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[Terminé]Chroniques d'un Beo solitaire
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Elrond
archiduc
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MessagePosté le: 14 Aoû 11:14    Sujet du message: [Terminé]Chroniques d'un Beo solitaire Répondre en citant

1 - Le départ de la Montagne

La descente ne posa guère de problème au vieux Béonide. Même s'il avait rarement emprunté ce chemin, il restait gravé dans son esprit, et la Montagne lui était parfaitement connue, trop peut-être. Après y avoir vécu aussi longtemps, il avait réalisé qu'elle ne lui permettait plus d'exprimer son âme comme il le voulait. Il y avait accompli son œuvre. Il était temps d'en trouver une nouvelle ou de quitter définitivement ce monde.

Il n'avait jamais vraiment quitté la Montagne avant cela. S'il en avait été absent à une période, c'était pour se perdre dans la méditation. Mais son corps, ou le peu de substance qui en restait, n'avait pas quitté la Montagne. Il était également souvent descendu pour ses expéditions de chasse, mais sachant à chaque fois qu'il reviendrait. Pour la première fois, il n'était pas sûr de revenir.

Si la décision avait été difficile, il savait que c'était la bonne. La vie à la Montagne était devenue de plus en plus contraignante, et ces contraintes mêmes pesaient trop lourd pour qu'il puisse trouver sa propre voie. Certaines valeurs qu'il chérissait tant chez les Béos semblaient s'atténuer, tandis que de nouvelles valeurs prenaient corps. Elles n'étaient pas nécessairement mauvaises, mais étaient incompatibles avec les besoins du vieux Béonide.


Il
laissait un héritage important dans le peuple qu'il quittait, mais il était maintenant temps pour ses successeurs de savoir ce qu'ils voulaient faire de cet héritage. Pendant cette longue descente, il laissa son esprit errer, revenir sur son pas. Il était une époque où le rêve d'Elrond était de ramener la paix sur ce monde. Pourtant tout ce qu'il y avait amené était la guerre. Devant une tâche qui paraissait sans espoir, il avait cessé de lutter et s'était fixé un nouvel objectif. Ayant découvert depuis peu le peuple Béonide, il avait décidé d'assurer à celui-ci la reconnaissance devant tous les autres peuples. Cet objectif était maintenant rempli. Plus personne ne pouvait ignorer l'existence des Montagnards, plus personne ne pouvait nier leur puissance. Ils étaient un peuple à part entière, reconnu pour ses valeurs.

Mais il était indécent qu'un Béonide abandonne la lutte simplement parce qu'elle paraissait sans espoir. Et même s'il quittait la Montagne, il restait un Béonide. Il était temps qu'il revienne à son premier rêve. Certes, il ne pourrait pas ramener la paix à lui seul. Aucun des peuples ne pouvait ramener la paix, à moins de détruire tous les autres, ce qui n'était pas possible sur ce monde où l'esprit est plus fort que la mort et la réincarnation le mode d'existence permanent. Mais ce qu'il pouvait faire était amener sa propre paix, ne participant plus à la guerre permanente des peuples. Il n'était pas encore très sûr de la façon dont il pourrait réaliser cela. Après tout, il restait un Béonide et avait besoin de se battre et de se nourrir. S'il avait abandonné la Montagne et son existence passée, il n'avait pas encore abandonné l'idée de vivre.


Il
décida qu'il trouverait peut-être un début de réponse auprès du seul vrai pacifiste connu de ce monde. Ayant atteint le pied de la Montagne, il continua son chemin, toujours sans se retourner, en quête de Tagazok.


Dernière édition par Elrond le 28 Aoû 14:00; édité 2 fois
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Elrond
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MessagePosté le: 15 Aoû 12:09    Sujet du message: Répondre en citant

2 - La première rencontre

Pendant longtemps Elrond arpenta les terres neutres à la recherche de Tagazok. Ses errances l'amenaient parfois à combattre quelques adversaires qui se dressaient sur son chemin, mais il faisait tout pour éviter les rencontres, en particulier avec les Béonides. Il ne voulait pas encore devoir se justifier sur son départ. Il essayait donc de se concentrer sur la chasse aux loups pour sa subsistance, même si ceux-ci étaient toujours aussi rares.

Il traversa maintes forêts, parcourut de nombreuses plaines, gravit plusieurs montagnes et s'arrêta dans plusieurs villages et villes, demandant à chaque fois où il pourrait trouver Tagazok. Si beaucoup de gens avaient entendu parler de lui, peu savaient où il se trouvait. Et même les informations données par ces derniers se révélaient toujours fausses ou obsolètes.

Ce qui devait arriver arriva. Malgré tous ses efforts pour éviter une telle rencontre, advint finalement le jour où il ne put échapper à la vigilance de Karasu. Face à son vieux compagnon d'arme, Elrond ne put se défiler et décida d'accepter de répondre à ses questions. Karasu prit la parole en premier:


_ Salût ä töî Elrõñd. sùìs åttristê pår töñ dëþärt.

_ Né lé söit pãs môñ ãmí, je rêstê víväñt êñ ces rrês êt cóntìnúeraï â y çhâssër.

_ J'àï besöin dë sàvöír. As-fûî fâcê àûx nòüveâúx ãrrîvänts däns ñõtrë Mòñtâgné ? Cràïns-qúé cërtáìñs d'èntre êúx né pêrvërtîssént l'ësprìt dè ñotre pêûple ? As-ãbáñdónne l'ïdëé d'áídêr les Bèõñîdës å cóñsérvër lês váleurs qûï sôñt lés léúrs ? süîs prét â sóûtéñir èt ã lutter åûtâñt qù'îl lê faût þòúr s'ássùrêr qùê nós válëúrs pèrdùrerônt. Je refúsê qûè tôût sõìt þêrdü â çãûsé dë çértäîñs.

Le ton se faisait presque accusateur. Etait-ce dû à un reproche ou simplement à l'incompréhension ?

_ vöîs quë ñë còññàís pãs sì bîën qûé çélã. Pëut-étre est-cè lä räìsoñ þour laqúèllè þars. Tròþ lôngtëµps j'àì sérvï dê güïdè aúx Béônìdês, õuvrant la vóiê pøùr ëüx, m'ãssùrant qüê les vãlêúrs réstaïèñt ïmpôrtäntés â leùrs yeûx, ët þeût-ëtrè aî-je â càúsë de çelä oûblié de çhérçhèr µã prøprë vóíê êt d'ëcôûtër µa þrópre ämè.

_ Pøúrquoì né pås rëstèr þårµï nõùs ? Chacun est lïbrè et þarmi nóús tù poûrrås tröûvêr lã lîbérte dê fáirê çë qûe doís fäïrê.

_ J'áï déjå äççòmþlï moñ œuvrê parµí lès Bêóñidês. Ils doìvènt máíntëñant préndre lëur prôprë dëstiñ entrè leurs µâíñs. S'îls ónt bësøîñ de µës éñséignêµénts, ãlôrs j'aí laíssë µès çhrônîqùês þøür lès gûïdér. Et lê çonséíl de la Móñtågñe né µänqùë þas d'äütres µémbrès þoüvãnt gäràntír lë µåìntîèn dê sês vãleûrs, tël qüe lè þrõpòsës. Møñ ståtût lúí-méµe chêz lês Bëóñídës êtàit dëvënü çöµµé uñé þrísøn. J'àväis bèsõin de quittêr celã, d'étre sêûleµëñt mòì-mêmè, èt noñ þlùs lë gârdíén dé ñôs väléùrs. J'ètàís fâtígûé dê cêla, èt nõñ dë nötrë pêüple. Je ne pòúrràï þàs rèvenír tãnt què n'âûraî þas trøùvë µä próþrê vøïe.

L'expression de tristesse s'accentua sur le visage de Karasu, mêlé à une certaine compréhension.

_ võìs quë në þôúrráì þas fäîrê çhangêr d'âvïs. Tröûve vøíe et revîêns-ñòüs vitè µøn ami. A bîëntót !

Sur ces mots, Karasu s'éloigna, repartant en chasse pour ramener des proies pour le prochain Barbeuk sur la Montagne.
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Elrond
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MessagePosté le: 17 Aoû 9:39    Sujet du message: Répondre en citant

3 - Les errances

Elrond reprit ses errances. Son départ était encore trop récent pour qu'il lui soit facile de rencontrer un Béonide sans songer à tout ce qu'il avait abandonné. S'il se sentait parfois grisé par sa liberté retrouvée, la Montagne était devenue pour lui comme une drogue dont il avait besoin. Plusieurs fois il songea à rebrousser chemin. Mais à chaque fois il tint bon dans sa résolution de découvrir sa voie avant d'envisager un retour.

Il n'était pas facile en ces temps d'éviter les combats. Parfois l'habitude reprenait le dessus, comme cette fois où il aperçut Yamaël. Approchant discrètement du démon, tapis dans l'attitude de chasseur, il observa sa proie. Le dresseur faisait partie naturellement de ses principaux ennemis, et il prenait plaisir à chaque fois qu'il l'abattait.

Le Démon était sans sa meute. Il serait une proie facile. Le Béonide se dressa au dernier moment et fondit sur lui. Il fut un peu surpris par la substance, ou plutôt la quasi-absence de substance de son adversaire. Néanmoins, le Béonide en avait vu d'autres, et après un bref combat abattit une fois de plus son adversaire. Ce n'était que partie remise, bien sûr, mais cela aida le Béonide à se détendre. Et en même temps il se sentit mal. Ce n'est pas de cette manière qu'il arriverait à amener sa paix sur ce monde. S'il n'était pas capable de résister, ne serait-ce que quelques jours à l'idée d'abattre tous ceux qu'il croisait, comment pourrait-il arriver à la paix ?

C'est avec ces sentiments mélangés qu'Elrond arriva dans un petit village qui ne payait guère de mine. Au milieu d'une zone où les combats avaient été particulièrement importants, la moitié des maisons n'étaient que des ruines. Alors qu'il approchait, il put voir plusieurs silhouette se réfugier précipitamment dans les maisons, entendre des portes se fermer. Rassemblant tout leur courage, et voyant qu'il était seul, une dizaine d'hommes se présentèrent à l'entrée du village, armes à la main. Ils n'auraient pas résisté longtemps à la fureur du Béonide s'il avait désiré les combattre, mais son objectif était différent.

_ Sàvèz-vøùs öû tròuve Tågazøk ?

Le lieu étant souvent traversé par des êtres de toutes les races, l'un des hommes parvint à comprendre le langage du Béonide. Il se concerta avec les autres avant de répondre. Elrond se souvenait encore du langage Humain et put surprendre l'essentiel de ce qu'ils se dirent. Ils hésitaient à livrer des informations sur Tagazok, qui était connu pour être l'un des rares êtres pacifiques. Néanmoins, de peur de subir la colère du Béonide, ils finirent par décider de lui parler, espérant l'éloigner rapidement du village.

_ Nóus avoñs vü lúï, þrês rïvîérê verte áü sûd, dit l'homme en pointant vers l'est.

Les mots étaient approximatifs, mais suffisant. Elrond le remercia d'un signe de tête et s'éloigna vers l'est, entendant quelques soupirs de soulagement.
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Elrond
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MessagePosté le: 18 Aoû 7:56    Sujet du message: Répondre en citant

4 - Presque

Elrond arriva rapidement à la rivière. Comme il le supposait, il avait vu juste en suivant le geste de l'homme plutôt que ses mots hésitants. La rivière avait une magnifique couleur émeraude, et renvoyait mille éclats sous le soleil cuisant de ce milieu de journée. En approchant, il put voir que la couleur venait de la végétation très dense qui se trouvait dans l'eau. De nombreux poissons nageaient entre les algues. Apparemment, certaines espèces parvenaient à prospérer malgré la guerre permanente.


Il
réalisa soudain qu'il ne savait pas de quel côté aller, en amont ou en aval. Il monta sur un rocher qui se trouvait non loin pour observer aussi loin qu'il le put. Au sud-est, dans un méandre de la rivière, il vit un mince filet de fumée. Peut-être l'alchimiste était-il en train de travailler sur une de ses préparations. Le Béonide décida d'aller voir.

Le chemin était relativement escarpé, de nombreux rochers lui barrant régulièrement la vue. Il n'eut aucune difficulté à avancer, étant habitué à bien pire dans la Montagne. Egayé par cette belle journée et la perspective de trouver enfin celui qu'il cherchait, Elrond se mit à avancer en bondissant de rocher en rocher, réalisant parfois des bonds d'une longueur impressionnante. Il retrouvait presque sa jeunesse à la Montagne, quand il rentrait avec impatience après les batailles qu'il avait livrées, ramenant des réserves pour essayer de nouvelles recettes pour les Barbeuks.

C'était une période tellement agréable. De nouvelles recettes étaient essayées tous les jours. Les membres de la Montagne s'entendaient alors naturellement, ayant tous les mêmes valeurs et le même esprit, sans qu'il n'y ait besoin de rappeler sans cesse ce qu'étaient les Béonides. Bien sûr, à l'époque les problèmes venaient surtout des autres races qui les traitaient comme des moins que rien. Mais cela ne posait guère de soucis, les Béonides étaient près à prouver à tous leur véritable puissance, et le temps à montré qu'ils avaient raison.

Approchant de sa destination, Elrond aperçut enfin l'origine de la fumée. Comme il l'avait espéré, Tagazok était penché sur un petit chaudron, si concentré qu'il ne vit pas approcher le Béonide. Ce dernier était si heureux d'arriver à l'issue de sa première étape qu'il n'eut pas le temps de voir venir le coup. Voyant le sang jaillir de son flanc, il eut à peine le temps de se retourner pour voir le visage grimaçant de Damien, déformé par la rage. Le Béonide n'eut pas le temps d'éviter la lame qui s'abaissait déjà, tranchant os et chair, détruisant ce corps et libérant son esprit.

Le temps que l'esprit d'Elrond parvienne à se réincarner et à parvenir à nouveau jusqu'à ce méandre, il ne restait bien sûr plus aucune trace de l'Humain ou de l'alchimiste. Le Béonide poussa un cri de rage et poursuivit ses recherches.
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MessagePosté le: 21 Aoû 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

5 - Le chasseur de prime

Alors qu'Elrond errait, continuant de chercher le Centaure, une rumeur parvint à ses oreilles. Une agence de chasseurs de prime avait été créée. Mais contrairement à ce qu'on aurait pu en penser, il ne s'agissait pas de guerriers qui semaient la mort et la destruction, comme tant de gens sur ce monde. Il s'agissait d'une agence d'un nouveau genre. C'est tout ce qu'il put savoir, mais cette absence de destruction allécha le vieux Béonide. Y aurait-il enfin des gens cherchant autre chose que la mort de tous ceux qu'ils rencontraient ?


Il
décida donc de partir en quête du dirigeant de cette agence pour en savoir plus. Il apprit rapidement qu'il s'agissait d'un Centaure, et pas des moindres. Le grand prêtre eti42b était à l'origine de cette nouveauté. Quelque part, Elrond n'était pas vraiment surpris qu'un Centaure soit à l'origine de l'idée. Ils semblaient être le peuple qui rassemblait le plus d'être affichant quelques volonté de pacifisme, même si la plupart n'avaient guère pu s'y tenir. Et cela Elrond ne pouvait le leur reprocher quand il constatait lui-même combien il était difficile de faire autre chose que se battre dans ce monde.

Plusieurs fois il manqua de peu de trouver le Centaure, mais son métier nécessitant de permanent déplacements, il était difficile à localiser. Elrond n'avait pas vraiment envie d'aller voir l'agence même et de se présenter en client. Ce qui l'intéressait était de parler avec son créateur. Ainsi il erra plusieurs semaines, sans même savoir ce que faisait l'agence. Ne parvenant à rattrapper celui qu'il cherchait, il finit pas se résoudre à se renseigner directement à son agence.


Il
n'eut même pas à mettre les pieds dedans pour avoir sa réponse. Arrivé devant le petit local, un petit panneau d'affichage indiquait les prix pratiqués. Mais surtout, Elrond savait maintenant quelles étaient les actions pratiquées par l'agence. Comment avait-il pu imaginé qu'une agence de chasseurs de prime ait quoique ce soit d'honorable ?

L'agence proposait d'apporter honte et malédiction sur les gens. Certes, les sommes d'argent demandées étaient modiques, mais cela n'empêchait pas que le but recherché était vil. Il était hors de question que le Béonide participe à une telle entreprise. Il espérait vaguement qu'aucun Béonide n'y participerait, ni n'enrichirait cette agence, mais avait hélas quelques doutes. Ce manque de confiance envers les siens. Le vieux Béonide ne savait pas s'il devait prendre cela comme une nouvelle preuve de la bassesse à laquelle une partie des Centaures étaient arrivés, ou simplement comme une marque de la dégénérescence qui semblait toucher une bonne partie de ce monde.


Il
n'avait donc fait que perdre du temps dans sa recherche de l'alchimiste, quoique cela lui avait donné une preuve de plus que le monde semblait partir vers sa perte. Secouant la tête de dépit, il reprit la piste de Tagazok.
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MessagePosté le: 22 Aoû 9:49    Sujet du message: Répondre en citant

6 - Les démons

Lors de ses errances, Elrond ne pouvait s'empêcher de prêter l'oreille aux nombreuses rumeurs qui parcourraient le monde. Dans sa recherche de renseignement concernant Tagazok, il était souvent amené à parler avec la population. Il avait déjà traversé plusieurs fois certains villages il commençait à être connu. Son attitude pacifique de ces derniers temps commençait à réduire la méfiance que les habitants avaient à son égard. Ainsi, il reçut une nouvelle intéressante en parlant avec le prêtre d'un village. Il pouvait voir la méfiance de son interlocuteur. Comment un Centaure aurait-il pu se sentir à l'aise en présence d'un Béonide. Néanmoins, la conversation fut sereine, Elrond ne faisant ou ne disant rien pour effrayer le religieux.

_ Les Démons nous causent beaucoup de soucis ces derniers temps. Leur pillage des lieux saints et leur agression constante envers les manifestations de notre Dieu font qu'il devient difficile de communier avec Celui-Ci.

_ Les Déµõns dis-? Cè n'êst þôùrtänt pas dàñs lèùrs hãbïtùdés de përsistèr dâns lå düréê avèç ùñé qûëlçóñqué äçtiöñ çõllëctìve. Cêla µë sèmblé bîêñ etrângê. Es-sûr qu'íl s'agìt bièñ d'éùx ?

_ De nombreuses hordes de Démons ont été observées dans la région, et ils semblent se déplacer de façon organisée.

_ Célå ñé lêûr ressémblë þâs. Pôurtãñt, døís ãvouêr qúê j'åî cru rësséntir un certåïñ chañgëméñt dáns l'âttîtúde des dèrnïërs Dèµøñs qûe j'aï crøísés. Ils sêmblëñt þlûs sãuvagés, µâís égalèmènt þlùs çalcúlãtêûrs.

_ J'ai essayé d'interroger Ent à ce propos, mais je n'ai pas réussi à avoir de réponse. Notre Dieu est affaibli et il semble nous fuir.

Elrond garda pour lui une remarque acerbe concernant l'attitude de beaucoup de Centaures qu'il avait croisés récemment. Evidemment que leur dieu les fuyait. S'ils continuaient comme cela, il n'était pas impossible que leur dieu finisse pas se retourner contre eux. Mais au fond de lui, il se demandait s'il ne pouvait pas faire la même remarque concernant Garyth. Elrond n'avait jamais été religieux, et peu lui importait la puissance ou la faiblesse de l'avatar divin. C'était surtout un certain affaiblissement de son peuple qu'il craignait.

_ Nóüs vívòns tøûs dés têµþs dïffìçiles. Je vâîs ëssãyêr dë rènsèigñer, ët t'apþörtêràï dês nôúvellës si mòñ chëµin µ'ãmënè dê ñoùvèåù dáns toñ vîllágë. te remërçïè pôûr tès ïñformãtîöns.

Dès lors, Elrond chercha également à se renseigner sur ce renouveau Démon dans les villages qu'il traversait. Il put rapidement constater que le prêtre avait eu raison. Les Démons semblaient mieux organisés qu'ils ne l'avaient été depuis longtemps. Ils semblaient avoir retrouvé une partie de leur âme démoniaque, pendant que leurs racines désertaient les autres peuples. Avait-on atteint le tournant où l'une des races allait finir par vaincre toutes les autres? Elrond ne le croyait pas, mais il devait essayer d'en savoir plus, en aucun cas il ne pourrait accepter la disparition des siens.
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Elrond
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MessagePosté le: 24 Aoû 14:19    Sujet du message: Répondre en citant

7 - Enfin trouvé

Ayant suivi les informations d'un nouvel informateur, Elrond parvint enfin à trouver celui qu'il cherchait. Tagazok se trouvait dans un petit bosquet d'arbre où il avait trouvé une tranquillité temporaire, qui ne durerait pas longtemps sur ces Terres ravagées par la guerre.

Alors qu'il passait l'orée, les narines d'Elrond furent assaillies par l'odeur de nombreuses plantes aromatiques et médicinales. Cela rendait le lieu encore plus attractif pour l'alchimiste. Il avait à portée de main une bonne partie des ingrédients nécessaires pour son travail et ses recherches.

Suivant le bruit d'un écoulement d'eau, Elrond parvint au bord d'un petit lac. Il s'était formé au pied d'une cascade qui coulait lentement, presque silencieusement, le long d'une douce pente recouverte d'une herbe verte. Le lieu était paisible, reposant. Le chant des oiseaux cessa un instant à l'arrivée du Béonide, pour reprendre rapidement quand il fut avéré qu'il ne représentait pas une menace. Néanmoins, aussi bref que fut le silence, il avait suffi à avertir le Centaure qui se reposait au bord de la rive, prenant une petite pause au milieu de ses préparations. Il se redressa pour chercher du regard l'intrus qui avait troublé le calme des lieux, craignant que la guerre ne l'ait déjà rattrapé, l'obligeant une fois de plus à migrer vers un havre nouveau et éphémère. Sa crainte fut renforcée quand il identifia Elrond.

Pourtant, à la surprise du Centaure, Elrond approcha calmement sans aucune marque d'hostilité dans son regard. Bien que l'alchimiste ait plusieurs fois fourni le fruit de ses travaux au chasseur, cela n'avait jamais empêché ce dernier de l'abattre régulièrement. Mais cette fois les choses semblaient différentes. C'est tout de même avec une certaine hésitation que le Centaure ouvrit la bouche:


_ Soit le bienvenu Elrond. Veux-tu une nouvelle potion accompagnée d'un nouveau repas ?
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MessagePosté le: 25 Aoû 10:13    Sujet du message: Répondre en citant

8 - Tagazok

Elrond sourit à ces mots. Mais le sourire était plein d'humour. Il compris ce que devait ressentir son interlocuteur. D'ailleurs, l'estomac du Béonide gargouilla bruyamment à la mention de repas. Elrond avait tellement été obnubilé à l'idée de parler avec Tagazok qu'il en avait oublié sauté son dernier repas, et avait même oublié son attitude habituelle lors de leurs rencontres. Sans exclure la proposition de Tagazok, il venait cette fois pour une autre raison, qui avait priorité sur le reste.

_ Nóñ, vîèns þòûr úñé àutrê ràîsoñ. vìeñs pour äpprèndre.

Les yeux du Centaure s'arrondirent de surprise.

_ Veux-tu devenir alchimiste ?

C'était pour le Centaure la seule chose qu'il pensait pouvoir enseigner aux êtres parcourant ce monde.

_ Nõn. vëüx dévèñîr þâcifístë.

Si l'expression de surprise de Tagazok avait été comique la première fois, ce n'était rien comparé à sa réaction aux propos du Béonide. Voilà bien la dernière chose qu'il aurait pu espérer de la part d'Elrond, ou d'ailleurs de la part de n'importe qui d'autre.

_ és lè seul þácïfíste qûe cönnäìssè. J'åï bésôîñ dë tön àìde póùr äpprêndrê á lè dèvèñîr, ét póur troùvër vøîe sûr cé möñdê. Je ñe veux plus µê melër ä cètte güêrré incèssåñte dés étrés qüì le þeüplênt. Aûtrêfóïs j'ètáìs un gûërrïer, ùtilísañt µâ førçé et mês ârµès pòúr âbàttrè lës ådvërsâirès móñ pëuplè. Púïs süîs devèñü çhãssêùr. Bîeñ qùê sërvänt toujöürs la cäùsé dés míéñs, þrîörïtë ëtäît dë lês ñôùrrîr. Mais cröîs quê l'ídëålístê qüe j'êtàîs ä réprïs sa plácè.


Tagazok
sourit à ces mots. Lui aussi avait fait la guerre avant de l'abandonner. Il connaissait ce sentiment. Mais il avait depuis longtemps abandonné l'espoir que d'autres le suivent dans cette voie. Quelques-uns l'avaient tenté en même temps que lui, mais tous avaient abandonné. Que l'un des sauvages Béonides ait cette idée en tête ranima quelque peu ses espoirs.


_ Alors je vais t'apprendre ce que je sais, mais cela prendra du temps.


Il
regarda le ventre d'Elrond d'un air vaguement interrogatif. Le Béonide s'empara du dernier cuissot de loup qui lui restait et entreprit de s'alimenter. Tagazok parla longuement pour expliquer son expérience. Puis un débat s'ouvrit, pour tenter de trouver une solution au problème d'Elrond. Après tout, il restait un Béonide, avec ses besoins de combats et d'alimentation.
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MessagePosté le: 28 Aoû 12:59    Sujet du message: Répondre en citant

9 - La solution

La conversation dura pendant plusieurs jours. Elle aurait sûrement pu se terminer plus rapidement, mais de nombreuses pauses furent nécessaires lorsque l'estomac du Béonide se faisait entendre de façon tellement sonore qu'aucune conversation ne pouvait plus être tenue. Il pouvait à chaque fois lire une certaine appréhension dans les yeux de Tagazok, mais il tint bon, laissant passer des crises qui se faisaient de plus en plus éloignées à mesure que son corps s'adaptait à ce jeûne forcé.

Une ébauche de solution fut finalement trouvée. Elrond allait tenter de la mettre en œuvre avant de revenir voir Tagazok pour en discuter.

Ne pouvant abandonner la chasse, Elrond allait essayer de se sustenter presque exclusivement grâce à la chasse au loup. Les Humains, Démons et Centaures cesseraient presque totalement d'être ses proies, sauf quelques êtres spécifiques. Ainsi il cesserait en grande partie de se mêler à la guerre des races. Ce manque de variété alimentaire allait certainement affaiblir le vieux Béonide. Les combats seraient plus difficiles lorsqu'il se trouverait confronté à des adversaires qui voudraient l'abattre. Mais cela importait peu. C'était un premier pas vers son objectif, et ce n'est que dans la difficulté que l'on a du mérite.

Il y aurait tout de même quelques exceptions. Les autres chasseurs affaiblissant trop les loups en détruisant sans cesse leurs tanières seraient également des proies pour le Béonide. Après tout, il fallait quand même qu'il mange, et pour cela il fallait qu'il reste quelques loups. Cette décision lui pesait, mais protéger la tanière allait également dans le sens de ce qu'il cherchait. Une telle action aiderait les loups à prospérer, tout en lui permettant de continuer à chasser, activité indispensable à la fois pour se nourrir et pour s'assurer que les loups n'allaient pas trop prospérer.

Un dernier point avait été discuté, mais Elrond avait encore besoin de temps pour y réfléchir. C'était celui qui lui pesait le plus, car il ressemblait à une trahison, et pourtant c'était celui qui avait le plus de chance d'avoir un effet quelconque.

Avant de partir, il se tourna une dernière fois vers l'alchimiste.


_ Mercì, môñ ámi.

Si ces mots lui faisaient un peu étrange, il les pensait véritablement.

_ Bonne chance, mon ami.

La réponse lui sembla encore plus étrange, mais lui réchauffa le cœur en même temps. Il devait maintenant se mettre en chasse pour récupérer quelques forces.
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MessagePosté le: 29 Aoû 12:06    Sujet du message: Répondre en citant

10 - La haine, toujours plus forte

Fort heureusement pendant les jours qui suivirent, Elrond eut la chance de tomber sur de nombreuses meutes de loups. Son estomac fut rapidement rempli et ses forces se reconstruisaient rapidement. Il attrapa plusieurs fois des loups qui étaient sur le point de se jeter sur leurs proies, épargnant ainsi plusieurs morts. Pendant ces quelques jours, il parvint à ne pas tuer d'autre proie que les loups.

Continuant de se tenir au courant des rumeurs qui circulaient de village en village, le fait que la haine entre les races ne faisait que s'approfondir ne cessait de se confirmer et d'atteindre toujours de nouveaux sommets. Comment amener la paix dans tout cela ? Cette tâche semblait impossible, et l'était probablement.

Par ailleurs, Elrond n'avait pas eu de nouvelle de la Montagne depuis un certain temps. Il espérait que cela signifie un certain apaisement. Si les conflits se propageaient à l'intérieur même des races, alors ce monde était voué au chaos et ne tarderait pas à devenir une plaine où seul le vent viendrait encore créer un semblant d'animation, au-dessus d'un amoncellement de cadavres sans plus aucun être vivant. Cela arriverait le jour où les dieux décideraient qu'ils en avaient marre de ressusciter ces âmes toutes aussi noires les unes que les autres.

Qu'est-ce qui motivait ces haines ? Pourquoi y avait-il autant de rancune, et personne pour tenter d'y mettre un frein. A ses débuts parmi les Béonides, Elrond se battait sans aucune haine. Il se battait pour le plaisir et pour la gloire. Il n'avait aucun ennemi véritable, juste des adversaires à affronter dans l'honneur. Mais les choses s'étaient tellement dégradées qu'il semblait que plus personne ne pouvait voir les choses de cette façon. Nombreux étaient les anciens combattants qui avaient abandonné le champ de bataille, leur esprit affaibli par cette lutte sans fin, incapable de se réincarner. Parmi eux se trouvaient de nombreux êtres honorables au milieu desquels il avait grandi et s'était fait sa place sur ce monde.

La première chose qu'il devait faire maintenant était de se débarrasser totalement des haines qu'il avait lui-même accumulées devant l'attitude souvent honteuse des êtres qu'il rencontrait. Il lui fallait trouver la paix intérieure qui allait lui permettre de recommencer à combattre pour le plaisir et la gloire seulement. Tant qu'il ne serait pas capable de cela, il fallait qu'il se contente de chasser, simplement pour se nourrir, évitant autant que possible les véritables combats.
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MessagePosté le: 31 Aoû 10:55    Sujet du message: Répondre en citant

11 - Poppu

Alors qu'il s'apprêtait à entrer dans une clairière, Elrond entendit le jappement d'un loup. Il se tapit derrière un arbre pour observer et aperçu deux jeunes loups en train de jouer. Il approcha avec une discrétion étonnante pour un être d'une telle taille. Il était capable en général de mêler les bruits de ses déplacements avec ceux que la nature produisait. Il hésita pendant un instant. Ne risquait-il pas de nuire un peu trop à la population de loups en tuant des jeunes ? Non, les loups revenaient toujours, et de toute façon il avait besoin de manger.

Arrivé en bordure de la clairière, il bondit, embrochant les deux loups dans un mouvement fluide et efficace. Les deux bêtes étaient trop jeune pour savoir se défendre correctement et avaient fait des proies bien faciles pour le chasseur expérimenté. La clairière étant trop exposée, il jeta les deux cadavres sur son épaule avec l'intention de les préparer un peu plus tard.

En levant les yeux, il s'aperçut que l'espace dégagé était beaucoup plus grand qu'il ne l'avait cru. Au fond il pouvait voir, entre deux arbres, l'entrée dissimulée d'une tanière. Pendant un instant un sourire carnassier s'étira sur ses lèvres, avant de disparaître aussitôt. Des tanières, il en avait abattu plusieurs,mais ce temps était révolu. Il jeta un dernier coup d'œil, au cas où un loup aurait surgit, et s'arrêta au milieu de son mouvement. Il avait perçu une présence, bien que n'étant pas encore certain de son origine.


Ses
sens aux aguets, il se contentait de tourner la tête pour observer les alentours, reniflant à la recherche d'une odeur connue, attentif au moindre bruit de la forêt. Il se passa plusieurs minutes avant qu'il n'entende une branche craquer. Apparemment, celui qui arrivait n'était pas aussi discret que le vieux chasseur. Sachant d'où allait arriver la menace, Elrond bondit se réfugier derrière un arbre. Il voulait à tout prix éviter un combat, mais désirait savoir qui arrivait.

Quelques secondes plus tard, Poppu sortit de la forêt et pénétra dans la clairière. L'ancien Centaure n'avait apparemment pas conscience qu'il était observé. Il était seul, ayant soit envoyé sa meute en chasse, soit l'ayant perdue. Sans ses loups pour être aux aguets, il n'avait pas été capable de repérer le Béonide.


Elrond
hésita encore quelques instants avant de prendre sa décision. Son premier réflexe fut de sortir son arme, mais il parvint à arrêter son geste alors que sa main venait de toucher le pommeau de son épée. Son second réflexe fut d'envisager de partir pour éviter un combat, mais là encore, il s'arrêta avant d'avoir fait quoique ce soit. Il se décida finalement à sortir de sa cachette non sans avoir laissé les deux loups derrière lui.


_ Böñjöúr Pöppu ! Pärlóñs !
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MessagePosté le: 01 Sep 9:54    Sujet du message: Répondre en citant

12 - Le pacte

La première réaction de Poppu fut la surprise, celle d'être encore vivant. Il savait parfaitement que si le chasseur ne s'était pas dévoilé ainsi, il serait mort avant d'avoir réalisé ce qui le frappait. Elrond pouvait déjà le voir rassembler l'énergie nécessaire pour lancer un sort, avant de réaliser les mots qu'avait prononcés le Béonide. Ce dernier avait maintenant l'habitude des réactions de surprise de ceux qu'il rencontrait, mais s'en amusait à chaque fois.


Elrond s
'était tout de même apprêté à bondir de côté pour éviter une éventuelle attaque, mais celle-ci ne vint pas. Poppu avait réalisé à temps qu'Elrond avait mentionné le fait de parler. Tant que le Béonide restait à une certaine distance, le danger restait faible, et Poppu avait l'avantage. Il décida d'écouter ce qu'il avait à dire, le fixant d'un air interrogatif.

_ N'es-þãs sürþrîs de tròûvër lä täñîêrê îñtácté aprés µòñ þåssagè ?


Poppu
n'osait se retourner pour vérifier les dires d'Elrond. Sa réponse se basa donc uniquement sur les paroles du Béonide et resta hésitante, ne sachant pas où il voulait en venir.


_ Un peu …

_ N'ês-tu pâs sûrþrîs d'êtrè ênçõré vïvånt ?

Cette fois-ci, l'humain ne pouvait le nier. Il se contenta d'opiner légèrement.

_ vêûx què délívrès uñ µëssagè â tés åµîs drêsseúrs. Desòrµäís, je þròtégêråì lâ táñíèrê coñtrè sës dèstrùçtéurs. Je contínûéráî á chåssèr lès lõùþs, mäis lä tanîëré n'âürà plús rîèn â crâíñdrë dé µä þårt.

De toute évidence, le dresseur avait du mal à y croire. Il ne comprenait pas ce changement d'attitude.

_ J'áî þârlè ãvéc Tägäzôk, et dècìdê qüê lå gùêrrë përµäñêñtë qué nòús nòùs livröns ñ'êst plüs poûr µóí.


Elrond
espérait que la mention du Centaure aiderait son interlocuteur. En tant qu'ancien de la race chevaline, il connaissait bien l'alchimiste et comprendrait plus facilement. Il pourrait même aller retrouver Tagazok s'il voulait confirmation. Laissant l'humain à ses réflexions, Elrond disparut brutalement, sans oublier au passage de récupérer ses deux trophées.
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MessagePosté le: 04 Sep 10:51    Sujet du message: Répondre en citant

13 - Une alliance

En entrant dans un village, Elrond assista à une conversation animée entre ses occupants et un petit troupeau chevalin en armes. Aucun des visiteurs ne faisait partie des quelques célèbres Centaures, aussi le Béonide n'avait pas grand chose à craindre d'eux. Il approcha, sans chercher à se cacher, et sans montrer aucune hostilité. Evidemment, les armes furent tirées bien avant qu'il ne soit à portée de voix, mais au grand soulagement du Béonide, certains Humains se souvenaient de son dernier passage.

Alors que les villageois mourraient de faim suite à un pillage perpétré par une horde démoniaque, Elrond avait vidé ses réserves d'or, les laissant à la disposition des villageois. Il leur avait ensuite raconté sa quête de paix, et ils l'avaient cru. Il pouvait maintenant voir qu'ils avaient utilisé les fonds à bon escient, réparant leurs maisons et construisant une tour qu'il serait beaucoup plus facile de protéger contre les pillages. Ces Humains avaient maintenant demandé à leurs visiteurs de ranger leurs armes. Ceux-ci n'obtempérèrent pas, mais attendirent tout de même sans attaquer le nouveau venu.

_ Bônjõùr ñôblês víllägêoïs. vôïs qúè vóus þrösþërëz µäîntenäñt.

Le chef du village s'avança et s'inclina face au Béonide.

_ Merci à toi. Tu nous as bien aidés. Heureusement, les généraux humains sont également passés par ici et nous ont aidé à réparer les dégâts. Et maintenant, la situation devrait être encore améliorée puisque grâce à la nouvelle alliance qu'ils ont conclue, nous auront moins d'ennemis et seront mieux protégés.

_ Quèllë ållïãncê ?

Elrond put voir les Centaures échanger des regards légèrement surpris, encore marqués d'hostilité.

_ Cela ne te regarde pas.

La remarque était dite sur un ton agressif.

_ Dégage avant que nous ne te chassions. Ce n'est que par respect envers nos alliés que nous ne t'avons pas abattu.

Le Béonide secoua légèrement la tête de dépit. Il pouvait voir que les armes tremblaient dans les mains de deux des Centaures. Ils étaient inexpérimentés et ne feraient pas le poids, malgré leur nombre, face à son expérience. Néanmoins, il savait au moins que les Humains et Centaures étaient maintenant alliés. Hé bien pourquoi pas ! Plus il y avait d'alliances, moins il y aurait de guerre, cela était donc bon.

_ viëns vóìr dès aµis. ñ'âì äuçúñê ïntéñtióñ dë cömbåttre, µàïs eñçôrê µòiñs dè µë låisser åbåttrè. Soyëz râîsõnnáblés, oü ëst pässé là cördïälìte Cëntåùré qùè je cònnäîssàìs ?

_ Et pourquoi devrions-nous être cordiaux alors que vous venez de prendre notre forteresse …

Le Centaure se tut immédiatement. Il en avait trop dit sous le coup de la colère. Donc malgré leur alliance, les Humains et les Centaures avaient perdu leur forteresse des mains des Béonides. Elrond ne put s'empêcher de sourire, même si cela était certainement malvenu aux yeux de son interlocuteur. Les Béonides n'étaient donc pas totalement amorphes et semblaient avoir retrouvé un certain entrain. Il allait devoir se renseigner. Il n'éviterait pas le prochain Béonide qu'il apercevrait. En même temps, une alliance ne pouvait rester longtemps sans forteresse et sans honte en même temps. Une nouvelle attaque allait donc avoir lieu prochainement. Peut-être le troupeau était-il en train d'essayer de recruter quelques Hommes pour y participer.

_ Bîeñ, võús làíssë å vótrê reçrùtéµënt.

Le visage du Centaure devint encore plus rouge, si cela était possible. Il avait donc vu juste, et dut faire un effort pour ne pas éclater de rire. Elrond se tourna vers les villageois.

_ Fàîtés çe qüë böñ vøus sémblë, maîs sâçhêz jüste qû'unë ättìtùdè päçîfíqúè ñé þõùrrã sê reþáñdrê sí þërsòñne ñë veût la paîx.

Il se retourna et s'éloigna, attentif au moindre bruit de sabot qui pourrait indiquer une poursuite. Mais celle-ci ne vint pas. Il ne savait s'il devait remercier les villageois où la peur qu'il avait vu dans les yeux de la plupart des Centaures. Le peuple chevalin semblait fortement affaibli. Il espérait que cela ne durerait pas et qu'ils retrouveraient rapidement leur fierté, seuls ou en compagnie des Humains, qui en avaient eux-aussi bien besoin.

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MessagePosté le: 05 Sep 10:51    Sujet du message: Répondre en citant

14 - Yaeth

Dans l'espoir de connaître un certain repos lors de ses errances, Elrond décida de parcourir pour quelques temps le monde de Yaeth. Cela faisait bien longtemps qu'il n'y avait pas mis les pieds. Le lieu était inchangé, paisible, occupé seulement par quelques quêteurs.

Ouvrant quelques coffres pour se rappeler sa jeunesse, une époque bien lointaine où sa raison d'être en ces lieux était beaucoup plus importante, il trouva quelques trésors, et subit également quelques malédictions. Les richesses qu'il trouva ne lui importaient guère, mais cela occupait son temps pendant qu'il méditait.

Il trouvait le lieu agréable pour le calme qui régnait, mais en même temps avait le sentiment que le lieu était trop serein et immobile. L'excitation de la chasse lui manquait déjà. Pourtant il resta encore un peu, n'ayant pas encore pris la décision de retourner affronter le chaos qui régnait sur les autres mondes.

Soudain, au détour d'un couloir, il entendit des voix chuchoter. Approchant, il réalisa que les voix étaient multiples. Que faisaient toutes ces personnes regroupées , rompant la tranquillité des lieux ? Arrivant où se disaient ces messes basses, Elrond jeta un coup d'œil et aperçut une importante troupe d'Humains en armes. Pendant un instant, le Béonide se dit qu'ils étaient peut-être là pour se reposer également, pour se détendre. Mais rapidement il reconnut plusieurs d'entre eux, qui faisaient partie des plus belligérants, des brutes de la nation Humaine. Et parmi ceux qui n'étaient pas de cette catégorie, plusieurs avaient souvent fait preuve d'une attitude lâche et déshonorante.

Elrond ne sut jamais ce qui provoqua sa crise de fureur. Etait-ce simplement de voir des êtres brutaux violer la tranquillité de ces lieux ? Etait-ce la réunion de personnages indignes qui avaient souvent nui à l'image de leur peuple ? Etait-ce une réminiscence de son passé, alors qu'il était lui-même Humain, à une époque où les plus grands généraux se battaient avec honneur, passé trahi par les représentants qu'il avait sous les yeux ? Etait-ce simplement sa propre faiblesse, celle qui rendait si difficile de rester pacifique dans ce monde de guerre permanente ?

Quoiqu'il en soit, Elrond se jeta sur une troupe d'Humains médusés par la surprise. Avant que quiconque ne puisse réagir, Damien et dame Hello gisaient à ses pieds. La liste s'allongea, semblant ne jamais devoir s'arrêter: Cadfael, Klaswinter, Beonir, Heimdorf, Obiwancannabis. Toboe, dresseur et fier Centaure, avait rejoint cette troupe et subit le même sort. Elrond se retourna pour voir arriver Mick le fou, et l'envoya rejoindre ses compagnons.

Ce n'est que faute de cible qu'Elrond finit par voir se dissiper sa rage. La pile de cadavres était impressionnante, et le Béonide lui-même était rouge de sang. Il sentit une sorte de faiblesse s'emparer de lui. Les bras pendant à ses côtés, la tête basse, il s'éloigna de la scène du carnage sans un regard, sans même emporter quelques morceaux qui lui auraient servi de provision dans ce monde stérile, et auraient presque pu justifier son acte. Il n'avait qu'une idée en tête, quitter ce monde, revenir dans les terres neutres où il pourrait se remettre sainement à la chasse au loup. Comment avait-il pu imaginer trouver la paix au milieu des pierres, dans un monde où la nature était totalement absente ?

A nouveau, Elrond entendit des pas, quelques cliquetis d'armure. C'est à peine s'il leva les yeux en voyant Klaswinter déjà de retour sur les lieux de sa dernière mort. Le Béonide ne fit aucun effort pour se défendre, et c'est avec soulagement qu'il accueillit les coups qui lui permettraient de revenir rapidement en des lieux où il se sentirait mieux.

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MessagePosté le: 05 Sep 16:25    Sujet du message: Répondre en citant

15 - Iarnvida

Au détour d'un chemin, Elrond entendit des bruits de pas qui approchaient. Comme à son habitude maintenant, il se dissimula pour voir qui venait. Il fut relativement soulagé en apercevant Iarnvida. Non seulement il s'agissait d'une Béonide, ce qui lui éviterait un combat, mais il ne s'agissait pas de l'un des anciens, face auxquels il n'avait pas vraiment envie d'expliquer plus avant les raisons de son départ et de son errance. Il était probable que certains à la Montagne avaient maintenant entendu parler de sa nouvelle attitude.

Il attendit donc quel la jeune Béonide parvienne à sa hauteur pour émerger du buisson derrière lequel il s'était réfugié.

_ BÖÛH !

Le bond de surprise de la jeune femme le fit éclater de rire. Il y avait toujours quelques avantages à être l'un des chasseurs les plus expérimentés. Cela aidait fortement pour surprendre les gens.

_ Bõnjoür Iårñvìdá.

_ Bõnjòùr Elrôñd.

La réponse venait avec une once de timidité. Elrond regrettait souvent que beaucoup de jeunes soient ainsi intimidés par sa réputation et sa stature dans leur peuple. Peut-être son absence allait-elle changer cela et lui permettre de revenir avec plus de simplicité, s'il revenait un jour.

_ ãs le têµps de þàrlèr ùñ þeù, j'âî bésòîn d'âvòir qúelqúes ñöûvêllés dê la Möñtágné ?

_ Bïèn sür tøñtón.

Elrond ne s'était jamais vraiment fait à ce "titre" qui était pourtant fort répandu à la Montagne. Il entraîna sa visiteuse dans un coin tranquille, hors de vue du chemin, afin qu'ils ne soient pas dérangés pendant leur conversation. Ils trouvèrent une petite caverne sur laquelle le soleil couchant apportait une lumière orangée. Les parois humides étincelaient brillamment. Elrond n'avait jamais été aussi attentif à la beauté de la nature que depuis le début de son errance.

Pendant un certain temps, ils parlèrent de la situation de la Montagne. Apparemment, les choses n'y étaient pas si mal. L'ambiance restait relativement agréable, la crise qui se dessinait semblant avoir été évitée. Quelques nouveaux venus de qualité s'était joint au peuple Béonide, qui continuait de les accueillir dans la bonne humeur et les Barbeuks. Le dernier en date célébrait la prise de forteresse à l'alliance qui venait de se former.


_ suîs çóntëñt qüé lës Bêôñîdés cöntìnuéñt d'etre égâüx å èûx-mèmês ët töûjóùrs pröµþts à reãlïsër dês áçtìöns d'ëclát, mèmè sï mòi-mêµè j'áí çhòïsì úñé autre vôïè.

Iarnvida avait vaguement entendu parler de cette nouvelle attitude, qui était pour le moment essentiellement une rumeur. Le vieux Béonide ne connaissait lui-même que peu de chose de celle avec qui il parlait. La nuit était maintenant tombée, et c'était à la lumière des étoiles que celle-ci lui raconta son histoire, celle de ce monde dont elle venait et où elle ne pouvait retourner.

_Té plaìs-parµï lès Bëônîde ?

_ Oúï. Ils m'ønt bíén àcçûeïlliè êt sûîs hêùrèusê âvêç Cërby.

Le nom fit vaguement tiquer Elrond. Il faisait partie des Béonides qui avaient conservé de façon trop importante à son goût les attitudes et valeurs des peuples dont ils venaient, les démons dans ce cas-là.

_ Alors ñ'ês þâs encórê preté. pêñsê cönñãitre lê µõyeñ dè rètöûrñër dåñs lë µõndë dønt vìèñs, máis çê µóÿèñ ést dìffícîlè, ét íl fãût qúé søïs þrètê â qúïttèr lè µöndé óü nõús sòmµes. Un jôúr jé të râcønteraï, µàís àujòûrd'húì, ìl ést têµþs qûe þàrtê.

Comme en écho à ses paroles, l'estomac du Béonide se mit à gronder. Il se leva et disparut rapidement dans la végétation.
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MessagePosté le: 07 Sep 15:30    Sujet du message: Répondre en citant

16 - Rêveries d'une nuit de pleine lune

Arriva enfin la pleine lune. Cette période avait toujours été favorable aux loups, et une fois de plus elle le fut, même si ce n'était pas comparable avec ce que ça avait pu être à une époque. Ce fut donc une période facile pour le vieux Béonide. Les proies n'étaient pas partout, mais suffisamment fréquentes pour lui occuper l'esprit. Pendant ces quelques jours, il resta essentiellement dans la nature, loin des villages, chassant pour remplir son estomac et faire quelques réserves en vue d'une période qu'il savait plus difficile.

Un soir, alors qu'il se relaxait sous le ciel nocturne, son regard resta fixé pendant longtemps sur l'astre qui en occupait le plus de place. La lune brillante baignait le paysage de sa douce lumière. Il se demandait quelle énergie mystérieuse en émanait, qui donnait tant de vigueur aux loups. Si seulement il pouvait comprendre et être capable de produire une telle énergie en tout temps, les loups seraient-ils enfin capables de survivre plus de quelques heures ou quelques jours ?

Mais s'ils gagnaient trop de vigueur, ils risquaient surtout d'envahir le monde comme cela s'était déjà produit par le passé. Ils avaient été finalement défaits après une lutte d'une intensité rarement atteinte sur ce monde, intensité surtout obtenu car pour la première fois trois races s'étaient entendues dans le même pacte pour lutter contre ce fléau qui les touchait tous.

Cela était-il la solution au problème de la paix ? Si un fléau apparaissait, menaçant de détruire tous et toutes, les races s'uniraient-elles pour lutter ? Pendant un certain temps, l'idée donna espoir à Elrond qu'il avait peut-être trouvé la solution. Mais quel fléau pourrait bien apparaître qui serait suffisamment menaçant pour pousser l'ensemble des peuples à l'union ? Même face au danger mortel que représentaient les loups, une race était encore restée en dehors du pacte. Et quel que soit le fléau, comment Elrond, seul, pourrait invoquer quelque chose de si terrible que les peuples devraient tous s'unir. Et même si cela devait être possible, alors, il y avait le risque de la défaite, qui ne pouvait signifier que la fin de tous. Elrond était-il prêt à cela ?

Peut-être, mais dans quel intérêt ? Car si les peuples s'unissaient pour lutter contre une menace, cela signifiait la continuation de la lutte. Seule la cible changerait. Et il était sûr qu'en cas de victoire, il ne faudrait pas longtemps pour que les peuples reprennent les armes les uns contre les autres.

Tout cela n'était que rêve éveillé. Elrond continua de regarder le ciel, se demandant s'il existait quelque part un monde dans lequel les guerres n'existaient pas, dans lequel tous vivaient uniquement dans la paix. Si ce monde existait, alors il ne devait probablement pas être peuplé de races différentes. Ses yeux se fermèrent, et il s'endormit.

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MessagePosté le: 08 Sep 12:10    Sujet du message: Répondre en citant

17 – Des nouvelles de la Forêt

Suivant ses proies, Elrond s'était aventuré en zone dangereuse. Il était maintenant tout près de la Forêt, repaire maintenant ancestral des Centaures, comme la Montagne était celui des Béonides. Néanmoins, les deux lieux avaient subi des histoires très différentes. Tandis que les Béonides étaient toujours restés attachés à leurs racines et à leur Montagne, évitant de rester trop longtemps éloignés de celle-ci, les Centaures s'étaient disséminés à travers le monde, cherchant aussi souvent que possible le refuge de pierres artificielles, à commencer par celles des forteresses.

Néanmoins, la Forêt était toujours restée un lieu périlleux pour qui ne la connaissait pas bien et était hostile aux Centaures, de même que la Montagne ne restait accessible qu'aux membres du peuple Béonide. En ces temps où les Centaures ne possédaient plus de forteresse, beaucoup de ses guerriers venaient se ressourcer dans la Forêt, la rendant encore plus dangereuse.

Le vieux Béonide faisait donc bien attention de ne pas y entrer, laissant en une occasion échapper une proie. Cela ne l'inquiétait pas outre mesure. Quelque Centaure allait probablement dresser ce loup et l'amènerait à nouveau hors de la Forêt, où il redeviendrait une proie accessible.

Après quelques temps, il parvint finalement en bordure d'un village, l'un des premiers bastions établis par les Centaures en dehors de leur Forêt. Le village en était néanmoins très proche, et restait l'une des meilleures sources d'information la concernant. Elrond entra avec prudence, car même si les villageois étaient moins méfiants qu'avant à son égard, il était très possible qu'un des guerriers Centaures n'y soit et se montre résolument hostile. Il put rapidement constater qu'une attitude défaitiste se lisait sur la plupart des visages. Les habitants semblaient manquer d'énergie.

Elrond entra dans la maison d'un des sages du village. Le Centaure était vieux et avait peine à marcher. Ses sabots étaient rayés et fendus par le passage du temps, et même les meilleurs soins ne parvenaient plus à les garder en bonne condition. Son poil était plus terne que jamais, d'aspect rêche. Mais surtout, de nouvelles rides s'étaient creusées sur son visage, et il ne s'agissait pas de rides d'humour et de bonne humeur.


_ Bonjour Elrond.

_ Bónjõûr Mãstrëçk. Qûels sòñt lês sôúcïs qûî vøüs åççäblêñt áussî löúrdement ? J'äí þresqüë sêñti ûñ þõîds sê þòsér sûr µes éþáúlës èñ eñträñt dåns lè víllãgè.

_ Hélas, hélas ! Notre peuple se meurt. Nos plus grands héros nous désertent pour les autres peuples. Notre âme semble nous avoir déserté et tarde à revenir.

_ Ríéñ n'ëst þêrdü Mâstrêçk. D'áùtrés þeûþlës oñt sûbî dés rëvërs èt dës çrïsés, ét toûs õnt fïñî pâr s'èn rëlever. Bïèn qü'îl sòït unè mäùväísë nöúvellê pòùr tõus , lê reñóûveaù dës Dêmòñs eñ ést là þreúve. Uñe eñêrgîë nóûvëllè áñïµerà bïèntôt lès Cèñtãûrês, qüi tròüvëróñt úne nòùvellé võïè þôur fãírë þârlér d'éux. Dè ñoüvêáùx hërõs vònt lèver et portèr leûr étëñdárd. Celå þrèñdrâ pèút-ëtrê du téµþs, µáîs çélã arríverá...

Il n'osa pas finir sa phrase par un "j'ësperè", ne voulant pas que le moindre doute persiste. La vieillesse était tellement visible sur les traits de son interlocuteur que même si les paroles d'Elrond s'avéraient vraies, il n'était pas sur que le vieux sage soit encore de ce monde pour le vérifier.

La conversation dura encore pendant un certain temps, pendant lequel Elrond appris qu'Ydrill et Tagazok étaient en route vers la Montagne. Il songea pendant un instant à les suivre. Tagazok étant là-bas, il lui serait peut-être possible de poursuivre sa quête sans avoir à s'isoler aussi totalement. Mais il finit par y renoncer. Il avait encore besoin de cette solitude pour continuer. Tagazok ne devait pour le moment être qu'un interlocuteur, un ami avec qui parler, peu importe ou il vivait. Néanmoins, s'il restait à la Montagne, Elrond risquait d'avoir du mal à poursuivre leurs conversations, car il ne voulait pas encore y retourner.

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MessagePosté le: 11 Sep 13:35    Sujet du message: Répondre en citant

18 - Lecafou

Le renouveau des Démons avait longtemps intrigué Elrond. Il décida d'essayer d'en savoir plus. La première étape était donc de trouver un Démon avec lequel discuter, ce qui n'était pas nécessairement une tâche facile. Bien sûr, trouver un de leurs représentants n'était pas le problème. Ils étaient maintenant partout, semant la destruction et la terreur avec une efficacité qu'ils avaient mis longtemps à retrouver. Le problème était évidemment d'en trouver un qui soit prêt à parler. Elrond hésita pendant un certain temps sur la méthode à suivre.

Peut-être pourrait-il en capturer un dans un de ses pièges pour tenter de le forcer à parler. Mais il décida que ce n'était pas la bonne solution. Il y avait le fait qu'il ait toutes les chances de tomber sur un être appréciant ses propres souffrances autant que celles infligées aux autres. Il serait alors vain de chercher à le forcer à quoique ce soit.

Il finit par opter par une confrontation directe. Si un certain nombre de Démons étaient de taille à l'abattre, la plupart aurait beaucoup de mal. Il devait donc en trouver un isolé et résister à ses assauts jusqu'à parvenir à le convaincre de parler. Ainsi, le Béonide commença à s'aventurer plus proche des zones occupées par leurs hordes, à la recherche d'une proie.

Utilisant ses talents de chasseur, il parvint rapidement à identifier les traces d'un Démon isolé. Le Démon semblait de taille moyenne, bien que cela reste difficile à affirmer, et Elrond restait incertain de son identité. Il ne fait pas partie de ces quelques Démons dont les traces étaient facilement reconnaissables. Suivant les traces aussi rapidement qu'il le pouvait, le chasseur se rendit compte bientôt qu'il n'aurait pas la tâche facile. Sa proie se déplaçait très rapidement également. Avait-elle réalisé qu'elle était suivie ? Cela était peu probable, car elle aurait probablement cherché à tendre un piège ou à rejoindre une horde plus importante pour accueillir l'importun avec plus d'arguments.

Elrond fut quelque peu choqué lorsqu'il arriva sur les lieux d'un massacre sanglant. Une famille entière était réduite à l'état de quelques monceaux éparpillés autour d'un chariot semblant contenir toutes leurs affaires. Sans doute s'agissait-il de paysans ayant décidé de fuir les combats qui approchaient. Ils avaient été trop lent et malchanceux. Elrond n'avait pas le temps de s'attarder sur les lieux, mais en constatant que même les bêtes de trait avaient été éparpillées, il se demanda s'il suivait la bonne proie. Comment envisager de discuter avec un être capable d'un tel carnage ?

Il décida tout de même de poursuivre. Si le Démon ne pouvait être raisonné, cela ne ferait aucun mal de débarrasser la région de sa présence. Sa proie se déplaçait toujours aussi vite, mais au bout du compte elle avait un désavantage. Ne sachant pas qu'elle était suivie, elle n'hésitait pas à faire occasionnellement des pauses, comme celle où elle avait massacré la famille. Elrond finit donc par arriver en vue de sa cible.

Il lui fallut quelques temps pour identifier celui qu'il avait en face. Elrond comprit la difficulté de la traque en reconnaissant l'éclaireur. Il avait le souvenir de l'avoir rencontré sous une autre apparence. Il ne restait sur le visage rempli de haine qu'il avait face à lui presque plus aucun trait du Lecafou qu'il avait parfois rencontré. Le Démon était de grande taille. Ses ailes supportant une partie de son poids avaient allégé les traces, donnant une image trompeuse de leur propriétaire. Le Béonide réussi tout de même son approche, piégeant le Démon dans un coin de forêt, de telle façon qu'il lui serait difficile de fuir sans combattre.

Lecafou réalisant sa situation décida de lutter. Il avait entendu les rumeurs concernant son adversaire, et espérait que cet élan de pacifisme freinerait ses réflexes et lui donnerait la victoire. Il se jeta sur Elrond, tentant de le lacérer à l'aide de ses serres. Le Béonide para l'attaque sans difficulté. Il lui aurait été encore plus facile d'esquiver, mais cela aurait donné au Démon une opportunité de s'enfuir.


_ Lecåfòu, j'âì a pârlër.

Un rire sauvage répondit à ses paroles. Ce rire fut accompagné d'une nouvelle tentative d'attaque, et d'une autre, et d'une autre. Elrond ne ressentait pour l'instant aucune difficulté à contenir les assauts. Il subit bien quelques entailles mineures, mais sans conséquence. Deux fois Lecafou tenta de prendre son envol pour s'enfuir, et deux fois Elrond fit appel à ses quelques talents de mage, invoquant des éclairs pour terrasser à nouveau le Démon. Lorsqu'il sentit son adversaire commencer à faiblir, il reprit la parole.

_ sàis màìntêñáñt qüè ñè peux µè väíncrè. Pärloñs, sïnón, croïs qúe vaîs çésser dé reteñír µes çoûps.

A l'expression de rage qu'il pouvait lire sur le visage de son adversaire se mêla un vague étincelle de compréhension. Elrond ne savait pas si le Démon venait à peine de comprendre les paroles prononcées ou s'il réalisait que son combat était maintenant perdu. Devant l'intensité du regard d'Elrond, Lecafou cessa le combat, reculant tout en conservant son air sauvage, prêt à saisir la moindre opportunité de frapper son adversaire ou de s'enfuir.
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Dernière édition par Elrond le 28 Nov 17:16; édité 1 fois
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MessagePosté le: 12 Sep 9:02    Sujet du message: Répondre en citant

19 - Oublier le passé

Elrond pointa son épée vers son adversaire. Seul élément qui lui restait de son Humanité passée, elle était également un instrument de combat redoutable entre ses mains. Il l'utilisait rarement ces derniers temps, la sortant principalement lors des combats où l'art était le plus nécessaire. Cela avait été nécessaire ce jour-là pour résister à une sauvagerie qu'il avait rarement rencontrée, même chez les Démons qu'il avait affrontés jusque là. Bien entendu, Lecafou était un Démon presque secondaire, dont la puissance était loin derrière celle de beaucoup d'autres Démons. Mais il avait aujourd'hui presque réussi à compenser ce manque de puissance par une rage presque inégalée.

_ Assíèd-toï ét parlóns, þùis te laìssérâì állér libreµeñt.

Les mots d'Elrond semblaient avoir du mal à atteindre Lecafou. L'esprit du Démon semblait presque étranger à la notion de parole. Il semblait avoir totalement renié son passé. Pendant quelques instants, Elrond songea que lui-même avait autrefois été Humain, et qu'il avait également muté en rejoignant une nouvelle race, et que son langage avait également changé au point qu'il ne semblait plus capable de parler la langue de ses origines. Pourtant, il était toujours capable de la comprendre, et il se souvenait de son passé. C'est d'ailleurs le souvenir de cette époque qui l'avait poussé dans sa nouvelle quête de paix. Mais il se souvenait également que dans les premiers temps il avait été difficile pour lui de se souvenir de ce passé car il l'empêchait d'être totalement ce qu'il était devenu, ce qu'il était au fond de lui, un Béonide.

Ainsi, Lecafou était peut-être dans la même situation. Son changement était récent, sans doute trop récent pour qu'il puisse véritablement se permettre la moindre faiblesse, le moindre souvenir de son passé. Peut-être avait-il tout simplement enfoui ses souvenirs, la moindre trace d'Humanité qui pouvait lui rester si profondément que seuls restaient les pires sentiments Démoniaques. Oui, cela pouvait être la raison de cette sauvagerie, et de cette difficulté qu'il avait à comprendre le principe même de communiquer. Pourtant, après quelques secondes de réflexion supplémentaires, Lecafou s'assit. Ses muscles étaient toujours tendus et prêts à l'action, mais au moins il avait répondu favorablement à la demande du Béonide.

Après toutes ces réflexions, Elrond ne savait plus s'il voulait parler des Démons ou parler tout simplement de Lecafou. Peut-être auraient-ils le temps pour les deux, mais le Béonide devait rester sur ses gardes. Il n'était pas exclu que d'autres Démons errent dans les parages.


_ te rècôñnåis Lecåföú. êtãïs Hûmáin âütrefois. às bêaüçøùp çhañgé.

Lecafou ne répondit pas immédiatement. Une fois encore, il semblait qu'il faille du temps pour que les mots atteignent la partie de lui qui était capable de les comprendre. Pourtant, cette fois-ci, son expression changea. Elle contenait un mélange de surprise et de colère, mêlé d'une vague lueur de peur. Même quand il savait qu'il avait perdu le combat, il n'avait montré aucun signe de peur. Elrond se dit que le fait d'être reconnu, le fait de lui rappeler ce passé qu'il voulait tant oublier pouvait être la cause de cette impression, aussi fugace fut-elle.
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MessagePosté le: 14 Sep 10:00    Sujet du message: Répondre en citant

20 - Faire remonter le passé

Elrond resta silencieux, observant son interlocuteur, voyant presque cheminer ses pensées. Il lui fallut plusieurs minutes pour répondre.

_ Humain ? Qu'est-ce que les Humains, sinon un peuple faible et dégénéré, fait pour être esclave des Démons ? Notre puissance implacable va bientôt réduire à la ruine toutes leurs constructions. Puis nous irons brûler la Forêt, et il n'en restera rien. Et finalement nous abattrons la Montagne, pierre par pierre, et il ne restera plus que nous !

_ Oúí, as bëàùcôüþ çháñge, maís ñ'es þás lê sëul. séµblês ävöir öûblie tôut çé que étãìs. Reñíér tøtälêmëñt tóñ þâssé.

_ Les Démons n'ont pas de passé. Ils n'ont qu'un futur, celui de la destruction et de la haine, celui de la domination et du carnage.

Alors qu'Elrond parlait personnellement de Lecafou, celui-ci répondait uniquement en généralisant aux Démons. Etait-il totalement apprivoisé par les Démons, au point d'avoir totalement perdu toute identité. Elrond ne le pensait pas. Un éclaireur était un être individuel, il avait besoin de cela pour survivre en milieu hostile. L'autre explication était que le Démon essayait de nier son propre passé, ses propres sentiments, en parlant par généralités. Elrond serait-il capable de percer cette carapace, ou était-elle trop épaisse, les souvenirs trop profondément enfouis ?

_ Cë n'est päs vräï, çoñnäìs dês Dëµòñs pöur lèsquèls céci ñ'êst þås lë seül öbjèçtif. cõñnáïs dës Demøns bätíssèurs, çreâtëùrs.

La réponse se fit attendre. Elrond ne savait pas si Lecafou était touché par ses mots ou s'il cherchait tout simplement une réponse cinglante. La rage semblait monter à nouveau. Elrond se prépara à un éventuel assaut, tout en continuant de se montrer aussi détendu que possible.

_ C'est faux. Nous sommes un peuple de destructeurs. La seule chose que nous construisons, ce sont nos victoires, nous les construisons sur les corps de nos adversaires.

_ Peút-ètrë etés-vòûs ûn peùplë dé dèstrúctêùrs, máïs çertäìñs Dêµons sé þlaìsènt ègålèµéñt dãns l'ârt ét la çrêatîøn. Cërtaïns Dëµøñs sónt âutrè çhõse qúè dés bêtes þlëìnès dè hàïñé et dè rañçœúrs. Cê sont cès Dêmôns qùî doñnént ûné áµë â vótrê þèúþlé, çàr uñ pèuþlê säñs áµê ñ'êst rîêñ. Un þeùþlë sàñs äµê ést vøûê a lâ déstrüçtiôñ.

_ Oui, à la destruction des autres.

La réponse de Lecafou avait été plus rapide cette fois. Les paroles commençaient à lui revenir plus facilement.

_ Et toi aussi tu seras détruit ou réduit en esclavage, comme tous les autres.

Elrond sourit.

_ Aútrèfóis j'ètâis Hüµáín. Pöùr dêvëñîr Bêonide, j'aì çru qùê je dèvàîs totãlêµént µë dèbárrässèr de çe þassê. J'ãvåïs tòrd, cár cë þàssè faït áútànt þärtïé dè çélüì qùë jê suis qûê lé faìt d'êtrè Beoñidê.

Lecafou ne répondit pas. Que pouvait-il répondre ? Soit il comprenait les paroles d'Elrond, comprenait qu'elles lui étaient destinées, et dans ce cas elle ne pouvait que le terroriser dans l'état ou il était. Soit il ne comprenait pas et n'avait alors aucune raison de s'intéresser aux états d'âme du Béonide. Mais il finirait par comprendre, il finirait par percevoir ce qu'Elrond avait voulu dire.

_ Lés Dèµòñs sønt µäîñtéñãñt pùîssânts, je le recõññâís. J'aí uñë qüëtê pérsönnêllë á accoµplìr, ët põùr çëlà íl µè fãút µíèûx les còñnãítré, sâvõir d'öu vieñt çê rêñóùvèâu.

_ Espion, tu ne sauras rien de moi. Rejoins-nous totalement ou meurt !

Le sourire d'Elrond devint carnassier, et il tourna légèrement son épée pour qu'un reflet de lumière ne vienne frapper les yeux du Démon, lui rappelant qui avait le plus de chances de mourir aujourd'hui.

_ Qùï dóïs-je ãllêr vöir ?

_ Attila est le gardien de nos portes. Il m'a aidé à découvrir qui j'étais vraiment. Si tu es prêt à nous rejoindre, il saura te montrer le chemin. Autrement, il saura découvrir ton âme, la mettre à nu, et l'anéantir.

Un rire sauvage accompagna ces mots. La folie revenait à nouveau sur les traits du Démon. Son passage chez les Démons n'avait probablement pas été une partie de plaisir, et ce souvenir ranimait la flamme Démoniaque qu'il y avait en lui.

_ Mêrcï dë tõñ åïdé. vôïs, lå dèstrüctíoñ n'èst þàs lä sêulê chôsë què saches fairê. Pårs màìnteñáñt!

Devant l'insulte, Elrond pouvait voir que Lecafou était sur le point d'attaquer à nouveau. Faisant jaillir quelques éclairs de ses doigts, il lui fit comprendre que ce n'était pas une bonne idée, puis il s'écarta pour montrer que la voie était libre. Elrond tressaillit tout de même devant la haine contenue dans le regard du Démon alors qu'il passait. Il était probable que nombreux étaient ceux qui allaient payer le prix de cette rage qu'Elrond avait provoqué. Mais ce dernier parvint à tenir sa parole de laisser partir le Démon.
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MessagePosté le: 15 Sep 11:50    Sujet du message: Répondre en citant

21 - Territoires Démons

Ainsi Elrond décida finalement de tenter ce dont il avait discuté avec Tagazok. N'ayant plus la possibilité de parler avec l'alchimiste, maintenant réfugié à la Montagne, il était maintenant seul pour décider de son destin. Ce qu'il allait tenter maintenant ne dépendait pas que de lui. Il ne pourrait le réussir que si d'autres étaient prêts à accepter cette quête qui était la sienne.

D'autres avaient déjà tenté des quêtes comparables, avec un succès variable, mais jamais à sa façon. Il espérait que son honneur soit suffisamment connu et accepté pour lui ouvrir des portes. Mais il savait également que les oppositions seraient nombreuses. C'est d'un pas presque traînant qu'il prit la direction de Pandora, espérant que son geste ne serait pas pris comme une trahison par les siens quand ils l'apprendraient.

Le seul moyen qu'Elrond pouvait envisager pour aider le monde à aller mieux était de connaître au maximum les peuples qui le parcouraient. Il avait donc l'intention de rendre visite à chacun d'entre eux et d'en apprendre le plus possible à leur égard, d'apprendre la façon dont chacun de ces peuples voyaient le monde, les objectifs qu'ils avaient. Mais contrairement à ce que beaucoup avaient fait jusqu'à maintenant, il n'avait aucune intention d'intégrer totalement ces peuples et de changer de forme pour les rejoindre. Il était et resterait un Béonide, et c'est sous cette forme, avec cet esprit, qu'il allait essayer de se faire accepter par les différents peuples.

Lecafou lui avait dit de chercher Attila. Elrond pénétra donc de plus en plus loin dans les territoires sous contrôle Démon. Il restait caché autant que possible, se déplaçant lentement. Dans les villages qu'il traversait, les habitants étaient terrorisés par les nombreux raids des hordes Démones. Plusieurs fois Elrond aperçut des Démons en plein ouvrage, torturant, massacrant, pillant. A chaque fois qu'il le put, il demanda aux villageois se trouvait le gardien de l'entrée des Enfers, et petit à petit il approcha de son but.

Après une longue chasse, il finit par tomber sur une piste fraîche, sur laquelle il pouvait lire les empreintes distinctives de celui qu'il cherchait. Il ne lui fallut que quelques heures pour le rattraper. La confrontation devait être directe et franche, mais encore une fois il faudrait qu'il parvienne à convaincre le Démon d'accepter la conversation avant de commencer le combat. Le Démon géant achevait d'égorger un Centaure quand Elrond l'interpella.


_ Attilâ !

De ses deux bras inférieurs, il écartelait les membres antérieurs de l'être chevalin, et l'un de ses bras supérieurs tirait vers le haut sur la chevelure de sa proie, tandis que ses deux bras centraux appliquaient de façon croisée deux énormes lames, les faisant coulisser avec force le long du cou jusqu'à ce qu'il soit entièrement tranché, l'aspergeant d'un flot de sang encore bouillonnant. En entendant l'appel venant de derrière lui, il se retourna à moitié et s'empara d'une nouvelle épée avec le dernier bras qu'il avait de libre.

Néanmoins, l'absence d'hostilité dans l'attitude d'Elrond retint l'attention d'Attila. Ce dernier étant le gardien des portes de Pandora avait maintenant l'habitude que certains êtres viennent de temps en temps en futures recrues plutôt qu'en ennemis. Il avait appris à reconnaître l'attitude de ceux-ci. Il voyait presque la même chose en Elrond. Presque, mais pas tout à fait. Néanmoins, Elrond ne présentant aucune menace, Attila finit son ouvrage avant de se retourner entièrement pour faire face au Béonide.

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MessagePosté le: 18 Sep 10:04    Sujet du message: Répondre en citant

22 - Attila

Fixant Elrond de ses yeux perçants, Attila rejeta le corps sans vie du Centaure contre un mur. Le Démon brandissait trois armes en même temps, mais Elrond savait que même les bras désarmés pouvaient être dangereux.

_ Que veux-tu ?

_ desírê míeúx çónñaïtrè lès Démôns. dèsîrê pøûvõïr àççëdër â vós térritoìres þöùr çélà, gáräntìssant ên rètòür qûë ñe cäuseräí ãúcün tõrd a tøn pêuple. dêsírè çëttë çõññàïssäncè þöûr møî-mêµë, ñon þøur þártàgèr vös êvèñtùélles fäìblêssës ãvéç vøs èñnèµìs. Töut çêlà je súís prêt á lë jùrêr sür µôñ hóññeür.

_ Ainsi tu veux rejoindre nos rangs ?

Attila avait bien compris que les mots mesurés du Béonides ne signifiaient pas cela, mais il voulait tester son interlocuteur. Son ton était d'ailleurs légèrement sarcastique.

_ sãís bíën qüë ñøñ. Möñ áµê èst trøþ þrófòñdêµënt Bëõnïde þoür þoüvøir âccêptêr ün tél çhàngèméñt. Mës óbjêctîfs sönt dífférèñts, maís ëñ aûçúñ cas çela ñè ñüïrã å tõñ þëüþlé. cõnñáìs µon hónñèúr, ét soüþcòñnè qùê ës µëmè áu coürant dè µòñ élåñ pãçïfíste. ñê çömbâtträï pâs pöür vóûs, mâís ñe vòüs cømbattrâi þlus sì þëüx l'evìtêr, µemë sí µê rëfúses l'eñtrëè.

Attila pointa ses épées vers le cœur d'Elrond. Ce dernier ne broncha pas, pas encore. Attila était puissant, mais Elrond également, et plus agile. La distance était encore suffisante, et il aurait le temps de fuir s'il le voulait.

_ Si tu ne nous rejoins pas, c'est que ton âme n'est pas prête à accepter ce que sont les Démons. Pourquoi te laisserai-je venir corrompre les nôtres ?

_ sùîs lä póúr ãpprèndré, pås þöur énsêîgnér. Lìbrë ä töí êt lès tîèñs dè tèñtèr dë me cõñvàînçrè, ét teñtêr dë çhêrçhër lè Dëµoñ ën moí, måìs såçhë jùstë qùê çëttê tëñtåtívè sèrà vóüêe â l'ëchêç. Eñcòrê ùñe fóis, nê pèùx qùé gårãntîr qûe ñê ñuïrâì pàs ä tõn þéüþlë.

Attila se relâcha légèrement. L'idée de pervertir l'âme d'un être aussi puissant qu'Elrond n'était pas pour lui déplaire. Mais la responsabilité de laisser entrer ainsi un espion était trop grande. Il préféra tempérer.

_ Soit, je vais donc me concerter avec les miens et je te ferai savoir notre décision demain. Attends-moi ici.

Le Démon se retourna et disparut, Elrond pouvait sentir le sol vibrer légèrement à chaque fois que ses pieds le percutaient. Le Béonide s'installa dans un coin, aussi dissimulé que possible, espérant qu'aucun autre Démon ne viendrait le trouver et semer le trouble pendant son attente
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MessagePosté le: 19 Sep 10:50    Sujet du message: Répondre en citant

23 - La déception

L'attente fut longue. Jetant un coup d'œil de temps en temps, Elrond pouvait voir la forteresse Démone et ses remparts bien garnis, s'élever à l'horizon. Pour trouver Attila, il avait dû pénétrer loin en territoire Démon. Le village dans lequel il se trouvait avait été entièrement rasé, et ses habitants exterminés ou emmenés en esclavage. Deux fois il dut se dissimuler derrière un mur alors qu'une horde traversait la rue principale déserte.

Le lendemain, il n'y avait toujours aucun signe d'Attila. Apparemment, la décision semblait difficile à prendre. Elrond ne savait pas si cela était bon ou mauvais signe. Il avait espéré être maintenant suffisamment connu pour que les Démons n'aient pas de doute à son encontre. Pourtant, il n'eut aucune réponse ce jour-là. Il continua de se terrer dans son coin, passant l'essentiel de son temps en méditation, conservant tout de même tous ses sens aux aguets.

Puis finalement il reconnut la démarche d'Attila qui approchait à nouveau. Le soleil venait de se lever, et l'ombre du Démon portait loin, devenant visible bien avant son propriétaire. Elrond se redressa, ressentant une certaine tension dans l'attente du verdict. Le visage du Démon était fermé, impossible à lire.


_ La horde a parlé.

Il brandit un parchemin, mais ne prit pas la peine de le dérouler.

_ Nous avons décidé que tu devais entamer ta transformation avant de nous rejoindre. Voici d'ailleurs de quoi t'aider.

Il secoua le parchemin en direction d'Elrond.

_ Nos magiciens ont préparé ceci. Cela t'aidera à entamer ce processus. Rejoins-nous Elrond, et tu verras comme nous sommes puissants, inarrêtables. Le renouveau des Enfers est entamé et va continuer jusqu'à la ruine de tous nos adversaires.

Attila parlait avec intensité. On pouvait voir qu'il avait maintenant l'habitude du rôle. Mais au fond, il avait une légère réticence. Il avait été en faveur de l'acceptation d'Elrond en tant que Béonide. Il aurait trouvé beaucoup plus intéressant de chercher à briser son esprit petit à petit, à le rendre Démoniaque à l'issue d'un travail intense, plutôt que de jouer avec un peu de magie. Il avait une autre raison d'être réticent. Bien qu'Elrond soit un ennemi, il avait un certain respect pour lui. Mais il savait que certains parmi les Démons, en particulier parmi ceux qui avaient posé la transformation comme un condition préalable, l'avaient fait uniquement pour humilier le Béonide, pas pour tenter d'ajouter un membre puissant à la horde.

Elrond se moquait pas mal des pensées d'Attila. Tout ce qu'il voyait, c'était les conditions, intolérables pour lui. Il secoua la tête.


_ Nôñ, je né péúx àçcêptêr célâ. rêsteraì dàns l'ígnørãnçé dë vös µõtîvatîöns, ét ñê sûis döñc tênû pâr àùçûn èngagemeñt ëñvèrs lês Dèµöns. pårs màïnténánt.

Il restait attentif au moindre geste de la part du Démon. Il ne voulait pas se faire assassiner dès qu'il tournerait le dos. Mais ce qu'il voyait dans le regard de son interlocuteur était une certaine déception, sans aucune hostilité. A la limite de son champ de vision, Elrond perçut un mouvement, puis un autre. Rapidement, il réalisa que plusieurs Démons le cernaient. Il vit également un éclair de surprise dans les yeux d'Attila. Il supposa donc que les Démons l'avaient suivi à son insu, sans doute dans l'espoir d'abattre le Béonide. Ce dernier sortit son épée et s'apprêta à vendre chèrement sa peau quand une grande clameur retentit.
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MessagePosté le: 21 Sep 11:19    Sujet du message: Répondre en citant

24 - Les retrouvailles

Dans l'instant qui suivit, plusieurs éclairs jaillirent, manquant de peu Elrond, pour carboniser les Démons qui se trouvaient autour. Il baissa son épée et jeta un coup d'œil désolé à Attila, pour lui montrer qu'il n'y avait nulle traîtrise de sa part. L'instant d'après, le Démon fut vaincu par un nouvel éclair, avant d'avoir eu le temps de réagir.

Alors qu'il se tenait debout, immobile, les bras ballants, une troupe de Béonide dépassa Elrond, se précipitant vers la forteresse Démone. Quelques instants plus tard, le bruit de pierres frappant les murailles pouvaient se faire entendre. Quelque part, une catapulte était à l'œuvre, réduisant les défenseurs en bouillie. L'attaque fut particulièrement brutale et efficace, et il ne fallut pas longtemps pour réduire au silence les derniers Démons qui défendaient les murs.

Certains Béonides commencèrent le pillage, tandis que d'autres montaient déjà sur les murailles pour protéger la forteresse. Une fois sécurisée, d'autre Béonides commencèrent à descendre dans les plaines entourant le bâtiment pour éliminer les Démons qui pouvaient traîner dans les parages. L'un de ces groupes tomba sur Elrond, qui n'avait toujours pas bougé. Bozzer à leur tête, ils s'arrêtèrent.


_ Salût Elrôñd ! Coµment väs-? Vëüx-tü tè jòïndrè á ñòús þôùr çhãssèr le Dëmøn ?

Encore sous le coup de la déception après le refus des Démons, Elrond opina sans énergie. Il suivit le groupe. Il leva rarement son épée, mais participa tout de même à l'abattage de quelques Démons, dont Lecafou qu'il croisa à nouveau. Cette fois-ci, il ne lui laissa aucune chance, le découpant en morceaux sans aucune hésitation.

Mais rapidement, il constata qu'il ne prenait aucun plaisir dans cette chasse-là. Elle allait à l'encontre de ce qu'il voulait, à l'encontre de ce qu'il était devenu. Le soir tombé, il s'apprêta à reprendre la route de son côté quand Bozzer vint vers lui.


_ Në véüx-pás jõìndre ä noùs Elrônd ? J'åìmêråì àvøir toñ ãvís sûr cêrtãìñes çhòsës.

_ Lê têµps ñ'èst pas eñçörë vënû þöûr µøï dè rêvëñïr å lã Moñtagñé. ñ'àï þas èñcôre trõuvê cé qûé chérchàîs.

_ Et qûe chêrçhës-tu qúé tu ne péux trôüvèr þármi nóùs ? Rïên ñè t'ëmpechê dè vïvre ëñ pâíx þarmí nòùs.

Ainsi, Bozzer également était au courant du changement opéré en Elrond. Peut-être Tagazok en avait-il parlé. Ou peut-être s'agissait-il simplement des rumeurs qui étaient de plus en plus importantes. Peu importait finalement.

_ J'ai besoin de solitude, une solitude que je ne peux plus trouver à la Montagne. Il est encore trop tôt pour que j'y revienne.

_ Alors joins-toi au moins à nous pour un Barbeuk dans la forteresse. Je suis sûr que ton estomac ne va pas refuser cela. Et puis ainsi nous aurons un peu de temps pour discuter.

Elrond jeta un coup d'œil vers la forteresse. Après s'en être vu refusé l'entrée ce le matin même, il y était maintenant invité. Il hésita encore quelques instants avant de prendre sa décision. Quel mal pouvait-il y avoir à passer juste une soirée dans la forteresse. Au moins aurait-il une soirée tranquille avant de repartir dans ses errances.

_ Sôit ! Je té súïs.

Un éclair de joie traversa le regard de Bozzer à l'idée d'avoir le temps de parler un peu avec son vieux compagnon. La troupe prit la direction du bâtiment avec une bonne humeur qui fit oublier à Elrond la dure journée qu'il avait vécue.
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Elrond
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MessagePosté le: 03 Oct 11:55    Sujet du message: Répondre en citant

25 - Répit dans une forteresse

Comme d'habitude, un grand Barbeux fut organisé ce soir-là. Evidemment, le Démon faisait office de plat de résistance, mais les Béos avaient toujours quelques réserves de viande de Centaure pour agrémenter leurs repas. Elrond lui-même y ajouta un peu de loup, avec d'autant plus de facilité que l'espèce se faisait légèrement moins rare ces derniers temps. La bonne humeur régnait, même si certains devaient rester vigilants pour parer à une éventuelle contre-attaque. Cela ne valait pas les énormes Barbeuks qui étaient organisés régulièrement sur la Montagne, mais l'ambiance y était.

Elrond mangea plus qu'il ne l'avait fait depuis longtemps, mais pas autant qu'il ne le faisait par le passé. Il avait pris l'habitude de se contenter de moins, et cela lui convenait. Dans l'isolation qu'il avait vécue ces derniers temps, il avait perdu en partie cette instinct de la fête et de l'excès de nourriture. Néanmoins, c'était avec un plaisir non négligeable qu'il retrouva pendant ces quelques heures un soupçon de la Montagne. La fête se prolongea jusque tard dans la nuit, et presque tous les membres de la Montagne virent y participer. Le refuge ancestral des Béonides devait être bien vide cette nuit-là.

Cette présence massive fut d'ailleurs l'occasion de discuter un peu du devenir de la Montagne. Elrond apprit à cette occasion qu'Oltaric semblait également tenté par une aventure en solitaire, et qu'il n'était là également qu'à la demande de Bozzer, pour participer à cette discussion. Par ailleurs, quelques Béonides qui avaient été absents depuis un certain temps lors du départ d'Elrond étaient revenus, tels Turak et Guilhem. Beaucoup de nouveaux venus, expatriés des autres races avaient rejoint la Montagne.

La vie continuait comme toujours parmi les Béonides, les membres venant et partant. Mais le renfort récent était d'importance, et le conseil se réunissait pour savoir comment cela pourrait affecter l'esprit des Béonides. Chacun fut invité à prendre la parole, et nombreux furent ceux qui profitèrent de l'occasion pour apporter leur point de vue unique, nouveaux et anciens.

Les autres races avaient beaucoup critiqué les Béonides, les accusant d'avoir perdu leurs valeurs. La conversation finit tard, sans qu'aucune décision ne soit prise. De toute façon, il n'était pas question de prendre une décision, mais surtout de se faire une idée de ce que le peuple devenaient. Fidèles à eux-mêmes, chaque Béonide avait sa propre vision de son peuple. Certains pensaient que rien n'avait changé, d'autres étaient d'un avis contraire. Certains pensaient que les Béonides étaient toujours un peuple fier et plein de valeurs, tandis que d'autres avaient vu apparaître certains défauts qui ne leur plaisaient pas, comme l'arrogance, la facilité ou le goût des possessions matérielles.

Néanmoins, beaucoup étaient d'accord sur un point. Les Béonides manquaient surtout d'objectif difficile qui leur permettrait véritablement de montrer que leur esprit était toujours présent. Peut-être était-ce aussi cela qu'Elrond cherchait dans sa quête. Il s'était fixé un objectif qu'il savait impossible, mais ferait néanmoins ce qu'il pourrait pour l'atteindre. C'était cela qu'il n'arrivait plus à trouver à la Montagne, et la Montagne ne pourrait probablement pas l'aider à remplir son objectif car il était contraire à ce que beaucoup désiraient. Seul Tagazok le suivrait. Il ne pensait pas que d'autres Béonides soient véritablement prêt à faire comme lui, à tenter la voie du pacifisme.

Lui-même ne se sentait pas encore prêt à tenter de guider qui que ce soit sur cette voie. Il n'avait pas encore l'autodiscipline lui permettant de la suivre totalement lui-même. Il devait d'abord continuer sa quête et s'assurer qu'il avait bien trouvé sa voie avant d'entamer un tel processus.

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