Un être assez vilain. Un buste d’humain sur un corps de mule. Elle n’avait jamais vu cela. Vite, elle s’était caché derrière un buisson avant que la chose passe à moins de 5 pieds d’elle. La bête semblait pressée et ne fit pas attention à l’enfant. Déjà la poussière due à sa cavalcade disparaissait de la vue pourtant perçante de Pam_Malibu.

Après avoir consommé le peu de vivre qu’elle avait pris, elle s’était contentée de cueillir le long du chemin les maigres baies qu’elle trouvait. Elle avait posé quelques collets qui lui avait rapportés une grosse hase et deux levrauts. De quoi se sustenter quelques jours. Mais plus elle se rapprochait du village et plus les baies se faisaient rares et les venaisons introuvables. Du bétail pâturait de si delà en journée, mais au soir tombant, les bêtes disparaissaient dans des étables. Pourtant on était pas encore en hiver et en temps normal, à cette saison, les bêtes demeuraient continuellement en pâturage. Des fermes, jadis prospères, avaient leurs barrières bien fermées dans le meilleurs des cas. D’autres semblaient abandonnées depuis belle lurette.

Enfin, elle arriva en vue du village. Enfin, ce qui en restait. Elle n’y était pas venue très souvent mais elle se rappelait de la joie et la gaîté qui l’entourait. Le village était opulent avec ses petites échoppes bien rangées, bien proprettes. Là, il n’était plus que cendres et désolations.

Des tas d’immondices s’accumulaient à l’entrée. Quelques rares zhoms, bien trop maigres s’affairaient à nettoyer des décombres. Partout des demeures calcinées, des corps démantibulés montraient la violence du combat qui avait eu lieu sans doute peu d’heures auparavant.
Des femmes pleuraient assisses devant une ruine, abreuvant le ciel de prières. Des enfants criaient de faim et de peurs juste réconfortée par une plus vieille qu’eux de quelques lannéandes, qui courait vers l’un en le pressant sur son sein naissant avant de repartir presque aussitôt vers un autre. Et les vieux radotaient… Les vieux cela radotent toujours…

Pam_Malibu semblait totalement dans son élément. Un déchet dans un tas de détritus. Elle se fondait parfaitement dans ce décor chaotique. Elle s’était arrêtée devant la dépouille d’un zhom étêté. Son pourpoint était rouge de sang. Sa tête n’avait pas du sauter d’un seul coup.

Un peu plus haut, un chevalier, tout de noir vêtu, observait le village. Sur son fier destrier, d’un blanc immaculé, il paraissait résigné. Il paraissait vieux aussi et son mépris vis à vis des sinistrés dégoulinait de tout son être. La jeune aventurière fut surprise de le voir se diriger vers elle. Il arrêta sa monture à quelques pieds d’elle.

« Toi là, la coureuse de remparts. Occupe toi donc un peu au lieu de regarder bêtement ! Bouge toi donc ! Apporte de l’eau et panse la blessure de ce gueux ! lui injecta t’il sans prendre la peine de la regarder.
- C’est à moi que vous parler, Monseigneur ? Mais, cet homme est mort ! répondit la jeune femme.
- Bah, tous les gueux se ressemblent qu’ils soient morts ou vifs ! grogna le chevalier
- En outre, je ne suis pas une donzelle, je m’appelle Pam_Malibu, fille de Takamaka de haute plate et de…s’insurgea t’elle.
- Ton nom ne m’importe guère et ton ascendance encore moins ! Tu es sur nos terres et tu nous doit obéissance et respect ! Si tu ne veux pas que je te rosse comme une vulgaire mule récalcitrante, tu as intérêt de changer de ton ! Va chercher de l’eau pour mon fidèle destrier et dépêche toi, je n’ai pas de temps à perdre en baliverne. Je dois vite informer notre diplomate de la situation !
- Notre diplomate, qui est il ? questionna Pam Euh, d’accord, j’y vais, Monseigneur, de suite, Monseigneur » continua t’elle.

Devant l’œil mauvais du chevalier, Pam se hâta d’aller chercher de l’eau. Le cheval avait grand soif et but d’une traite le contenu du seau. Le chevalier daigna, pendant ce temps, poser les yeux sur la jeune femme. Malgré son air peu engageant, ses frusques sales, ses cheveux mal coiffés et son teint livide, il se dégageait de la jeune femme une beauté indéfinie. Malgré sa jeunesse et son appartenance certaine à une classe inférieure, elle avait un port de tête digne d’une reine. Hésitant au premier abord, le chevalier se résolut à dire enfin à la gamine :

« Notre diplomate actuel est Messire Phoebus, il doit se trouver en ce moment en notre forteresse de Midgard ! Va le voir si tu cherches travail. Mais lave toi avant de le voir, Messire Phoebus n’aime pas les souillons !
- Je ne suis pas d’ici, comment va t’on à Midgard ?
demanda Pam en frottant avec un peu d’herbe la monture du chevalier.
- Va voir Hallaserke au Nord Est, c’est une passeuse et demande lui de te transporter. Tiens, voilà 200 pos pour ton voyage, tu lui remettras si elle grogne, cela devra suffire et fais attention, les terres regorgent de malfrats, de démons, béonides et autres centaures ! Bon ,j’y vais maintenant ! Adieu jouvencelle ! » conclut le chevalier tout de noir vêtu en lançant son cheval blanc à brides abattues vers des horizons lointains.

Laissant les cadavres aux pleureuses et les ruines au village, Pam remplit sa gourde au puit. Bientôt, il ne pourrait plus servir à rien pendant longtemps, pollué qu’il sera par la pourriture des corps en décomposition.
Dans le ciel nuageux volait des oiseaux, des tas d’oiseaux, surtout des charognards, mais pas de corbeaux. Pour une fois que ces satanés bestioles auraient pu être utile…
Pam ajusta ces frusques et reprit son chemin, vers le Nord Est…
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MessagePosté le: 08 Sep 12:31    Sujet du message: Répondre en citant

VI) De l’importance de savoir parler pour les démons…

Qu’il est bon de marcher quand on sait où on va ! C’était la première fois depuis son départ de la maison familiale que Pam savait où elle allait. Elle avait alors tout naturellement pris la direction du village car c’était la seule route qu’elle connaissait un peu mais elle ignorait alors quelle allait être sa prochaine étape. La peur de l’inconnu l’avait toujours effrayé, c’est pour cela que Pam avait toujours été avide de connaissance et de savoir, même si elle était une incorrigible paresseuse. Maintenant, elle savait. Maintenant, elle avait un but. Pas le but de sa vie, mais un petit but. Cela fait toute la différence surtout quand on est à l’extérieur.

En haut d’une petite côte, Pam aperçut un petit ruisseau un peu plus bas. Au détour du chemin, à l’ombre d’un bosquet, c’était l’endroit idéal pour faire ses ablutions. Cela faisait trop longtemps qu’elle s’était négligée et elle ne pouvait pas décemment se présenter devant un diplomate sale et puante. On aurait dit qu’elle sortait tout droit d’une fosse à purin. Elle ne savait pas trop ce qu’était un diplomate mais elle se doutait que c’était quelqu’un d’important. L’endroit semblait désert, calme et paisible, elle décida donc de s’y arrêter.

Lentement, elle se dévêtit. Lascivement, elle glissa les mains de ses seins jusqu’aux reins en massant délicatement chaque pouce de son corps, profitant pleinement du bien fait de cet attouchement. Une douce chaleur la submergea bientôt. Se rendant compte subitement de son état dénudé, elle ramassa enfin ses vêtements tombés par terre et les posa sur un buisson. Elle profita encore un court instant du soleil chauffant avant de plonger dans l’eau fraîche. Enfin fraîche, plutôt glacée. Sa peau se figea en un instant en une chair de poule digne des meilleures volailles déplumées prêtes à rôtir. L’instant suivant, le soleil disparut masqué par un nuage sombre, l’eau parut alors presque chaude.

« La relativité des choses et des éléments, voilà un sujet qui est des plus intéressants… » se dit Pam en savourant le délicieux mélange de froid et de chaud sur son jeune corps encore tout émoustillé par ses effleurements précédents.

Le soleil refit son apparition et réchauffait maintenant ses petits muscles toujours endoloris par une trop longue route. Elle demeurait persuadée que ses cauchemars étaient à l’origine de sa lassitude, mais elle devait bien reconnaître que le chemin qu’elle avait parcouru était long et épuisant même pour elle. Un si long chemin pour en arriver jusqu’à là, lasse !
Qu’il était bon de se laisser aller, de plonger la tête sous l’eau, de jouer les méduses, de se gonfler les joues d’eau fraîche et de la rejeter quelques pieds plus loin dans le gargouillis d’un jet d’enfant. Que ses malheurs étaient loin à présent !
Le vent se mis tout à coup à souffler en une bourrasque digne de décorner les bœufs. Emportant ses frusques plus loin, hors de sa portée sans autre alternative que de mettre en évidence une nudité quasi parfaite pour aller les rechercher, ce vent fripon était décidément coquin.

Elle se souvint d’une ritournelle qu’elle avait ouie un jour qu’elle était allée au village au temps où cela en était encore un. Un petit air sans grand intérêt qu’un simple troubadour avait fredonné contre un peu de pain et de vin. Mais un air qui aurait pu la désigner à ce moment précis.
« A l’aube de la claire fontaine, elle alla se baigner toute nue. Une saute de vent soudaine fit disparaître ses habits dans les nues…
- Corne de Bouc, ce vent fripon m’a laronner mes affublements, bah, profitons de l’instant présent ! Il sera toujours temps de les récupérer plu tard. »


Pam replongea dans l’eau sans plus se soucier de ses atours. Jouant au saumon à deux têtes, son corps se mouvait dans un ballet incessant entouré d’écumes. Elle jouait, elle riait, insouciante. Elle plongeait pour mieux ressortir quelques temps plus tard quelques mètres plus loin dans une gerbe d’eau éclaboussante. Et le ballet dénudé reprenait, impudique et incessant.

Le Diable est d’un naturel voyeur, près à profiter du moindre moment de faiblesses des zhoms et ses suppôts ne valent pas mieux.
Celui là était plutôt quelconque. Ni trop grand, ni trop rabougri. Ni trop beau, ni trop laid. Ni trop sot, ni trop instruit. Il était de toute son âme, de tout son être et c’était déjà beaucoup. Un bon petit diable en quelque sorte… Enfin si cela peut exister.
Il était venu panser ses plaies occasionnées certainement par une vache ou un cheval. Ses fesses portaient encore les stigmates de sabots et son air piteux montrait qu’il n’avait pas du gagner son combat contre le bovidé ou l’équidé. Il voulait également se désaltérer à la fraîche rivière.
Trop absorbé par ses blessures, le jeune démon Dark_Bourain n’avait pas vu la jeune fille au prime abord. Mais un plongeon plus profond de la jeune femme absorbée par son jeu l’arrosa tout à coup et lui fit lever les yeux vers le centre de la rivière. Ces yeux aveuglés par un rayon de soleil ne lui permit pas de voir de suite la baigneuse.
Enfin, il la vit. Dark_Bourain n’en croyait pas ses mirettes ! Une zhomette complètement nue ! Il en lâcha son arbalète qui tomba dans l’eau emportée aussitôt par le courant.

« Grreuh ! Perdre une arme ch’omme ch’a ch’est vraiment ch’ot ! » Grogna le démon qui chochotait plus que la moyenne.

Aussitôt, Pam en entendant les bougonnements de la bête avait plongé, sans bruit, la tête sous l’eau. Apeurée, la jeune fille tenta de se diriger vers l’autre berge du ruisseau. Hélas, à cet endroit précis, il était justement au plus large et elle ne put atteindre l’autre bord sans faire surface. Elle n’était pas petite sirène et malgré ses efforts et sa détermination, bientôt l’air commença à manquer dans ses poumons qu’elle avait pourtant fort développés.
Surgissant du fond de la rivière dans un jaillissement réparateur pour reprendre une bouffée d’air salvatrice, Pam se retrouvait à la merci de l’ennemi. Ses cheveux noirs dégoulinaient sur ses épaules. Elle décida de faire face. Elle se tourna vers l’individu et lui lança :

« Bien le bonjour, Compère, on se rince l’œil ? »

Et l’autre était là ! Il profitait de ce spectacle sans retenu, bavant de tout son fiel, les yeux exorbités par ce spectacle charmant.

« Ch’est pas ch’e que vous ch’royez ! Dit le jeune démon.
- Vous ne savez pas ce que je pense ! Je pense que vous n’avez pas souvent vu de femme nue, me trompe-je ? s’enquit la jeune femme
- Ch’est à dire que je n’ai pas vu de femme auch’i nue… Ni auch’i belle, Osa l’impudent.
- N’avez vous que des femmes nues laides ? Interrogea Pam en sortant enfin de l’eau. Si tel est le cas, c’est fort regrettable ! La beauté est une chose pas si singulière ! J’ose espérer que les Dames de votre cour ne sont pas toutes vieilles, rabougries et hideuses.
Tournez-vous si vous ne voulez pas que je prenne la chose mal ! Et fermez votre bouche ! Vous allez finir par avaler je ne sais quel insecte. »
Ordonna Pam.

Le jeune démon se retourna. Le rouge lui était monté depuis longtemps à la face et il faisait peine à voir. Lui qui se prenait pour un grand guerrier, à l’abri de tout, était complètement décontenancé par la nudité d’une jouvencelle.
Il décida de se taire, Il s’était déjà suffisamment montrer sot sans en rajouter.

« Le mieux ch’est de lui répondre uniquement quand elle me poch’era une question, de la manière la plus ch’ourtoise et ch’onch’ise poch’ible ! Je suis un guerrier et je ne ch’onnais rien au chose de l’Amour Ch’ourtois ! Je ch’uis un rustre, un balourd qui me complait guère qu’avec les ch’oureuses de Dot ! Mais Diantre que ch’ette zhomette est belle ! J’en ferai bien mon ordinaire ! » Décida - t’il. Il ferma la bouche mais, du coin de l’œil comme le font tous les pervers pépères, il continuait de mater la jeune femme sans vergogne. (Note de l’auteur : On peut remarquer que même intérieurement, ce démon chochotte !)

« Si tu ne veux pas que je me fâche et que je te tire les oreilles, tu as intérêt à te tenir tranquille et à arrêter de me dévorer des yeux ! » Exigea Pam. Le démon aussitôt cessa.
- De quel village viens-tu ? Questionna la jeune fille.
- Je viens de la grande Pandora dans notre monde à nous, les démons ! Répondit le démon
- Tu es un démon ? Mais les démons sont le fruit de l’imagination des faibles ! Tout le monde sait qu’ils n’existent pas. Affirma Pam_Malibu.
- Et moi, je suis un ch’auchemar alors ? Je ch’uis Dark_Bourain ! Je ch’uis un grand magich’ien, ch’ors, je vais te montrer de quoi je ch’ui ch’apable ! »

La nature du démon est ainsi faite qu’au moment où Pam sortit de l’eau, Dark_Bourain se rua sur elle et l’on sait que si le démon brille ce n’est pas d’intelligence et qu’au lieu de profiter de l’occasion comme l’aurait fait n’importe qui, il se fendit dans une prière satanique. Maladroit comme deux mains gauches pour un forgeron droitier et néophyte dans l’art de la magie noire, au lieu de montrer à Pam le joli sort de l’envol des chauves-souris le soir devant les joncs qu’il voulait faire, il fit imploser Pam dans une nuée de cafards et de mouches.

« Ch’aperlipopette ! Je l’ai fait boum au lieu de crac-crac boum ! Je ch’uis un mauvais ! » S’excusa le démon au vestige poussiéreux qui demeurait à la place où se tenait la jeune dénudée encore quelques instants auparavant.

Un corbeau observait la scène depuis son arbre perché. Un corbeau noir comme le jais. Quand il vit de ses orbites dépourvues d’œil la destruction de sa protégée par ce minable diablotin, il s’envola d’un tirant d’aile et fit choir sur Dark_Bourain toute la fiente dont il était détenteur. Comme Il venait d’absorber une quantité monstrueuse de baies diverses, je vous laisse imaginer le carnage.
Dans un croassement pétrifiant, il s'évapora à la recherche de la réincarnation de Pam.

Pris d’une rage folle, le démon se nettoya du mieux qu’il put en gémissant comme un nouveau-né et en grognant comme un porc qu’on égorge. Ses bruits remplissaient le bosquet et quiconque n’aurait pas vu la scène aurait tremblé de peur devant ces cris inhumains.

Des marques de sabots sur le cul et de la fiente sur le groin, le retour de Dark_Bourain parmi les siens ne passerait pas inaperçu.
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MessagePosté le: 02 Oct 8:52    Sujet du message: Répondre en citant

VII) Les cachots de Midgard

Quand Pam revint à elle, elle se trouvait au plein centre de la cour d’honneur de Midgard.
Hébétée, la jeune fille ne savait plus où donner de la tête. La magnificence de la citadelle n’avait d’égal que celle de ses collines infantiles, avec plus de briques bien sur. Peu importait la direction où la menait son regard, elle ne pouvait voir que dorures, belles demeures et autres palais majestueux. Des jardins propres ornaient les coins des rues tirées au cordeau. Partout la magnificence des lieux invitait au repos et à l’amour.

Les nobles et jouvencelles flânaient dans la tiédeur du soir. Chacun courtisait chacune dans le plus strict protocole de l’amour courtois. Du bout des lèvres, les dames chuchotaient des mots tendres que leurs compagnons mettaient des heures à comprendre. Eux faisaient sourire et courbettes d’une façon si ridicule que l’on croyait bien qu’ils souffraient de bêtise.
Plus loin, quelques troubadours racontaient des ballades épiques à des guerriers solitaires avant qu’ils se décident à partir pour la plus proche taverne pour se saouler, engloutir victuailles et engrosser quelques bordelières.

Pam tenta de héler un damoiseau solitaire qui était proche d’elle afin de lui demander où elle se trouvait. Aucun son, même le plus petit chuchotement de parvint à sortir de sa bouche. Pam était devenue muette !

« Corne de bouc ! » S’exclama t’elle en silence. « Qu’a donc fait ce stupide démon, privé la terre de ma magnifique voix ! »

Le damoiseau s’éloigna sans même voir la gamine et sa nudité. Un apprenti prêtre sans aucun doute comme le laissait supposé sa tonsure rigoureuse et son habit de moine. L’habit ne fait pas le moine, c’est sur, mais on peut reconnaître un moine à cent lieues à sa façon de ne pas voir ce qu’il ne veut pas voir.

Les gesticulations de Pam l’auraient sans aucun doute fait embastiller illico par quelques sergents si en quelques instants à peine, la vision paradisiaque de la belle Midgard laissa place à un horrible spectacle cauchemardesque. L’air devint rapidement irrespirable. Des lueurs rouges et violettes déchirèrent le ciel en des arabesques grotesques. Le vacarme devint assourdissant. Un boulet vint s’écraser en plein sur une échoppe. C’est sûr, le tenancier de la boutique aurait du rangement à faire le lendemain.

Des cornes de brume et des cloches retentirent dans toute la ville. De partout des zhoms sortaient, armés jusqu’aux dents, l’air féroce du chien loup n’ayant pas mangé depuis des lannéandes dans le regard. Des bêtes fauves…

Les badauds courraient dans tous les sens. D’autres les croisaient dans le plus invraisemblable chaos faisant de la cour d’honneur un bazar digne de marchands peu scrupuleux empilant leurs chalandises les unes au-dessus des autres pour ne pas que l’on voit l’état délabré de leurs marchandises.

« Alarme, Alarme, les démons nous attaquent criait un jeune blanc bec
- le mur sud est une passoire. Il faut le renforcer criait un autre, beaucoup plus vieux mais tout aussi bête, il se dirigeait pile poil vers le Nord, laissant à des plus téméraires le soin de se laisser tuer.
- Laissez moi passer, bande de merdeux si vous ne voulez pas que je vous renvoie dans les jupes de votre mère ! Mettez-vous à l’abri, oh et puis que Thor vous garde ! » Hurlait une blonde acariâtre saccageant tout sur son passage.

Elle se dirigea d’un pas sur vers une estrade, grimpa dessus et aidé un bâton aussi long qu’elle, elle commença à se lancer dans une incantation. En un éclair dévastateur, la magnifique blonde renvoya d’un coup la horde de démons qui commençait à franchir les murailles déchiquetées de la forteresse. Le silence envahit alors la nuit et seuls quelques gémissements de miséreux crevards troublaient la quiétude revenue.

« Bravo, Liona, joli sort ! Dit un homme d’une haute stature, vêtu d’une magnifique robe d’ornement verte.
- Bah, que de la vermine ! Je retourne à la taverne ! J’ai une migraine terrible et j’aimerai bien me saouler tranquille ! » Affirma la jeune femme blonde.

C’est à ce moment là qu’elle aperçut Pam, nue comme un ver en plein centre de la cour.
« Gardes, il y a une traînée qui rode ici ! Je ne la connais pas et elle n’a pas l’air net. C’est à votre portée de la foutre au cachot où je dois m’en occuper toute seule ? » Questionna la jeune magicienne.
« C’est bon, je m’en occupe. » Grogna un sergent, court sur patte et à l’aspect bovin qui reniflait un énorme rhume et crachait sans cesse des mollards jaune verdâtre à chaque pas.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le sergent traîna Pam par les cheveux jusque dans l’antichambre des oubliettes. Sans se soucier des gesticulations de la jouvencelle, il l’enferma dans une minuscule cellule où les rats grouillaient, se battant les uns les autres afin de mieux se bouffer.
Jetée à même le sol, Pam en écrasa un ou deux. Les autres, apeurés, déguerpirent dans les coins avant de se remettre à pratiquer leur loisir de cannibale. Ces pauvres rongeurs, tellement habitués à se dévorer les uns les autres en avaient même oublié le goût de la chair humaine. Aucun ne fut assez malin pour venir de suite goûter de la Pam_Malibu.

Le garde revint, toujours en reniflant avec une loque en toile de sac à patates et lui ordonna de s’en revêtir. La harde n’était pas bien jolie et ne mettait pas en valeur les formes parfaites de la jeune femme. Décidément, ces zhoms n’avaient aucun goût pour habiller leur Dame. Mais au fond de sa cellule, Pam se doutait bien un peu qu’elle n’aurait pas le droit à des visites de courtoisie, alors, la piètre qualité de l’habit ne la dérangeait guère. Toute trouée, c’est à peine si la guenille réchauffait la gamine de la fraîcheur de la pièce. En outre la toile à patate grattait et puait ! Elle était plus appropriée à nettoyer le cul des porcs qu’à vêtir une femme, mais même à cette époque là, on ne trouvait plus personne pour nettoyer le cul des porcs. A quoi bon d’ailleurs ? Pour la foire aux bestiaux, bien sûr !

Le garde referma la porte dans un grand crissement fort lugubre… Pam se retrouva seule avec ses rats. Un gros rat qui te bouffe le cerveau, cela permet d’oublier. Pam se souvint des années obscures où elle se promenait avec un rat en laisse. Elle aimait bien les animaux et généralement les animaux l’aimaient bien.

« Si tu me mors, je te mors ! » Promis t’elle à un rat noir un peu plus téméraire que ces compatriotes qui s’approchait des jambes de Pam jusqu'à venir flairer ses pieds. L’animal dut la comprendre car rapidement il délaissa la jeune fille et retourna donner des coups de dents à une femelle grise qui protégeait sa progéniture agrippée à sa longue queue du mieux qu’elle ne pouvait.

« Ah, c’était bien la peine de se laver ! Je me retrouve aussi sale qu’auparavant ! » Se dit la gamine en constatant son état poussiéreux.

Elle regarda autour d’elle. Une paillasse crasseuse sur le sol, une timbale rouillée, une porte en bois épaisse fermée par une serrure renforcée et puis rien. Un peu de lumière filtrait par une ridicule lucarne. Dans le lointain, Pam percevait les hurlements d’une bête à qui on devait poser la question. Bientôt ce serait elle qui serait interrogée et si elle ne parvenait à recouvrer sa voix, sa condition parmi les zhoms finirait sans autre forme de procès au bout d’une corde après avoir souffert le martyr parmi les engins d’empalement, d’écartèlement et autres tortures innommables.

Pam avait repris maintenant tous ses esprits. Ses idées se bousculaient de nouveau dans la tête. Elle devait sortir au plus vite, se terrer quelque part en attendant que sa voix lui revienne puis venir s’expliquer devant l’Ambassadeur. Lui comprendrait ! Un homme aussi sage, aussi respectueux qu’un ambassadeur devait avoir du bon sens ! C’était indéniable.

Comment sortir d’une cellule fermée ?
Par la lucarne ? Elle était vraiment trop petite et même si Pam était très fluette, sa tête ne passait même pas !
Par le sol ou les murs ? Trop long. Elle n’avait pas beaucoup de temps, elle le sentait !
Par la porte ? Elle était fermée. Une porte cela s’ouvre peut être, même si on n'a pas la clef !
Pam s’approcha de la porte et examina la serrure. Celle ci était très vieille et semblait des plus rustiques. Pam glissa son petit doigt dans le trou et capta chaque détail.
Son petit doigt lui dit tout. Comment la serrure était constituée, ce qu’il fallait faire. Elle comprit de suite le mécanisme et parvint à dresser dans la tête un schéma si parfait de la serrure qu’il ne lui fallut pas plus de 3 minutes ensuite pour forcer le verrou.
Sans outil autre que sa tête, sa faculté de visualisation, son petit doigt et une bonne dose de chance, Pam était parvenu à ouvrir la porte.

La porte s’ouvrit dans un crissement assourdissant. Pam se rua à l’extérieur. Déjà elle entendait le bruit sourd des pas lourds du sergent court qui descendait l’escalier et ses éternuements et ses crachats. Elle se plaqua contre le mur et se fit si petite, si menue, si discrète que le garde passa à moins de deux pieds d’elle sans la percevoir.
Seule l’odeur pestilentielle des atours de Pam trahissait sa présence mais le courtaud étant enrhumé, il ne la sentit point.
Arrivé devant la porte béante, le garde, fort benêt, se pencha à l’intérieur, pour mieux regarder. C’est à ce moment précis que Pam se jeta les deux pieds en avant sur le cul du sergent qui fut propulsé dans le cachot. La tête de malheureux heurta la timbale rouillée avant de s’écraser sur le mur du fond dans un bruit creux. Déjà les rats se précipitaient sur lui. Ils s’étaient souvenus subitement du goût exquis de la chair humaine.

Pam prit le temps de faire les poches du sergent ou elle trouva une bourse bien remplie et un petit couteau. Elle referma la porte après avoir dit au revoir à son nouvel ami le rat noir et se glissa sans bruit dans l’escalier qui menait dans l’arrière cours de la Bastide. Aucun garde à l’horizon. Elle parvint sans peine à sortir de la geôle et se retrouva sur la grande place.
La nuit était tombée depuis bien longtemps, la place était déserte et dormait sous juillet. Pam_Malibu pris une rue étroite et sombre de la belle Midgard et s’enfonça inconnue dans la cité.
Un peu plus loin, elle trouva du linge qui séchait sur une barrière. C’était les habits d’une servante mais ils étaient faits de belles étoffes et sentaient bon. Pam jeta sa pouque et revêtit les habits de la classe laborieuse. Elle espéra sincèrement que la bonniche ne se fasse pas rosser le lendemain par ses patrons, aussi pris t’elle la précaution de mettre quelques piécettes au pied de la barrière. La servante avait là de quoi se payer une nouvelle tenue.
Elle ramassa la harde puante se jurant bien de la jeter dans les égouts. Elle trouva un brasero ou elle mit les guenilles dans le feu et partit trouver refuge dans une taverne bruyante " L’Estaminet."

Sur la devanture de l’échoppe qui faisait fasse à l’auberge, un drôle de volatile, ma foi en piteux état, vaquait à ses occupations. Il enlevait quelques parasites, se lissait quelques rares plumes d’un profond noir et contemplait de son orbite dépourvue d’œil la silhouette furtive pénétrant dans l’établissement où rires et chants trouaient le silence de la nuit…
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MessagePosté le: 02 Nov 14:13    Sujet du message: Répondre en citant

VIII) La Rencontre diplomatique.

Attablée à la table la plus bancale qui pouvait exister à l’Estaminet, Pam_Malibu était fort attentive et effrayée. Elle s’attendait à être arrêtée par une troupe de sergents de la citadelle de Midgard d’un instant à l’autre.
Elle ne séjournait pas depuis longtemps dans la forteresse humaine mais elle s’était déjà fait remarquer, complètement nue sur la place publique, embastillée manu militari dans les geôles de la forteresse zhom où elle était parvenue à s’échapper, Thor sait par quel miracle, tout en assommant le sergent de garde. Pour couronner le tout, elle lui avait piqué sa bourse, l’avait laissé se faire dévorer les tripes par des rats affamés. Enfin et c’était sans conteste le moins grave, elle avait emprunté des vêtements de servante qui séchait sur une clôture.

Elle, la si sage Pam, la plus gentille, la plus serviable des jeunes filles du plateau des hautes terres, était sans nul doute la personne la plus recherchée de la capitale humaine. Et pourtant, elle se pavanait, là, dans la taverne la plus fréquentée qu’elle n’eut jamais vu auparavant.

Au comptoir se tenait la blonde magicienne, deux bouteilles vides devant elle, l’air passablement éméchée. Chose consternante dans une taverne bondée de voir de part et d’autres de Liona deux tabourets vides. Peut être attendait-elle quelques personnes ? Mais depuis plus d’une heure maintenant, les sièges restaient désespérément vides.
Non, apparemment, personne ne voulait s’asseoir à coté de l’acariâtre blonde. Tout le monde semblait se tenir à l’écart, comme si la magicienne, complètement bourrée maintenant, pouvait, en un délire éthylique, anéantir ses voisins de boissons d’un brusque accès d’humeur qui semblait caractériser la jeune femme.
Pam reconnut aussi le majestueux personnage à la robe verte. Celui ci faisait ripaille avec trois compagnons, parlant fort et buvant semble t’il plus que de raison également. Ils discutaient stratégie et des mots tels que Catapulte, quête, chasseur lui venaient par brides décousues lors des brefs moments d’accalmie.

Le brouhaha était assourdissant et la grosse serveuse à laquelle elle avait eu affaire ne s’était pas alarmée de ne pas entendre le son de la voix de sa jeune cliente. Elle avait apporté machinalement une assiette presque sale remplie d’une potée au moins comestible ainsi qu’une boisson sucrée de couleur vaguement rougeâtre que Pam eut beaucoup de mal à absorber.
Comme elle ne s’était pas fait insulter lorsqu’elle avait présenté le plat, la grosse était repartie dodelinant de ses hanches épaisses vers une autre tablée. Elle avait apporté la même potée aux zhoms installés mais la boisson différait. A voir les gaillards boirent avec satisfaction ce breuvage, Pam fut un peu jalouse de ne pas avoir eu le droit au même traitement de faveur. Bah ! Son jeune minois l’avait sans doute fait passer pour une enfant tout juste capable de boire une boisson rouge sucrée. C’est bien ce qu’elle était après tout.
La bibine semblait de toute façon trop forte pour elle car nombreux étaient les zhoms qui après avoir bu juste une chopine, semblaient éméchés. Certains hurlaient des insanités à faire rougir les coureuses de remparts, d’autres gerbaient et enfin nombreux étaient ceux qui allaient pisser tous les quart d’heures pour vider leur panse pour mieux la remplir leur pissat fini.

Pam partageait sa table avec un jeune homme fort bien bâtit qui, un fusain à la main, faisait depuis longtemps déjà des dessins sur la table. D’où elle était, la lumière n’étant pas bonne à cet endroit, Pam ne distinguait pas grand chose de ce qu’il gribouillait. Elle crut à un moment distinguer une épée à moins que ce ne fut un coutelas dont on se sert pour nettoyer les sabots des chevaux…
Elle s’amusait de voir l’allure tour à tour consterné du jouvenceau quand il devait tomber sur un os puis ébahi puis radieux quand il avait résolu son problème.
De temps en temps, il se levait, traversait la salle en évitant les serveuses et leurs plateaux et les soûlards qui chancelaient dans les allées étroites de la taverne et se dirigeait vers un homme d’un certain âge que de nombreux guerriers venaient visiter. Il s’entretenait brièvement avec lui puis repartait dans la direction de Pam. Il n’avait à peine jeter un regard sur elle ce qui avait déçu la jeune femme qui naissait en elle mais aussi rassuré un peu la gamine fugitive.

Pam commençait à être rassasiée de la bouffe à peine mangeable et elle s’apprêtait à se lever quand un individu à l’aspect rebutant, une sorte de porcin avec un furoncle sur le nez se dirigea vers sa table. Se tenant les deux grosses pattes sur la table, il empêchait la sortie de Pam coincée entre lui et le mur. Il grogna fort méchamment vers le jeune dessinateur.

« Sagres, Ton épée c’est de la merde ! J’ai à peine donné un coup sur cette raclure d’Attila qu’elle s’est pétée en deux. T’as intérêt à me rembourser ! » Hurla le furoncle.
« Oh la calmez-vous Messire, je ne vous l’ai pas fait payer ! Et n’oubliez pas non plus à qui vous parlez, je suis plus vieux que vous parmi les zhoms ! Je vous ai donné gracieusement cette arme et je suis désolé si elle a cassé si rapidement. Je suis novice, vous le savez bien et j’ai du faire une erreur à moins que vous n’ayez tapé comme un âne. » Se défendit le jeune forgeron.
« Bah, tous les mêmes les noobs, incapables de faire quelque chose de bien ! Ben pour t’excuser, présente-moi la greluche qui est avec toi ! » Grogna le porc en désignant Pam d’un geste peu délicat.
« Je ne le peux, je ne la connais pas. Elle était déjà installée lorsque je me suis assis. » Répondit le jeune forgeron qui se leva précipitamment, fit une courte révérence à Pam et tenta de partir.
« Reste la, merde de mouche ! » Lança t’il à Sagres en le poussant violemment sur sa chaise.

Sagres, surpris, fut emporté par la violence de la poussée. Il tenta bien de prendre appui sur la table pour se rétablir mais le pied bancal se déroba et il tomba à la renverse, sa tête cognant lourdement une des dalles irrégulières de l’Estaminet dans un bruit mat. Du sang commença à couler par l’oreille du malheureux gisant à terre.

La face de groin ignora le jouvenceau agonisant et poursuivit alors, en ce tournant vers Pam, son étude des corps parfaits. De face, il était encore plus hideux que la jeune femme pouvait l’imaginer.

« Que cela est dommageable ! » Cracha t’il.
« Va falloir que je compte fleurette sans rien connaître d’elle. Mais bon, je suis près à relever le défi tant cette Mignotte est à croquer. Quels jolis pis, quel magnifique crépion Je me sens rajeuni de Vingt lanéandres, je suis tout émoustillé. Viens la, ma puterelle que je te force et que je te montre ce qu’est un vrai male! » Ajouta le bellâtre d’un air concupiscent.

L’alcool inhibe toute retenue cela est fort connu, alors quand un gros ruffian boit de trop, il ne faut pas s’étonner que son langage dérape et qu’il joigne les actes aux paroles. L’individu en question commençait à se lécher les babines en pensant au jeu françois qu’il allait avoir avec la jeune fille. Sans aucune pudeur, sa main se dirigea sur le sein de Pam et il commença à la peloter sans vergogne. De l’autre main il commençait à sortir un instrument que rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici. Gare au Gorille !

Pam ne savait plus que faire. Elle se trouvait coincé entre le mur et le personnage fort imposant qui était résolu à lui parler, à la courtiser voire même à la culbuter. Elle, pourtant si insignifiante, avait espéré passer complètement inaperçue dans une taverne bondée mais voilà qu’un gros porc bourré avait jeté son dévolu sur elle. N’étant pas de celle à se laisser faire comme cela par n’importe qui, Pam ne put retenir son geste et sa parole.

« Laissez-moi, Messire, je ne suis pas une catin ! » Parvint à dire Pam en giflant de manière fort bruyante le malotru. Elle tenta de se dégager et bouscula le lourdaud. Elle était presque parvenue à ses fins lorsque celui-ci, fort vif malgré son état de vinification avancée, la rattrapa.
Il lui tordit le bras si fort qu’on entendit un crac, comme si l’os venait de céder. Pam hurla de douleur. Elle mordit alors à pleine dent le bras adipeux qui la retenait. Fou de rage, le porc s’apprêta à gifler brutalement la gamine quand, surgi de nulle part, arriva l’homme à la robe verte. D’une poigne de fer dans un gant de velours, il attrapa la main levée du ruffian et entonna d’une voix qui ne souffrait d’aucune réplique.

« Cela suffit, Po ! Je vous ai déjà prévenu à maintes reprises, je ne peux tolérer vos manières et vos agissements ! Sortez ou je vous fais enchartrer jusqu’à la fin de vos jours. Vous devez quitter immédiatement Midgard, cette décision est sans appel ! "

Po tenta bien de sortir une lame de son plastron et de poignarder l’homme à la robe verte. Le silence s’était fait dans la taverne et tous les yeux étaient diriger vers le coin de la salle.
Tous s’insurgèrent en poussant un « Oh ! » de consternation et de réprobation. Certains se levèrent, la main sur le fourreau près à intervenir. D’autres, peu nombreux, riaient la tête sous cape.
Phoebus, plus vif et plus aguerri aux combats des tavernes fit lâcher son arme à Po et l’envoya valdinguer le long du comptoir où Liona d’un coup de cul de bouteille lui explosa la tête. Elle replongea illico son nez dans un verre.

Deux zhoms prirent alors le ruffian par les pieds et le tirèrent sans ménagement hors de la taverne. Les personnes attablées près de la porte purent entendre un plouf. L’abreuvoir devait maintenant être rempli de la peine du Pô !

D’un geste, le diplomate fit se rasseoir l’assemblée et déclara :
« Allons les amis, l’affaire est close, buvons ! Qu’on aille me chercher Dame Hello ou Dame Cadfael, il y a des blessés ici. » Ordonna Phoebus.
« Je suis présente, Messire ! Laissez moi voir ! » Annonça une femme tout en armure.

Dans mouvement rapide elle regarda le bras de Pam et d’un geste brusque et précis tira d’un coup sec. Aussitôt, la douleur déserta la jeune fille.
« Voilà, petite, demain il n’en paraîtra plus rien. Evite cependant pendant quelques jours de forcer sur ton bras. Cela sera bientôt un mauvais souvenir. Tu n’as rien d’autre ? »
« Non, votre Majesté, je ne crois pas ! » Parvint à souffler Pam.
« Pas de Majesté entre nous, appelle-moi simplement Hello ! » Dit la soigneuse.
« Grand Merci, Dame Hello ! » Remercia la jeune blessée en se frottant le bras encore endolori.
« J’ai dit Hello, ce n’est pas bien compliqué, non ! Bon passons aux choses sérieuses. Voyons la tête du forgeron ! »

Hello s’agenouilla, pris délicatement la tête du jeune homme et constata avec inquiétude une bosse proéminente près de la temporale. Après une longue incantation, le forgeron reprit peu à peu ses esprits. Hello lui mit une pommade sur la bosse qui se résorba alors à vue d’œil.

« Aïe ma tête, ça fait mal ! » Parvint-il à dire.
« Ce n’est rien Messire Sagres, vous avez fait une mauvaise chute lors de votre altercation avec ce mécréant de Po. » Répondit le Diplomate.
«Je voulais vous voir justement ! Votre Maître, Ludwig Innocent, est fort satisfait de vous et de votre application. Votre dernière épée est semble t’il fort prometteuse. Vous avez un réel talent. Continuez comme cela, les forgerons de qualité sont toujours recherchés et nous en avons fort besoin. » Déclara Phoebus d’une voix pleine de sincérité.
« Merci Messire, il est bon de se sentir soutenu et reconnu par ses pairs. Je vais de ce pas essayer une nouvelle technique que j’ai lu dans un ouvrage centaurien. Si vous permettez… » Répliqua péniblement le dénommé Sagres, le rouge aux joues.
« Plus tard, jeune homme ! Il faut d’abord vous reposez. Et vous Messire Phoebus, quand vous aurez fini vos discours, je pourrai finir de le soigner ! Vous deux la! Portez le dans sa chambre et veillez à ce que des racines d’orties lui soit donnés toutes les deux heures. Cela devra calmer son mal de crâne ! » Imposa Dame Hello.

On ne discute pas avec Hello, on obéit. Aussitôt, les deux zhoms désignés, prirent Sagres par les épaules et l’entraînèrent dans l’escalier. Hello les suivit.

Peu à peu le brouhaha repris de plus bel. Nombreux étaient ceux pourtant qui jetaient encore vers Pam et Phoebus des regards interrogatifs mais la bagarre semblait presque oublié. Heureuse de constater que sa voix lui était revenu et que personne ne s’occupait plus d’elle, Pam s’apprêtait à partir de la taverne quand Phoebus l’attrapa doucement par le bras et l’invita d’un geste plein de douceur à s’asseoir. Il s’installa ensuite en face de la jouvencelle.

« Pardonner moi, Madame, si ce malotru vous a offensé, il ne pensait pas à mal. Rares sont les jolies filles ici et il croyait certainement que vous étiez une des nouvelles pensionnaires de Dame E. On m’a dit qu’elle en avait reçu dernièrement et je n’ai pas eu le temps de les rencontrer »(a) Dit t’il de manière fort contrite.
« Sa conduite est de toute façon inqualifiable et je vous prie de pardonner mon intervention si tardive. L’hypocrass est un peu trop fort aujourd’hui et il a du en boire plus que de raison. D’ordinaire, il est lourd mais je ne l’avais encore jamais vu violent avec les femmes surtout une humaine.
Moi, j’aime toutes les femmes mais je les respecte tant vous êtes fortes, courageuses, belles, attentives, intelligentes !
Pardonnez-moi, je me suis montré aussi grossier que lui et que Bozzer réuni, le plus vulgaire Béonide que je connaisse, je ne me suis pas présenté. Je suis le Chevalier Blanc Phoebus, diplomate du moment.
Je me suis montré indigne de ma tâche en vous laissant violenter de la sorte sous mes yeux. Mon Thor ! Qu’ai-je fais ? Comment puis-je me faire pardonner autrement qu’en vous assurant ma protection personnelle permanente !
»
Pam sentit dans le timbre de voix de l’individu qu’il regrettait sincèrement l’incident. Son regard se fit plus tendre et d’un léger sourire, elle lui fit comprendre que cela n’était pas bien grave qu’elle en avait vu d’autres et qu’elle en verrait certainement de pires.

« Ce n’est rien Monseigneur, je ne suis pas importante. » Chuchota Pam_Malibu.

« Que me dites-vous la, bien sur que vous êtes importante. Tout le monde ici à un rôle dans la défense de nos idéaux et de notre forteresse. Oh la, Tavernier ! » Lança Phoebus en direction du comptoir.
Le tavernier arriva, un torchon crasseux sur les épaules. Il était aussi gros que la serveuse et son regard aussi expressif que celui d’une vache. Même la brave Marguerite semblait plus intelligente que lui.

« Apporte-nous de cet élixir venu du doux pays de Yaeth. Celui que tu gardes jalousement dans ta cuisine ! Dépêche-toi, je te récompenserai dignement ! » Exigea le diplomate.
Puis à l’attention de Pam, il rajouta : « rassurez-vous, ce breuvage n’est pas alcoolisé. Il est issu du fruit des larmes de Thor et il est tout bonnement divin !
Alors, qu’est ce qui vous amène à Midgard ? D’où venez-vous ? Quelle est votre profession ? Je veux tout connaître de vous…
»

La nuit promettait d’être belle et longue. Au fond du ciel où apparaissait la lune rousse, un corbeau noir de jais pris son envol. Vers d’autres cieux, il allait à reculons…




(a) Peu de gens le savent mais Dame E. était une maquerelle fort connue sur la place, ancêtre d’une Madame Claude beaucoup moins connue à son époque.
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MessagePosté le: 14 Aoû 5:55    Sujet du message: Répondre en citant

IX ) Tu seras voleuse, ma fille !

Pam avait rendez-vous dans la salle principale de conseil. Le diplomate avait demandé sa présence et même si la gamine ne comprenait pas pourquoi elle était convoquée, elle ne pouvait se soustraire à un ordre diplomatique.
Elle franchit la porte à double battant orné de feuilles d’or et se retrouva dans l’antichambre de la salle de conseil. Deux gardes en tenue d’apparat gardait l’entrée de la pièce où se prenaient les décisions des zhoms. Un peu sur le coté, un jeune scribe attablé à un petit bureau prenait des notes et remplissait des formulaires incompréhensibles et sans doute inutiles. Deux petites portes donnaient sur, pensait-elle, des salles de repos où des sergents grassouillets devaient tuer le temps à coup d’osselets, de manillon et autres jeux en vogue dans les casernes. Un petit banc complétait la décoration succincte de l’endroit.

Elle attendit, patiemment, pendant de longues minutes devant le secrétaire, n’osant le distraire de sa tâche qui semblait si importante. Il l’avait vu, elle en était certaine. Comment aurait-il pu na pas la voir dans un espace aussi réduit, mais il semblait s’en moquer. Au contraire un léger sourire narquois du minable ayant un petit pouvoir illuminait son visage plutôt quelconque. Il se délectait de la situation et aimait faire attendre les personnes. Il n’attendait qu’une chose : C’est que la jeune femme l’interpelle pour mieux la rembarrer. Pam devinant son jeu et ne voulant pas lui donner satisfaction se tint parfaitement coite. Mais le temps commençait à lui paraître long.
Après un interminable moment, dépité de ne pas avoir pu jouer son rôle préféré, le scribe releva enfin son nez et s’adressa à Pam.

« C’est pourquoi ? » Interrogea t’il d’une voix pointue et aigrie.
« Je suis Pam_Malibu, fille de Takamaka des hautes plates et je suis attendue par Messire le diplomate. » Répondit simplement la jeune fille.

Pam s’attendait à ce que le scribe la dédaigne, l’envoie s’asseoir sur le banc ou pire appeller les gardes. Quand elle le vit se lever précipitamment et lui faire une révérence, elle faillit éclater de rire.
« Pardonnez moi Dame Pam_Malibu, Son Excellence vous attend. » Bredouilla t’il.
L’air parfait du niais gamin prit entrain de se lécher les doigts devant un pot de confiture, il emmena la jeune fille à travers la pièce devant la porte que les deux gardes s’empressèrent d’ouvrir.
« Dame Pam_Malibu, des faux plateaux ! » Tonna t’il.
« Hautes plates ! » Corrigea le diplomate.

Le scribe, attristé de montrer son incompétence une fois de plus, ferma la porte et retourna vaquer à sa paperasserie, laissant seuls Pam et le diplomate.

Pam fit une révérence des plus impeccables, Phoebus la remarqua et laissa échapper un léger sourire. Tant de grâce chez une si jeune fille…Il lui fit le baise main traditionnellement réservé aux Dames nobles de la Cour et aux femmes importantes.

« Dame Pam, commença t’il, je vous ai fait venir car il est grand temps d’avoir une discussion avec vous ! J’ai une plainte vous concernant et je ne sais qu’en faire ! »
A ces mots, l’assurance naturelle de Pam lui fit défaut, elle pâlît et commença à trembler légèrement.

« D'aucun dise qu’une jeune femme s’est enfuie hier de nos geôles en assommant le garde et en lui volant une très importante somme. Plus de 1000 pos. » Continua le diplomate.
« Il y avait juste 275 pos ! » Rétorqua Pam comprenant aussitôt qu’elle reconnaissait son acte.
« Ce qui m’inquiète c’est qu’on puisse sortir aussi facilement de nos prisons et même si le garde est un nigaud, sa plainte est légitime. En outre, son crâne est bien fracassé et le coup qu’il a reçu ne va pas améliorer sa bêtise. Certains zhoms voient très mal un tel acte fratricide et d’aucuns, parmi mes moins fidèles amis, parlent déjà de trahison et veulent un procès exemplaire ! » Avoua le mage diplomate.
« Je ne voulais trahir personne, Votre Excellence, je voulais juste fuir de cette prison avant qu’on ne me torture. J’étais incapable de plaider ma cause, ma voix faisant défaut et… » Se justifia la jeune fille.
« Je peux changer le cours des choses et nous éviter un procès inutile. Mais il faut que vous travailliez pour moi… L’acceptez-vous ? » Demanda Phoebus.
Devant l’air interrogateur de Pam, le diplomate reprit :
« L’un de nos maîtres vient de perdre son apprenti et nous avons un besoin urgent, pour une mission particulière d’une nouvelle recrue. Nous manquons cruellement de jeunes personnes talentueuses et vos prédispositions semblent parfaitement idéales. »
« Mais je ne sais rien faire d’autre que de m’occuper des bêtes et tenir une maisonnée. » Avoua la jeune fille.
« Il s’agit d’une tout autre affaire. Avec quelques précieux conseils de Maître Béonir et quelques cours particuliers, je suis persuadé que vous allez pouvoir vous en sortir. Allez, trêve de discussion stérile, je vais vous présenter. C’est cela ou un procès qui vous enfermera au fond des cachots pour très longtemps ! » Décida Phoebus.

Le diplomate se dirigea vers la porte, l’ouvrit et ordonna au scribouillard d’aller quérir Maître Béonir. Devant les protestations de ce dernier prétextant que le personnage était rarement trouvable à cette heure de la journée, le mage se mit en colère et l’envoya voir Dame Ecnélis, l’épouse légitime de Béonir.

« De toutes façons, il revient d’expédition et il sait que je dois m’entretenir avec lui. Aussi attend-il ma convocation chez sa femme ! I l ne doit pas être très loin. Vous commencez à m’agacer avec vos négligences et vos récriminations… Si vous ne voulez pas casser du caillou dans la Montagne, vous avez intérêt à le ramener fissa… » Gronda le diplomate.

Le scribe partit en courant. Visiblement, casser du caillou dans la Montagne devait être une punition importante. Pourtant, casser des pierres n’était pas si pénible, souvent Pam allait reconstruire des murets et aimait bien fendre les cailloux d’un coup sec. Sans doute, les mains tendres du secrétaire n’étaient-elles pas habituées aux travaux manuels.

Pendant ce temps, Phoebus servit un jus de zattes à la jeune fille et parla de tout et de n’importe quoi. Il se renseigna surtout sur les hautes plates, région qu’il n’avait jamais visitée à ses dires. Pourtant, ces connaissances sur les coutumes locales impressionnèrent la jeune fille.
Le scribe se présenta à la porte et introduit un rude gaillard.

« Maître Béonir » dit-il encore essoufflé par sa course qu’on devinait qu’elle avait été rapide.
Le Maître en question était d’un certain âge. Pas trop vieux mais les tempes déjà grisonnantes. Une prestance naturelle. Un bel homme certes… Il paraissait, à la fois bourru et jovial mais c’est la malice qui s’exprimait par ses yeux qui le rendit de suite sympathique à Pam_Malibu.
« Bien le bonjour Messire Diplomate ! » Entonna-t’il.
« Allons, Allons, Béonir, pas de cela entre-nous deux. Nous sommes trop vieux compagnons de routes pour que tu sois obligé de t’exprimer ainsi en privé… Je comprends les convenances lors des réunions officielles mais là, nous n'allons pas passer notre temps à faire des ronds de jambes » Dit simplement le diplomate.
Maître Béonir répondit :
« Tu as raison, viens que je te sers dans mes bras ! Cela fait longtemps qu’on ne sait pas vu, mon ami ! » Répondit le Maître.

Les deux compères se serrèrent virilement, visiblement ravi de se revoir. Pam regardait la scène d’un œil distrait quand elle perçut un mouvement suspect de la part de Béonir. Ce dernier, pourtant plus vif que l’éclair qu’aimait lancer sa femme mais cela Pam ne l’apprendrait que plus tard, était entrain de dérober une petite escarcelle en cuir situé dans la poche intérieure de la robe verte du diplomate.

« Hein ! Quoi ? Je ne rêve pas, il vient de lui piquer sa bourse… C’est quoi ce délire ? » Se demanda la jeune femme.

Pam n’osa pas intervenir. Elle fut rassurer quand à la fin de leur étreinte, elle vit Béonir pouffer de rire tout en jetant sur le bureau la bourse du diplomate.

« Salopiaud, tu m’as encore eu ! » Eclata le diplomate qui se mit à son tour à rigoler.
« Attends, ce n’est pas tout ! Regarde ce que je te ramène ! » Déclara Béonir en sortant deux petits sacs gonflés de ses chausses.
« Je les ai « empruntés » à notre ami Méconnu ! Il se ballade parfois avec une quantité astronomique de pos… J’ai estimé qu’on en avait bien plus besoin que les Béonides… Il y en a environ pour 250000 » assura le Maître voleur.
« Belle moisson ! C’est toujours cela que les démons ne voleront pas… » soutint le mage.
« Bah, malheureusement, il suffit que Ryu intervienne avec Nekko et tous nos efforts seront réduits à néant ! Mais qui est cette charmante damoiselle ? » Questionna Béonir.
« Justement, elle se nomme Pam_Malibu, c’est ta nouvelle apprentie. Elle montre des signes évidents de compétence. Elle a réussi à s’enfuir de la prison, on ne sait pas comment ! Avec elle, on va pouvoir voler Nekko à Ryu ! » Raconta Phoebus tout en remettant dans la poche intérieure de sa robe son escarcelle.
« Je t’ai déjà dit que cela ne marchera pas. On doit agir vite. Très vite même ! Et former un bon voleur prend énormément de temps ! Jamais on y arrivera… » Affirma le voleur.
« De toutes façons, tu n’as pas d’apprenti en ce moment. Cela ne coûte pas grand chose d’essayer ! » Raisonna le mage diplomate.
« Je n’y crois pas ! Elle est un peu trop jolie pour passe inaperçue. Cela est un handicap dans notre métier ! » Prétexta le voleur
« Mais on peut toujours essayer de la rendre moins attrayante. » Renchérit le diplomate.
« Enfin, regarde sa poitrine, on ne peut pas faire grand chose... » Argumenta Béonir.
« Bah, cela peut être un atout ! Pendant que les pigeons reluquent ses mamelles, ils ne regardent pas ses mains… » Répondit Phoebus.
« De toutes façons, je vois que tu as réponse à tout… Bon d’accord, je veux bien essayer mais je ne te promets rien. On va se casser les dents ! » Grogna le Maître voleur.

Durant toute la discussion, Pam avait était un peu gênée qu’on ne lui demande pas son avis. Elle était à la fois fière d’avoir été remarqué par le diplomate et un peu vexée par les remarques du voleur. Visiblement, ce dernier ne croyait pas en elle… Elle allait lui montrer ce dont elle était capable. Pour qui se prenait-il ? Le roi des voleurs ?
L’entretien touchait à sa fin. Elle devait agir vite. Déjà Béonir se tenait sur le seuil de la porte.
« Venez, jouvencelle, nous allons vous montrer les ficelles du métier, en espérant que vous allez comprendre ! » Bougonna le voleur.
Pam s’empressa de suivre Béonir mais dans sa hâte, elle se prit les pieds dans un tapis et ne put échapper à la chute qu’en se retenant au diplomate. Elle en profita pour subtiliser son escarcelle.
Béonir, aida la jeune fille à retrouver son équilibre. Il fut surpris que cette dernière lui remette dans la main, très discrètement, un petit sac en cuir qu’il reconnut aussitôt. Son apparence de vieux ronchon laissa place à un sourire de séducteur, hilare.

« Euh, réflexion faite… C’est possible que cela marche ! » Conclut le Maître voleur en lançant sa bourse au diplomate.
« Corne de bouc, je ne sais pas comment tu as fait ce coup ci ? » Grogna Phoebus.
« Hé, c’est pas moi pour une fois ! » Protesta Béonir en refermant la porte avant de se prendre un pied au cul diplomatique.
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